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Publié par Saoudi Abdelaziz

Dans El Watan Amel Blidi note d’emblée  : « La mesure de l’augmentation du point indiciaire dont les détails ont été donnés récemment dans le Journal officiel est considérée par les fonctionnaire publics au mieux comme «une hausse dérisoire», au pire comme une «insulte». Dans un climat social tendu, marqué par une détérioration fulgurante du pouvoir d’achat, la mesure annoncée par le gouvernement censée soulager un tant soit peu les petites et moyennes bourses n’aura fait qu’attiser la colère des travailleurs».

« Cette annonce est loin de satisfaire les syndicats autonomes, notamment ceux de l’Education nationale, qui estiment que l’augmentation de l’indice minimale de 50 points est « insignifiante » dans le contexte actuel, marqué par l’érosion du pouvoir d’achat, l’inflation et l’explosion des prix » rapporte Milina Kouaci dans Reporters-dz.

« Une nouvelle tant attendue par les fonctionnaires. C'est une véritable bouffée d'oxygène pour les pères de familles, en raison de la hausse des prix de nombreux produits sur le marché, notamment ceux de première nécessité, écrit Mohamed Amrouni dans le quotidien proche du pouvoir l’Expression. Repentir déontologique après de longs paragraphes de brosse ? L'article conclut sans broncher : « Mais il semble que les syndicats ne soient pas de cet avis ».

« Stupéfaction »

Le Conseil des enseignants des lycées d’Algérie (Cela) a fait part dans un communiqué de sa «stupéfaction» suite à la publication du décret portant augmentation du point indiciaire tant elles sont, selon leur mots, «décevantes» et «ne répondant pas aux attentes des fonctionnaires publics» qui espéraient des mesures plus «dignes». «La politique de la fuite en avant entamée par les pouvoirs publics n’est qu’une mesure dilatoire car malgré ce qui est déclaré au sujet du rythme de la croissance économique, la situation sociale du fonctionnaire algérien est en constante régression. 

Ceci est une preuve flagrante de l’incapacité du gouvernement à gérer les défis actuels», peut-on lire dans le communiqué du Cela. Le syndicat des enseignants n’écarte pas la possibilité de revenir sur le front social afin d’arracher ses droits. «Le Cela annonce son profond désarroi face à des augmentations qui ne préservent pas la dignité des fonctionnaires (…) Notre syndicat est convaincu que seule l’union syndicale peut arracher les acquis des travailleurs et améliorer leurs conditions de vie», ajoute-t-on. Aussi le syndicat appelle-t-il les travailleurs à ne pas porter d’espoir dans pareilles promesses car, dit-il, «les revendications s’obtiennent grâce à la lutte syndicale». 
 

La Confédération des syndicats sur le pied de guerre

Par Saïd Oussad, 10 avril 2022

La publication du décret portant le nouveau point indiciaire des traitements et le régime de rémunération des fonctionnaires a suscité de vives réactions de la part des premiers concernés, les travailleurs et leurs représentants syndicaux. Dire que la déception est la première impression ressentie relève de l’euphémisme tant les attentes étaient grandes après l’épisode de la révision de l’IRG .

Réunis dans la soirée de vendredi dernier via l’application Zoom, pour réagir à cette situation, les membres de la Confédération des syndicats algériens (CSA) ont décidé de se retrouver demain, lundi, pour apporter une réponse à ces augmentations.

Photo DR

Ces dernières qualifiées d’“insignifiantes” par Boualem Amoura, le coordinateur du CSA depuis le 12 mars dernier, sont au cœur d’une colère qui ne fait que monter.

Notre interlocuteur tient à rappeler que la Confédération, qui réunit 14 syndicats de différents secteurs (finances, santé, éducation, formation professionnelle, postes et télécommunication), a relancé son dossier d’enregistrement après l’adoption de la loi n°90-14 du 2 juin 1990 relative aux modalités d’exercice du droit syndical, qui est en attente d’homologation.

“La réunion de demain devra également apporter une réponse à notre exclusion par le gouvernement du dialogue et des décisions qu’il prend alors que la présidence prône le dialogue”, affirme Boualem Amoura, qui précise : “Nous n’avons pas été associés ni dans le dossier de l’IRG ni dans celui du point indiciaire.” Notre interlocuteur évoque aussi la surprise des travailleurs lorsqu’ils ont appris la valeur de ces augmentations brutes, alors que le chef de l’État avait parlé d’améliorer leur pouvoir d’achat.

“50 points ne représentent rien du tout. Ils représentent entre 2 000 et  6 000 DA et un maximum de 7 200 DA pour les plus anciens”. Des augmentations soumises aux retenues, rappelle-t-il avec une pensée émue pour les plus défavorisés, à l’image des travailleurs des corps communs. “Que peut faire un travailleur avec une augmentation de 1500 DA, le prix d’un kilo de raisins secs ?”, s'interroge encore le coordinateur de la CSA.

“Je peux dire qu’on est déçus de cette décision qui ne va pas dans le sens de l’amélioration du pouvoir d’achat des travailleurs algériens. Ces augmentations sont vite absorbées par l’inflation et la hausse vertigineuse de tous les produits de consommation et des services”, souligne-t-il.

Si pour l’instant, aucune réponse effective n’a été apportée, la CSA n’exclut aucune option. “Pour le moment, nous n’avons rien décidé mais toutes les éventualités sont à discuter”, soutient Boualem Amoura, qui évoque d’aller vers des alliances conjoncturelles sur le pouvoir d’achat.

“Nous pouvons nous allier avec tous les syndicats de tous les secteurs, y compris l’UGTA pour réagir ensemble à cette mascarade”, avertit-il en rappelant que le pouvoir d’achat concerne tous les travailleurs qui n’espèrent plus rien de ce gouvernement.

“Les travailleurs ne croient plus en rien. Il y avait une lueur d’espoir dans le dossier de la réduction de l’IRG, cependant, ils ont été déçus, même chose pour la révision du point indiciaire, alors que nous, nous avons demandé la révision de sa valeur.” À moins de trois semaines du 1er mai, les choses peuvent encore évoluer.

Source : Liberté

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