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Publié par Saoudi Abdelaziz

Ukraine. Henri Guaino dénonce "la surenchère" et le "jusqu'au boutisme "

En mai 2022, Henri Guaino mettait en garde dans une tribune au Figaro  : «Nous marchons vers la guerre comme des somnambules».

L’ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy expliquait le choix de ce titre : « J’emprunte cette image au titre du livre de l’historien australien Christopher Clark sur les causes de la Première Guerre mondiale: Les Somnambules, été 1914: comment l’Europe a marché vers la guerre.

«Le déclenchement de la guerre de 14-18,écrit-il, n’est pas un roman d’Agatha Christie (…) Il n’y a pas d’arme du crime dans cette histoire, ou plutôt il y a en a une pour chaque personnage principal. Vu sous cet angle, le déclenchement de la guerre n’a pas été un crime, mais une tragédie.» En 1914, aucun dirigeant européen n’était dément, aucun ne voulait une guerre mondiale qui ferait vingt millions de morts mais, tous ensemble, ils l’ont déclenchée. Et au moment du traité de Versailles aucun ne voulait une autre guerre mondiale qui ferait soixante millions de morts mais, tous ensemble, ils ont quand même armé la machine infernale qui allait y conduire.

 

En septembre, c’est l’hebdomadaire l’Express qui fait appel à son éclairage. L’interview paraît sous le titre : « Henri Guaino sur la guerre en Ukraine : "Le jusqu'au-boutisme est une folie" »

EXTRAITS

Défendant une approche réaliste plutôt que morale du conflit, l'ancien conseiller spécial de Sarkozy estime "qu'il est temps d'opter pour un peu plus de modération".

En mai, dans une tribune très commentée parue dans Le Figaro, il fut l'une des premières personnalités françaises à s'exprimer contre un risque d'escalade de la guerre en Ukraine, tout en critiquant l'expansion de l'Otan. Comme Henry Kissinger ou John Mearsheimer aux Etats-Unis, le gaulliste Henri Guaino entend se placer sur le plan du réalisme plutôt que de celui de la morale. Quatre mois plus tard, l'ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy dénonce plus que jamais le "jusqu'au-boutisme" et l'absence de débat sur cette guerre. "Le problème, c'est que ce sujet ne peut plus être abordé qu'en termes de bien et de mal : d'un côté, Hitler, de l'autre côté, les droits de l'homme, choisissez votre camp !" déplore-t-il. Entretien. 

L'Express : En mai, vous évoquiez le risque d'une "escalade incontrôlé" en Ukraine. Estimez-vous que l'évolution de la guerre vous ait donné raison ? 

Henri Guaino : Quand j'ai écrit cette tribune, j'étais inquiet de voir que les Etats-Unis et l'Europe étaient engagés dans une surenchère qui pouvait conduire à une catastrophe. J'ai voulu rappeler que la leçon de l'histoire des conflits est que la guerre est une escalade dans la violence qui peut conduire n'importe qui à accomplir des actes qu'il aurait auparavant considérés comme inimaginables. En se lançant dans une surenchère de réactions, sans tenir compte de cette montée aux extrêmes d'une violence imprévisible qui est inhérente à la guerre, les dirigeants occidentaux se laissaient entraîner dans une pente très dangereuse, sur fond d'arsenaux nucléaires.  

Quatre mois plus tard, tout le monde semble s'être donné le mot pour fermer toutes les issues raisonnables à ce conflit. Le jusqu'au-boutisme a envahi les esprits. Mais pour aller au bout de quoi ? Qu'y a-t-il au bout du bout ? La guerre jusqu'au dernier Ukrainien ? La guerre jusqu'au dernier Russe ? La guerre jusqu'à la ruine de l'Europe ? Jusqu'au dernier Européen ? La guerre mondiale ? La guerre froide ? La guerre nucléaire ? 

Vous nous avez confié vouloir « peser » tous vos mots durant cet entretien. Le débat autour de l’Ukraine serait-il tabou ?  

Le problème, c’est que ce sujet ne peut plus être abordé qu’en termes de bien et de mal : d’un côté, Hitler, de l’autre, les droits de l’homme, choisissez votre camp ! Ah, si les choses étaient si simples, comme l’écrivait Soljenitsyne qui avait été douloureusement confronté au mal totalitaire, « s’il y avait quelque part des hommes à l’âme noire se livrant perfidement à de noires actions et s’il s’agissait seulement de les distinguer des autres et de les supprimer ! » Non, ce n’est pas si simple, ça ne l’est jamais et si l’on ne s’efforce pas d’échapper au face-à-face exclusif entre ceux qui considèrent que l’Amérique, c’est l’empire du bien et ceux qui la considèrent comme l’empire (Le texte intégral est réservé aux abonnés de L’Express.fr)

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