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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

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Jacques-André Boiffard sans titre, 1929

 

 

 

Le ministre français du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a déclaré à la presse algérienne après le discours du président français à l’APN : «Nous nous portons vers le futur, les générations algériennes et françaises attendent beaucoup de cette alliance que nous sommes en train de concrétiser. L'exemple Renault est tout à fait frappant et démonstratif, c'est une manière de s'implanter, de produire et de construire en Algérie, sans porter atteinte à l'emploi en France mais, au contraire, en le renforçant. Ce sont des emplois sauvés en France et des emplois créés en Algérie et pour la conquête de marchés que nous allons rechercher ensemble avec cette belle alliance industrielle franco-algérienne.» Le ministre reprend son président pour annoncer que «c'est un nouvel âge.».

 

Dans une chronique intitulée « Algérie-France, Palabres dans une impasse » Abed Charef  ne croit pas à cette profession de foi. Il écrit notamment : « C'est toute une perception du monde qui sépare MM. Hollande et Bouteflika, et qui sépare également les systèmes politiques qu'ils dirigent. L'un ramène des chefs d'entreprises qui vont signer des contrats pour gagner de l'argent, en espérant qu'au bout du compte, cela créera de la richesse et des emplois en France ; l'autre amènera des chefs d'entreprises pour leur donner des instructions en vue de signer des contrats pour prouver qu'il garde la haute main sur les décisions économiques (...). D'un côté, on cherche la meilleure formule pour élargir la présence de l'industrie automobile française, et comment servir le CAC 40 ; de l'autre côté, on affiche une grande satisfaction parce qu'on va produire quelques milliers de véhicules dans un marché qui atteindra bientôt le million d'unités.
C'est ce contraste qui empêche les deux pays d'avancer. Le reste n'est qu'un habillage. Et tant qu'il n'y aura pas deux systèmes capables de se faire face, avec les mêmes armes et le même langage, le dialogue algéro-français restera un dialogue de sourds ; un dialogue durant lequel un sourd piquera tout de même l'argent de son partenaire ».

 

Dans sa chronique intitulé Pourquoi Alger doit aider le capitalisme « à la française » de François Hollande, El Kadi Ihsan élève l’enjeu de la visite du président Hollande à un niveau quasi-civilisationnel. Il écrit  « Le récent film de Costa Gavras Capital, projeté à Alger jeudi dernier, joue à fond sur cette dualité philosophique entre le capitalisme français qui voudrait «sauver» quelques valeurs humanistes de la bourgeoisie et «l’affairisme anglo-saxon» qui a perdu tout repère éthique.

Le mandat de François Hollande à la tête de la France est la dernière chance de préserver dans le capitalisme français ce que le reste du monde peut encore envier en lui : une ambition précaire mais encore vivante de ne pas laisser l’essentiel au bord de la route. Arnaud Montebourg aujourd’hui avec la lutte aux licenciements boursiers, ou Martine Aubry hier avec les 35 heures, suggèrent qu’un autre modèle est possible.

Toujours dominé par le marché, mais pas par les marchands. Ce modèle-là, l’Algérie sociale et rentière de 2012 a tout intérêt à le soutenir ».

 

 

Synthèse blog, 22 décembre 2012

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