Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Archives

Publié par Saoudi Abdelaziz

Par Inès Dali, 11 septembre 2022
 

Le ministère de la Transition énergétique et des Energies renouvelables (MTEER) a été supprimé dans la configuration du nouveau gouvernement suite au remaniement ministériel de jeudi dernier. Ce département ministériel a été transféré à celui de l’Environnement.

La passation de consignes entre Samia Moualfi, ministre de l’Environnement et des Energies renouvelables, et Benattou Ziane, désormais ex-ministre de la Transition énergétique et des Energies renouvelables (MTEER), avant-hier, s’est déroulée en présence de responsables et cadres du MTEER, désormais rattachés au département de l’Environnement.

La ministre qui garde ainsi son portefeuille de l’Environnement se voit ajouter un autre et pas des moindres. C’est un secteur clé pour le pays du fait que l’Algérie mise énormément sur les énergies nouvelles et renouvelables, ces énergies du futur qui devront remplacer, progressivement, les énergies fossiles. Ce secteur vital devra non seulement assurer la sécurité énergétique de l’Algérie mais également renforcer les exportations énergétiques du pays.

L’absorption du ce département ministériel par celui de l’Environnement laisse cependant perplexe dans le milieu professionnel car «le MTEER, ce n’est pas qu’un ministre, mais l’ensemble d’un département qui passe à la trappe», estime-t-on.

Avoir à gérer un dossier aussi lourd que celui des énergies renouvelables n’est pas une mince affaire. Cela représente, en outre, de nouvelles charges pour le ministère de l’Environnement qui a déjà des difficultés à s’occuper de sa fonction environnementale. C’est peut-être, d’ailleurs, pour cela que la partie «énergies renouvelables» a été transférée carrément au ministère de la Transition énergétique lors de sa création suite au remaniement du gouvernement opéré en juin 2020.

En effet, il y avait alors le ministère de l’Environnement et des Energies renouvelables sous la responsabilité de Nacera Benharrat dans la composition du tout premier gouvernement en janvier 2020.

En juin 2020, il y a eu création du MTEER qui a été confié au Professeur Chems Eddine Chitour jusqu’à juillet 2021, qui était connu pour être un fervent défenseur des énergies renouvelables avant même d’être ministre du secteur. Ses ambitions étaient grandes de pouvoir orienter l’Algérie vers l’utilisation de la biomasse et la géothermie pour sortir progressivement de la dépendance des énergies fossiles car il fallait laisser, soulignait-il, aux générations futures ce qui reste des hydrocarbures. Il était parmi les premiers à plaider pour le développement de l’hydrogène, notamment l’hydrogène vert, et l’introduction des véhicules électriques pour lesquels il a même anticipé en appelant à un assouplissement des taxes qui leur seraient imposées afin d’augmenter leur attractivité.

La question qui se pose maintenant, avec acuité, a trait à l’avenir des dossiers de l’ex-ministère de la Transition énergétiques et autres de grande envergure, à l’instar de la réalisation du projet Solar 1000 MW et de celui de la production l’hydrogène, devant être réalisé avec un partenariat étranger.

«Ce n’est pas clair», selon Tewfik Hasni

Contacté pour avoir son avis sur le transfert opéré, le consultant en transition énergétique Tewfik Hasni a déclaré : «Pour le moment, ce n’est pas clair, car il n’est pas clarifié ce qui est exactement transféré au ministère de l’Environnement en disant énergies renouvelables».

«Il me semble qu’il y a une nuance, ce n’est pas tout le ministère de la Transition énergétique qui passe à celui de l’Environnement, mais seulement la gestion des énergies renouvelables dans le réseau», a-t-il ajouté. Le ministère de la Transition énergétique, selon notre interlocuteur, avait «beaucoup plus la dimension efficacité énergétique et les énergies renouvelables hors réseau, mais le ministère de l’Energie avait conservé lui-même, par le biais de Sonelgaz, tout le reste du programme qui a été sur le réseau principalement».
Mais il est vrai, a-t-il poursuivi, que «tant qu’on n’a pas clarifié ce que contient le dossier des énergies renouvelables transféré à l’Environnement, on ne pourra pas apprécier réellement quel est le sens de ce transfert».

Quid du projet Solar 1000 MW alors ? Tout en rappelant que ce projet n’était pas directement géré par le MTEER, il souligne qu’il continuera à être géré la société Shaems, elle-même filiale de Sonatrach et Sonelgaz qui relèvent toutes deux du ministère de l’Energie. C’est le même raisonnement qui tient pour le projet de production d’hydrogène qui continuera d’être géré par le ministère de l’Energie, dit-il.
Mais dans tous les cas, «tant qu’on n’a pas clarifié quelle est la mission du ministère de l’Environnement concernant les énergies renouvelables d’une façon précise, je pense qu’il sera difficile de se prononcer sur ce transfert», a conclu Tewfik Hasni.

Source : Reporters-dz

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article