Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

 

 

Par Saoudi Abdelaziz

 

 

 

« Contrairement à ce qu'a prétendu son conseiller « anonyme », Bouteflika n'a nullement été effleuré par l'idée de passer la main en 2014. Même pas au constat que son état de santé fait douter sur ses capacités à gérer les affaires du pays pour un quatrième mandat ». C’est ce qu’écrit ce matin Kharroubi Habib dans son analyste du Quotidien d’Oran. Cette prise de position mérite d’être relevée chez ce chroniqueur habituellement très mesuré. Kharroubi semble avoir abandonné l’espoir d’une option plus raisonnable du chef de l’Etat, espoir qu’il exprimait le 6 janvier dernier : « Depuis l'apparition de ses problèmes de santé, Bouteflika n'a qu'une hantise, celle de rester maître du jeu concernant le choix de celui à qui va échoir la succession quand arrivera l'inéluctable moment où il devra passer la main. Son imagination fertile lui a fait concevoir différents scénarios susceptibles de rendre possible une succession à sa convenance ».

 

 

 

On apprend ce matin que pendant que le DRS perquisitionnait et mettait sous scellés ses résidences d’Alger et d’Oran, l’ancien ministre de l’Energie Chakib Khelil, un des talons d’Achille de Bouteflika, cité dans les affaires de grosse corruption, s’est embarqué tranquillement à destination de la France… Le Soir d’Algérie, habituellement branché DRS, met cette information à la une et nous offre en prime une curieuse mais peu énigmatique « citation du jour » : «Tout homme qui a peur du pouvoir est porté à en abuser. Il faut donc que, par une juste disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir.» (Montesquieu, philosophe français).

 

 

Ce matin, nous lisons dans le Temps d’Algérie, qui suit habituellement de près les choses militaires : « à l’initiative du président de la République,  commandant suprême des forces armées, ministre de la Défense nationale », 19 officiers et sous-officiers de l’ANP de la 4e Région militaire, ayant pris part à l'opération de Tiguentourine, ont été promus au rang supérieur.

 

 

Côté corruption, le populo aura quand même quelque chose à se mettre sous la dent, même si c’est du réchauffé qu’un quotidien titre: L'affaire qui tient l'Algérie en haleine. Demain s’ouvre en effet à Blida le procès où sera rejugée l'affaire de la banque Khalifa. Du grand spectacle est promis, avec 75 accusés présents et l’audition de 300 témoins. Mais ce sera quand même assez fade : le médiatique golden boy, Abdelmoumen Khalifa, l’enfant longtemps chouchouté sur les genoux de ses tontons Malguistes, restera à Londres sous la protection de la City, qui, elle aussi, n’abandonne jamais ses protégés.

 

 

Pour revenir à la candidature de Bouteflika, je pense que le problème nodal réside depuis déjà plusieurs années dans l’incapacité physiologique du chef de l’Etat à assurer en permanence et étroitement les fonctions présidentielles, telles qu’elles sont définies dans la constitution. Cette situation s’est retrouvée sous la présidence de Chadli, qui était un chef d’Etat incapable, mais lui, c'était intellectuellement. Un autre système de pouvoir, pseudo-présidentielle, occulte, a été mis en place pendant ses deux mandats. C’est ce système occulte dont ont hérité Boudiaf et Zeroual. Et qui les a éliminés. Le mérité principal de Bouteflika fut de commencer à remettre les institutions à leur place. Mais il a souffert d’un double handicap. D’abord, dépourvu de « fibre sociale », il n’a a pas réussi à inspirer, comme Chavez par exemple, un mouvement populaire de soutien à sa présidence. C’est la clé de l’efficacité du système présidentiel. Secondo : dans le cadre de la juste ligne consistant à remettre le DRS à sa place, il a eu recourt, le handicap physique aidant, à des réseaux de contrôle et d’influence claniques propices, par essence, à la corruption d’influence.

 

 

Les gens de ma génération savent que Abdelaziz Bouteflika croit sincèrement à son destin patriotique. Va-t-il se fourvoyer dans une fin à la Bourguiba ? Ou a-t-il encore des tours dans son sac pour que ses fonctions présidentielles décisives contribuent, encore, au cours des longs mois à venir, à préparer la remise de notre pays sur les bons rails, ceux de l’Etat de droit. Pour tous et avec l’aide de tous, car le pouvoir du DRS doit définitivement être mis aux oubliettes.

 

 

 

Saoudi Abdelaziz, 1er avril 2013

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article