Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Archives

Publié par Saoudi Abdelaziz

Dans un entretien publié dans El Watan, Youcef Aouchiche revient sur la dernière rencontre du FFS avec le président Tebboune.

Propos recueillis par Nadir Iddir, 16 juin 2022

EXTRAITS.

Le président Tebboune a annoncé la constitution d’une commission nationale chargée de la révision des subventions publiques en vue de «passer de subventions généralisées vers des subventions orientées aux véritables bénéficiaires, et ce, avec l’association de l’ensemble des parties prenantes». Le FFS y prendra-t-il part ?

Youcef Aouchiche. La question à se poser n’est pas celle de la participation, mais celle de savoir pourquoi revoir le système des subventions dans un contexte porteur de beaucoup de risques et dans une situation où la population dans son ensemble, y compris les classes moyennes qui se sont appauvries, est confrontée à la baisse drastique de son pouvoir d’achat, accentuée par la baisse du dinar, la hausse des prix, l’inflation importée, et le chômage.

Cibler les bas revenus par ce projet de révision du système des subventions, encore faut-il identifier la population concernée, ce n’est pas un progrès mais une régression sociale. Au lieu de toucher le système des subventions qui est un des piliers de l’Etat social, il faudrait évaluer la protection sociale dans son ensemble et y apporter une réforme globale pour la renforcer et non pour l’affaiblir.

Nous avons exprimé clairement nos appréhensions sur cette question au chef de l’Etat et nous avons exprimé la nécessité d’ouvrir un dialogue plus large sur le modèle économique et social d’une façon globale.

La crise sociale s’est fortement aggravée ces derniers mois avec la chute du pouvoir d’achat, la hausse du chômage et la recrudescence du phénomène de la harga. Que préconise votre parti pour faire face à cette situation ?

Le FFS a fait de la défense de l’Etat social le fondement de son combat politique. La préservation de l’emploi et du pouvoir d’achat des citoyens est une constante de ses exigences vis-à-vis des pouvoirs publics.

Nous avons toujours préconisé pour ceux qui travaillent le relèvement des salaires et des retraites et leur indexation sur l’inflation, l’allocation d’un revenu minimum garanti aux familles sans ressources, une protection sociale renforcée et décentralisée, l’accès de tous aux services sociaux de base.

Une attention particulière doit être accordée aux jeunes, à leur formation et à leur insertion dans l’activité économique, sociale, culturelle et environnementale.

Au plan économique, l’effondrement du modèle de «développement» pour ne pas dire économique imposé depuis plusieurs décennies traduit l’impasse dans laquelle se trouve le système de gouvernance, incapable de répondre aux besoins les plus légitimes et les plus élémentaires de l’immense majorité des femmes et des hommes de ce pays.

Cette situation nous fait obligation d’offrir à notre pays un nouveau modèle économique et social qui repose sur un diagnostic réel de la situation actuelle et les actions à entreprendre à court, moyen et long termes, en vue de restaurer la relance de la croissance, nécessité vitale pour la survie de notre économie en s’appuyant sur le potentiel existant et en développant les filières de la relance économique prioritaire, les filières d’appui et les filières d’avenir permettant d’asseoir l’irréversibilité de la croissance économique.

Dans notre conception économique, tout l’effort de l’Etat doit être orienté d’abord vers la résorption des déséquilibres en adoptant une politique de développement concertée et la plus équilibrée possible, ne négligeant aucun secteur, aucune région, aucune catégorie sociale et qui placera la couverture des services sociaux de base au premier plan.

Notre vision a pour objectif d’instaurer une démocratie économique et sociale et la sortie de l’économie de bazar et des pénuries par la restauration de la croissance, l’abandon du dirigisme et du centralisme bureaucratique, et la rupture sans complaisance avec l’incompétence, le parasitisme et la corruption érigée en valeurs au sein de notre système économique et doter l’Etat des moyens et des mécanismes nécessaires pour assurer et assumer clairement et entièrement le rôle de régulateur, un «Etat régulateur» qui aura pour mission de définir les règles du jeu pour tous les agents économiques, de veiller à la sauvegarde des grands équilibres internes et externes, d’organiser sur des bases justes une redistribution de la richesse et améliorer le niveau de vie des couches les plus défavorisées de la société.

C’est le sursaut que nous devons réaliser tous ensemble pour mettre notre pays à l’abri des crises et répondre aux besoins de nos concitoyens.

Texte intégral de l’interview : El Watan

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article