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Publié par Saoudi Abdelaziz

  
  
  
Le récent décès de Houari Mouffok, le premier président de l'Union nationale des étudiants algériens (UNEA) remet en mémoire le congrès qui décida en 1963 de transformer l'UGEMA (dont le sigle avait un caractère confessionnel) en un véritable syndicat étudiant de masse, de caractère national, et non inféodé à une organisation politique. Je remets en ligne un article publié , il y a un an et demi où j'évoque ma participation à cette refondation. EXTRAITS.
 
   
 
Souvenir(1)
 
 
 
 
 
A El Biar avec Mahmoud Latrèche
 
 
 
Par Saoudi Abdelaziz, 8 juin 2012
 
 
  
EXTRAITS
 
 
 
 
En septembre 1963, en quelques jours, j’ai arrêté mes études, trouvé un emploi (c’était à l’époque un jeu d’enfant, quand on avait le bac), « cassé » un logement vacant à El Biar, ramené ma nombreuse famille du bled. Une question essentielle me tracassait malgré tout. Comment poursuivre l’activité politique ? J’avais 19 ans, cette préoccupation pourrait paraître un peu exagérée  aujourd’hui, mais à l’époque, c’était fréquent : les gens de ma génération étaient précoces.   
 
 
 
Auparavant, j’avais habité, pendant un an, à la cité universitaire de Benaknoun. Etudiant en SPCN (Physique, chimie, sciences de la nature) j’avais participé aux activités du mouvement étudiant. Adhérent communiste au lendemain de l’indépendance, je militais à l’Ugema et au CAREC, le « Comité d’action révolutionnaire des étudiants à la campagne » (dont la dénomination avait été trouvé au terme d’une soirée très animée au K25, ma chambre à la cité universitaire de Ben-Aknoun). C’est au sein du Carec que le processus de rénovation de l’Ugema avait mûri.
 
 
Au 5ème congrès de l'UGEMA de l’été 1963, où j’étais un des nombreux délégués d’Alger, le nouveau signe UNEA a été choisi, ainsi que les statuts édictant l’autonomie de l’organisation syndicale des étudiants à l’égard du FLN. De fortes pressions ont été exercées sur le congrès pour qu’il abandonne l’idée de changer de sigle. La commission des statuts, dont j’étais le rapporteur-adjoint, était l’objet de toutes les attentions. Mes amis Madjid Benacer et Omar Chaou dirigeants de la JFLN, que j’avais connus les semaines précédentes au camp de volontariat du barrage d’Oued Fodda, nous ont informés que le président Benbella ne voulait absolument pas du changement de sigle. Même notre parti, le PCA n’était pas chaud, si l’on en croit les « directives » communiquées par Omar…, le responsable du secteur étudiant, qui nous avait même menacés d’exclusion. Nous avons tenu bon, en dépit des pressions multiples. J’ai eu le privilège de rapporter, en assemblée générale, sur le projet de statuts qui sera adopté à une large majorité. Il y aura ensuite, après le congrès, une réunion de clarification des étudiants communistes, en présence de Sadek Hadjerès. J’en garde un bon souvenir, un peu vague.  
 
 
Concernant Benbella, je me rappelle une rencontre en 1964, à l’occasion de la commémoration du 11 décembre. Mohamed Merzouki, coordinateur de la fédération d’Alger du FLN, avait invité les organisations de jeunesse à une rencontre avec le raïs. Je représentais le comité JFLN d’Alger et Djelloul Nacer, la section UNEA d’Alger. Pauvre Djelloul ! La rencontre a été marquée par un radotage en boucle de Benbella contre l’abandon du sigle UGEMA. Il n’avait pas avalé la chose !(...)  
 
 
 
HOMMAGE A AZIZ
DRUn ami très cher
 
 
Aziz Belgacem a été assassiné au tournant de 1994-1995, à l'époque de l'escalade meurtrière qui avait mis en en échec  la première tentative de "solution politique" de la crise, initiée par Lamine Zeroual. De 1963 à 1965, Aziz fut la discrète cheville ouvrière de l'UNEA, jusqu'à sa rentrée en clandestinité, après le coup d'Etat de 1965, après quoi il se consacrera exclusivement aux tâches d'organisation du PAGS.
 
 
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