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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Bundesarchiv Bild 183-29921-0001, Bulganin, Nikolai Alexandrowitsch.jpg

DR-Nikolaï Aleksandrovitch Boulganine

 

Le 6 novembre 1956, à minuit, prend fin l'expédition de Suez. Les parachutistes français et britanniques doivent cesser le feu quelques heures à peine après avoir sauté sur le canal. Imposé par les Soviétiques dont le chef de l’Etat, le maréchal Nicolas Boulganine, chef de l'État soviétique, menace d'intervenir avec des fusées intercontinentales à tête nucléaire si l'attaque n'est pas stoppée. Les Américains s’associe à cet appel au cessez le feu…

 

Gamal Abd el-Nasser (38 ans), quatre ans après la Révolution menée par les Officiers libres, rêve de moderniser son pays. Il veut commencer par construire un barrage à Assouan, en amont du Nil, pour régulariser le débit du fleuve, doubler ou tripler les surfaces irriguées du pays et fournir de l'énergie hydroélectrique. Le devis de cet immense projet dont on parle depuis déjà deux siècles : 1,2 milliard de dollars. Nasser demande aux Américains de l'aider à le financer. Washington, qui tient à conserver de bonnes relations avec l'Égypte, signe un accord de principe en février 1956.

 

Mais le raïs, qui affiche pourtant un anticommunisme farouche, affirme sa neutralité dans la guerre froide qui oppose l'URSS aux États-Unis, et désavoue même le pacte de Bagdad créé sous la houlette américaine. Le 19 juillet 1956, les USA font volte-face, retirent l'offre de prêt américain à l'Égypte et invite la Banque mondiale à en faire autant !

 

C'est unehumiliation amère pour les Égyptiens et leur jeune président de la République qui décide de se procurer l'argent en nationalisant le canal de Suez tout en prévoyant d'indemniser les actionnaires de la Compagnie, essentiellement français et Britanniques.

 

Il annonce sa décision à la radio... en l'accompagnant d'un mémorable éclat de rire.

 

 

 

 


Nasser porté en triomphe après la nationalisation du canal de Suez.(cliché Keystone)

 

 

Venant peu après la nationalisation des pétroles iraniens par le Premier ministre Mossadegh la nationalisation du canal de Suez soulève l'enthousiasme des foules arabes, y compris en Algérie, alors sous occupation française.

La Grande Bretagne, la France et Israël décident de faire front contre le décision égyptienne

Le 22 octobre, le Premier ministre israélien David Ben Gourion se rend discrètement en France avec son chef d'état-major Moshe Dayan et Shimon Pérès. La délégation rencontre à Sèvres, près de Paris, Guy Mollet ainsi qu'un représentant britannique.

Il est convenu deux jours plus tard que les Israéliens attaqueront les Égyptiens et qu'ensuite, Français et Britanniques adresseront un ultimatum aux adversaires et occuperont la zone du canal sous prétexte de les séparer !

29 octobre, les troupes du général Moshe Dayan se lancent dans le Sinaï. Elles sont appuyées en secret par quelques avions de l'armée française préalablement débarrassés des insignes tricolores !

Comme prévu dans la mise en scène, le 30 octobre, Londres et Paris envoient un ultimatum conjoint au Caire et à Tel Aviv, enjoignant aux combattants de cesser le feu et de se retirer à 10 miles du canal. A défaut d'une réponse dans les douze heures, les forces franco-britanniques interviendront d'autorité.

Israël s'incline mais l'Égypte, comme on peut s'y attendre, rejette l'ultimatum.

Le lendemain 31 octobre, Français et Anglais passent donc à l’attaque et détruisent au sol les avions égyptiens. Et, les 5 et 6 novembre, les parachutistes sautent sur Port-Saïd, à l'endroit où le canal débouche sur la mer Méditerranée.

Survient un événement qui n’était pas prévu au programme.

À peine les paras français et britanniques touchent-ils terre dans la zone du canal que le maréchal Nicolas Boulganine, chef de l'État soviétique, menace d'intervenir avec des fusées intercontinentales à tête nucléaire si l'attaque n'est pas stoppée !

Fait unique en ces temps de guerre froide, le président Dwight Eisenhower, qui vient d'être réélu le 6 novembre avec un pourcentage record de 57% des électeurs, joint sa voix aux Soviétiques pour exiger un cessez-le-feu.

L'intervention franco-britannique aura duré en tout et pour tout 40 heures et se sera soldée par quelques centaines de morts dont douze Français et dix-neuf Britanniques.

Anglais, Français et Israéliens retirent leurs troupes le 22 décembre.

 

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PANNIER 20/12/2015 13:53

Boulganine était chef du gouvernement soviétique, non chef de l'Etat!