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Publié par Saoudi Abdelaziz

« La région de Guerbes Sandhadjah, dans la wilaya de Skikda,  est un cas d’école écrit Karim Tedjani : toute la palette des crimes contre la Nature Algérienne est à y déplorer et ce, dans la plus totale indifférence et impunité ».

 

 

 

 

 

Un crime impuni...

                          DR-Le pillage de la subraie annonce l'avancée du sable marin sur les terres intérieures,

                          il est commis d'ailleurs en toute impunité de la part des forestiers locaux qui,

                          bien que sollicités, font la sourde oreille....

 

 

 

La région de Guerbes Sandhadjah, située au nord est de l’Algérie, plus précisément dans la wilaya de Skikda est sans contexte un des joyaux de la Nature Algérienne parmi le plus ignoré de notre pays.

 

 

Pourtant elle abrite un complexe de zones humides qui est un des seuls de la Méditerranée répondant à cinq des huit critères institués par la célèbre convention internationale de Ramsar pour la protection et la valorisation des zones humides dans le monde. En Algérie, seule celle du lac Tonga dans la wilaya d’El Tarf, à la proche périphérie de la frontière algéro-tunisienne, peut prendre à un tel statut. Aujourd’hui, on sait que les zones humides jouent un rôle prépondérant dans le traitement ainsi que la régulation naturelle des ressources hydriques. Dans un pays en stress hydrique comme l’Algérie, c’est une manne. La terre de Guerbes, à ce titre, renferme dans ses entrailles une importante nappe phréatique alimentant en eau un grand nombre de communes voisines. C’est également sur ses côtes aux plages et pagettes quasiment vierges, que viennent se mêler, en des myriades d’estuaires, la mer Méditerranée et l’oued El Kebir traversant la région de Messoussa, une version algérienne de la Camargue.

 

 

Cette particularité géographique a fait de cette zone naturelle un sanctuaire hivernal pour une multitude d’oiseaux venus migrateurs. On estime d’ailleurs qu’un pour cent de la faune aviaire mondiale vient passer l’hiver dans ce complexe de quatorze zones humides reconnue également par la WWF. L’Erismature à tête blanche est le spécimen le plus rare présent dans les eaux marécageuses de Guerbes Sandhadjah.

 

 

La richesse naturelle de cette région ne s’arrête pas là. En effet, elle referme une forêt de conifères ainsi que de chêne liège et vert entourée par les monts Filfila et Endough. Sa subéraie luxuriante s’étend de la zone côtière aux flancs de ces deux monts aux formes bien distincts. Elle permet d’ailleurs d’endiguer l’avancée du sable des plages vers les terres intérieures. Guerbes regorge de plantes médicinales et aromatiques, de fleurs, de champignons, de baies… Si bien qu’au printemps ses paysages offrent au promeneur avide de sensations bucoliques un festival de couleurs chatoyantes et d’odeurs enivrantes. La pépinière « hors sol » de chêne vert installée à Guerbes, non contente d’être la plus importante et perfectionnée du pays, est également la deuxième sur le continent africain.

 

Ici, dans cette partie de l’Algérie où l’on passe d’une dizaine de kilomètre d’un paysage marin, d’une zone marécageuse à une zone montagneuse, la vie prend quasiment toutes les formes que la biodiversité méditerranéenne peut engendrer. Batraciens, oiseaux, rapaces, mammifères en tous genres, poissons ainsi que mollusques d’eau douce et de mer, reptiles, insectes et même des micros organismes d’une grande rareté, tout ce beau monde a trouvé en Guerbes Sandhadjah un refuge sans équivalent dans la région du Constantinois.

 

 

A Guerbes Sandhadjah, il serait possible de faire de fabuleuses randonnées à pied, à cheval, de l’escalade, des safaris photos, de la pêche en eau douce ou bien encore sous marine de la même façon que c’est un site d’observation ornithologique sans beaucoup d’équivalent dans le pays.

 

D’un point de vue plus culturel, l’îlot naturel de la première plage de Guerbes est un site archéologique du fait qu’elle a abrité jadis un petit port phénicien. Cependant, comme beaucoup de sites antiques disséminés à travers tout le territoire, il a été négligé, voire laissé à la merci de l’ignorance des estivaux ainsi que des élus locaux.

 

 

Si Guerbes Sandhadjah est en bien des points un paradis naturel, un trésor du patrimoine Algérien, c’est aussi malheureusement le théâtre d’un désastre écologique, dont l’action anthropique est largement à mettre au crédit.

 

Si j’ai choisi d’écrire cet article, ce n’est résolument pas afin de vous faire la promotion de cette région qui m’est si chère mais, plutôt, pour attirer votre attention sur les nombreuses atteintes à son intégrité biologique si particulière. A ce triste titre, la région est un cas d’école : toute la palette des crimes contre la Nature Algérienne est à y déplorer et ce, dans la plus totale indifférence et impunité ; alors que c’est une zone naturelle censée être protégée pour une multitude de raisons… Heureusement, il n’est pas trop tard pour endiguer cette tragédie et, fort est à parier que relever un tel défit environnemental et social serait même le gage d’un développement socio économique qui pourrait servir d’exemple en bien des lieux de notre si beau et mal exploité pays. (...)

 

 

Texte intégral « Guerbes Sandhadja : un destin contre nature »

 

Le Blog de Karim Tedjani

 

 

 

 

 

 

 

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