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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

Renault disposera d’une exclusivité de trois ans sur le marché algérien a annoncé Cherif Rahmani, le ministre algérien de l’Industrie. « Aucune société publique algérienne, a-t-il expliqué, n’a le droit de conclure un accord similaire avec un autre constructeur étranger pendant les trois prochaines années.»

 

 

 

L'étrange exclusivité décrochée par Renault titre l’Expansion un des principaux journaux économique français. Julie de la Brosse note ironiquement : « L'avenir dira si c'est un accord gagnant-gagnant pour la France et l'Algérie. Mais on peut d'ores et déjà parler d'un accord gagnant-gagnant pour Renault ». La journaliste précise : « De fait, la co-entreprise qui sera détenue à 51% par l'Etat algérien et 49% par le constructeur français, conformément à la loi algérienne, devrait nécessiter 1,2 milliard d'euros d'investissements, selon les autorités algériennes. Or, pour le moment, Renault s'est simplement engagé à investir 50 millions d'euros sur le nouveau site.

Comme le souligne la presse algérienne, c'est très loin du milliard investi par le fabricant hexagonal dans son usine de Tanger au Maroc, laquelle est aussi beaucoup plus importante en terme de taille (400.000 véhicules par an à terme) et de modèles produits (la Lodgy et Dacia Dokker au Maroc, contre la Symbol en Algérie). »

 

 

Durant les neuf premiers mois 2012, l’Algérie a importé 418 665 véhicules pour une valeur de 3,677 milliards d’euros. Renault est le numéro un en Algérie avec près de 100 000 véhicules vendus en 2012.

 

 

Samir Allam écrit dans TSA (A Alger, Hollande assure le service minimum et obtient beaucoup de concessions: François Hollande rentrera à Paris avec des ses bagages beaucoup de concessions. Un beau projet pour Renault, payé au prix fort par les Algériens. Des contrats en perspective pour d’autres sociétés françaises. Et même une étonnante autorisation de mener des expérimentations sur le gaz de schiste sur le sol algérien ».

 

 

 

 

Yassin Temlali note dans Maghreb Emergent (Alger espère être bien recompensé pour l’exclusivité de 3 ans accordée à Renault en Algérie) : « L’exclusivité accordée à Renault est gênante pour trois raisons. Primo, elle éloigne la perspective d’autres partenariats dans le secteur automobile, plus précisément celui qui était en négociation, fin 2011, avec Volkswagen. Deuxio : elle paraît d’autant plus généreuse que l’usine qui sera implantée à Oued Tlélat ne produira à plein régime que 75.000 véhicules/an et, surtout, que les 1,2 milliard d’euros qu’elle coûtera selon Cherif Rahmani seront pris en charge à 51% par des fonds algériens. Tertio, enfin, cette exclusivité donne de l’Algérie l’image d’un pays privilégiant l’investissement français à un moment où, grâce à l’aisance relative de ses finances dans un contexte de crise financière internationale, elle devrait œuvrer à diversifier ses partenaires. »

 

 

Synthèse blog, 21 décembre 2012

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