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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Il nous a quittés ce 18 février à 19 heures des suites d’une crise cardiaque foudroyante, à l’âge de 65 ans. Le défunt a laissé 5 enfants. Le plus jeune d’entre eux, Othmane, est en terminale, lettres et sciences humaines.

Notre camarade est né en 1947. Il a étudié à Jijel où il a obtenu le baccalauréat en 1966. Mais en raison de l’extrême pauvreté de sa famille il ne put rejoindre l’Université. Obligé de travailler pour gagner sa vie et aider ses parents il se fit embaucher en qualité de comptable par la cimenterie de Hadjra Soud à Annaba. Il poursuivit un stage de formation en Italie mais dut rejoindre Jijel pour des raisons familiales. Réduit au chômage durant des années, il traversa une pénible situation avant de se faire recruter par le secteur de l’Education en tant qu’enseignant contractuel de comptabilité dans le cycle moyen. Il fut par la suite employé comme cadre par une entreprise publique d’électricité de Jijel, la Sotral. Sa situation sociale s’améliora. Ses enfants purent aller à l’Université. A la suite de la privatisation de son entreprise il fut mis à la retraite. Il fut obligé durant quelques années de travailler comme comptable privé.

 Le camarade était d’une vaste culture. Sa quête permanente de lecture dans divers domaines l’avait doté d’une connaissance encyclopédique. Il fut attiré très tôt par la pensée scientifique, rationnelle et progressiste. C’est ainsi qu’il découvrit les ouvrages marxistes. Leur étude fut fructifiée par une profonde conscience politique, sociale et idéologique. Il participa aux tâches de la construction nationale, aux campagnes de soutien à la révolution agraire, à la médecine gratuite, à la démocratisation et à la gratuité de l’enseignement, ainsi qu’aux luttes pour la réalisation des tâches nationales-démocratiques. Il était convaincu que le pouvoir devait être dans les mains des travailleurs et des couches sociales populaires pour que l’option socialiste devienne une réalité concrète. C’est cette conviction qui l’amena à rejoindre dans les années 1970 les rangs du Parti de l’Avant-Garde Socialiste (PAGS). Il fit partie de sa direction locale. Il déploya de grands efforts pour construire le parti dans la région de Jijel.

 Lorsque dans les années 1990 la crise interne fit éclater le PAGS, il refusa de suivre les partisans de sa dissolution. Il resta attaché à ses convictions marxistes et communistes. Même s’il n’eut plus de vie politique organisée, il demeura fidèle à ses idées progressistes. Il était convaincu que les nouvelles générations reprendront la lutte pour abattre le régime capitaliste, mettre fin à l’exploitation de l’homme par l’homme, construire une société socialiste véritable prenant en compte les acquis du socialisme au 20 ème siècle et les exigences de notre ère.

 Notre camarade jouissant d’une bonne santé mais avait tendance à devenir de plus en plus fluet. Il aimait plaisanter de son apparence physique soutenant qu’il ne mourrait pas mais qu’il finirait par se dissiper, une plaisanterie originale qui provoquait les rires de ses amis.

 Malgré le fait qu’il avait suspendu ses activités militantes, il sympathisait avec les orientations et le programme du Parti Algérien pour la Démocratie et le Socialisme.

 A son épouse et à ses enfants, à ses anciens camarades du PAGS et à tous ses amis, nous présentons nos sincères condoléances et nous exprimons notre solidarité totale.

 Alger républicain, 22 février 2012

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