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Publié par Saoudi Abdelaziz

Photo DR

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Propos recueillis par Ali Boukhlef, extraits d’un article paru le 13 juillet 2022 dans Middleeast-eye*

Depuis le mois de février, la direction d’El Watan, dont le journal n’est plus tiré désormais qu’à 50 000 exemplaires contre 200 000 il y a une dizaine d’années, se dit dans l’incapacité de verser les salaires de ses 150 employés. 

Selon le directeur de la publication, Mohamed Tahar Messaoudi, contacté par MEE, cette situation est liée au gel des comptes de l’entreprise par la banque principale, à savoir le Crédit populaire d’Algérie (CPA, étatique) et les services des impôts. 

Ces derniers réclament au journal le paiement des arriérés de la dette fiscale remontant à la période du covid, lorsque les autorités avaient autorisé les entreprises à différer le paiement de leurs impôts.

Mais une fois la crise sanitaire passée, la société éditrice du journal francophone le plus influent d’Algérie a été sommée de s’acquitter d’un montant global de 32 millions de dinars (plus de 210 000 euros) « sans délai », insiste le directeur de la publication. 

Comptes bloqués

« La direction des impôts a refusé de nous accorder un échéancier de paiement comme le prévoit la loi », regrette-t-il en précisant qu’un employé du fisc qui avait décidé de donner une chance au journal en lui accordant un délai de remboursement plus long, avait été « muté » et « remplacé ». L’information a été confirmée à MEE par une source de la direction des impôts à Alger.

Le remboursement de cette dette fiscale est venu se greffer à un autre problème. 

La direction, qui répète depuis plusieurs années être « à court d’argent » en raison du tarissement des ressources publicitaires privées et de la suspension « unilatérale » d’un accord signé avec l’Agence nationale d’édition et de publicité (ANEP, organisme public ayant le monopole de la publicité étatique), a dû recourir à un prêt bancaire pour payer les salaires des employés.

Mais une baisse de l’activité en janvier a poussé la banque à réduire le montant de cette avance financière, explique Mohamed Tahar Messaoudi, qui estime que « cela ne suffit plus pour payer les salaires et les autres charges de l’entreprise ». 

Cette décision de la banque est « injustifiée », dénonce-t-il, puisqu’El Watan « est solvable » : le journal dispose de « revenus liés à ses ventes » et « à des actifs » qui lui permettent de rembourser ses dettes en cas de problèmes de trésorerie. La direction a bien tenté de vendre un terrain pour renflouer les caisses, mais les comptes étant bloqués, aucune opération n’est plus possible.

Texte intégral :

Algérie : confronté à une grave crise financière, le quotidien francophone El Watan agonise

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