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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Par Saoudi Abdelaziz

 

Le contrôle de la  rente pétrolière est l’enjeu central des affrontements  au sommet du régime entre les décideurs qui ont pris un tour aigu bien avant la maladie du chef de l’Etat. Ces luttes entre les différentes  factions politiques sont rattachées d’une manière ou d’une autre aux groupes d’intérêts particuliers, engagés dans le partage du gâteau.

 

Le dépeçage et le partage de la bête se fait habituellement dans une sorte de coexistence pacifique. On dit que Khelifa a été éjecté de la meyda parce qu’il avait franchi la ligne rouge, marchant sur le territoire des autres et voulant jouer un rôle politique et médiatique personnel. L’aversion du système à l’égard de Saïd Bouteflika relève sans doute de la même logique. Les rivalités pour le contrôle des marchés publics sont devenues plus âpres, plus violentes, bien avant la maladie du chef de l’Etat. Elles sont attisées ces dernières années par des affrontements plus dures entre concurrents internationaux pour la captation des ressources naturelles et des devises de notre pays. Le monde manque de liquidités.

 

Quels partenaires et quels pays étrangers seront choisis pour des relations durables et plus si affinités. C’est la vogue du terme « partenariat stratégique », dont la diplomatie algérienne use et abuse  après chaque rencontre avec les puissances concurrentes.  

 

Les économistes algériens  ont mis en relief le fait que la pratique de la corruption est devenue  un instrument systématique et non accidentel des luttes d’influence entre les puissances économiques mondiales pour créer des rapports durables avec les décideurs algériens. On connaît le rôle de l’historique Hizb frança. D’autres groupes de pression, proaméricain, prorusse, proallemand, probritannique, et plus récemment prochinois s’alignent dans ces luttes d’influence-corruption. La pratique a été élargie après l’impulsion donnée par le président Zeroual à la diversification des échanges extérieurs, dont on dit que c’est une des causes de son éviction sous la pression du hizb frança qui s’estimait lésé. Cette diversification sera ensuite systématisée par Bouteflika. C’est une bonne chose, car elle pourrait permettre d’élargir la marge de manœuvre de l’Algérie, et d’abord pour acquérir les technologies nécessaires à l’activité productive nationale. Malheureusement, cette diversification des échanges extérieurs a été cantonnée en grande partie à l’importation de services et produits finis, ou à la construction d’infrastructures clefs en main.

 

Mais, comment se prennent les décisions ? Avec le « qui tue qui ? », le « qui nomme qui ?», le « qui choisi qui ? » ou le « qui fait quoi ?», sont des questions suscitées par  la face obscur de la Décision, perpétuée depuis des décennies. Pendant ce temps, les Algériens, naviguent à vue sans balises, dans un système sans code, dont les règles, si elles existent, ne sont accessibles qu’aux initiés.

 

Qui contrôle quoi ? Comme on le sait, le propre du système politique algérien, c’est que la représentation politique élue ne joue aucun rôle codifié pour veiller au respect de l’intérêt national dans les choix d’utilisation des finances publiques et dans le contrôle de l’application de ces choix. Elle n’a même pas le droit d’accès aux dossiers ! La décision d’investir et L’attribution des marchés s’effectuent à travers des mécanismes obliques, où les groupes d’intérêts utilisent les points d’appui qu’ils ont placés dans les institutions sensibles de l’Etat.

 

Le mieux est l’ennemi du bien. Au lieu de m’embarquer dans une discussion sur le type de régime (« semi parlementaire » etc.), pourquoi ne pas se limiter à quelques codifications urgentes. Personnellement, avec la priorité au débat national sur les choix économiques, je me contenterais aujourd’hui de deux petits amendements constitutionnels. L’un codifiant de manière précise le droit de la représentation élue d’enquêter sur les contrats de marchés publics internationaux, jugés suspects par les commissions concernées de l’APN ou du Conseil de la Nation. Et de les annuler. Le deuxième, soumettant les nominations présidentielle aux postes clefs à un droit de regard des parlementaires. On pourra dire qu’avec les parlementaires actuelles, cela n’ira pas loin... Il faut pourtant  commencer à marcher pour en finir avec la face obscure du pouvoir.

 

 

 

Nota bene. Toute "solution" politique « par le haut » des questions de pouvoir dans notre pays conduit inévitablement à reconduire le système actuel. Même lorsque cette "solution" est affublée des étiquettes les plus flatteuses : « 2ème république », « redressement », « rupture », et Cie. Le peuple algérien sera comme d’habitude le klouklou de la farce.

 

 

 

 

 

Saoudi Abdelaziz, 22 juin 2013

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