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Publié par Saoudi Abdelaziz

L’alignement du gouvernement espagnol sur les thèses du palais royal marocain tourne le dos au principe d'autodétermination. Il a suscité naturellement le rejet par le Front Polisario, mais aussi, très vite, une large réprobation des partis et courants politique, de gauche comme de droite, en Espagne, pays colonisateur du Sahara Occidental dont le Makhzen a pris le relai. Le revirement du gouvernement Sanchez crée aussi évidemment une crise diplomatique entre l’Algérie et l’Espagne.

Hier ce sont les ministres algériens et chinois des affaires étrangère qui de Pekin ont réaffirmé leur soutien aux efforts pour parvenir à « un règlement définitif et juste de la question du Sahara occidental, dans le cadre de la légalité internationale, notamment les résolutions y afférentes des Nations-Unies ».

 

Le Front Polisario rejette la position espagnole

Par TSA, 20 mars 2022

Le Front Polisario a exprimé son «étonnement» face à la position du gouvernement espagnol de soutenir la position marocaine sur le Sahara occidental. 

L’Espagne a opéré vendredi un changement de position radical sur le dossier hautement sensible du Sahara occidental en soutenant pour la première fois publiquement la position du Maroc, mettant fin à une brouille diplomatique majeure entre les deux pays, une position saluée par Rabat. «L’Espagne considère que l’initiative d’autonomie présentée en 2007 (par le Maroc) est la base la plus sérieuse, réaliste et crédible pour la résolution de ce différend» entre Rabat et les indépendantistes du Front Polisario, a déclaré, devant la presse à Barcelone, le chef de la diplomatie espagnole, José Manuel Albares. «Avec beaucoup d’étonnement, le gouvernement de la République sahraouie et le Front Polisario ont été informés vendredi du contenu des deux communiqués émis par l’occupant marocain et le gouvernement espagnol».

«La position exprimée par le gouvernement espagnol contredit absolument la légitimité internationale. Les Nations unies, l’Union africaine, l’Union européenne, la Cour internationale de justice et la Cour européenne de justice et toutes les organisations régionales ne reconnaissent pas une quelconque souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental», a ajouté le communiqué du Polisario. 

Le communiqué appelle les forces politiques à Madrid à «faire pression sur le gouvernement espagnol pour qu’il corrige cette grave erreur». 

Le conflit du Sahara occidental, ex-colonie espagnole considérée comme un «territoire non autonome» par l’ONU, oppose depuis des décennies le Maroc aux indépendantistes sahraouis du Front Polisario. Rabat, qui contrôle près de 80% de ce territoire, propose un plan d’autonomie sous sa souveraineté, tandis que le Polisario réclame un référendum d’autodétermination, prévu lors de la signature, en 1991, d’un cessez-le feu, mais jamais concrétisé. 

Source : El Watan

Levée de boucliers en Espagne.

 19 mars 2022

Après le soutien manifesté par le chef du gouvernement espagnol à la solution de l’autonomie proposée par le Maroc, le parti Podemos, membre de la majorité au pouvoir à Madrid, dénonce un «virage» qui marque «l'abandon de la position de neutralité (de l'Espagne) et du consensus autour des résolutions des Nations Unies». Cette formation de gauche considère que «la seule solution est le référendum». Des sources au sein de Podemos indiquent à RTVE que cet alignement sur la position de Rabat «sera rejeté de facto, puisque ni le Polisario ni l'Algérie n’accepteront cette solution».

La secrétaire général de Podemos et ministre des Droits sociaux, Iona Belerra, ne partage pas la décision prise par son chef du gouvernement. Elle la critique en puisant des passages dans les résolutions de l'instance exécutive de l'ONU : «Le conflit du Sahara Occidental nécessite une "solution politique juste, durable et acceptable pour toutes les parties" conformément aux résolutions du Conseil de sécurité qui "prévoit l'autodétermination du peuple sahraoui". L'Espagne ne doit pas déroger au droit international.»

Outre le rejet du parti de gauche Podemos, le Parti Populaire de Droite est monté au créneau pour demander la comparution de Pedro Sanchez devant la plénière de la Chambre des représentants afin qu’il explique «ce changement», a exigé la porte-parole du groupe des députés du PP, Cuca Gamarra.

«Nous considérons qu'il est intolérable que ce changement d'une position politique de consensus traditionnel -sans aucun doute une politique d'Etat- se fasse sans en informer le principal parti d'opposition, ce qui met en évidence la manière dont Pedro Sanchez comprend la "politique d'Etat". Nous exigeons du sérieux et de la prudence dans tout ce qui concerne la politique étrangère de l'Espagne», a-t-elle souligné dans un communiqué.

Le texte du parti de la droite traditionnelle a mis en garde contre les «répercussions de cette décision sur la politique énergétique, d’autant que l'Espagne dépend de l'Algérie pour son approvisionnement en gaz. Nous voulons donc savoir si le président du gouvernement a informé au préalable l'Algérie de cette décision».

La formation Ciudadanos s’est également prononcée pour la comparution devant les députés du chef du gouvernement et du chef de la diplomatie : «Sanchez et Albares doivent comparaître de toute urgence devant le Parlement espagnol afin de clarifier la position du gouvernement concernant le Sahara.» Dans un communiqué, le parti de centre-droit a martelé que «la politique étrangère est une affaire d'Etat et il y a trop d'enjeux pour qu'ils se comportent de cette manière. C'est inacceptable».

Source : Yabiladi

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