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Publié par Saoudi Abdelaziz

Par May Sammane, 29 mars 2022 (24h-dz)

Au terme d’une tournée au Moyen-Orient où s’esquisse une nouvelle alliance entre les USA, Israël et des Etats arabes, dont le Maroc, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken fera une halte à Alger.

Il devrait s’entretenir avec le Président Abdelmadjid Tebboune et le ministre des Affaires étrangères Ramtane Lamamra au sujet des questions de sécurité régionale et de relations commerciales.

Que peut chercher le chef du département d’Etat américain qui vient de soutenir le plan d’autonomie du Maroc au Sahara Occidental ?

Sur cette question, le virage décidé par Donald Trump qui a reconnu «la marocanité » du Sahara Occidental en contrepartie de la normalisation avec Israël, les divergences ne peuvent que persister. D’autant qu’à Alger, on estime que ni le virage américain, ni la «trahison » de l’Espagne ne changent rien au fait qu’au regard du droit international, la solution au conflit du Sahara Occidental passe par l’exercice du droit à l’autodétermination. Il n’existe aucune raison pour qu’Alger infléchisse sa position.

Certes, les dossiers pouvant être découplés, la coopération sécuritaire et la situation dans la région du Sahel seront abordés. Ce voyage de M. Blinken sera ainsi l’occasion de parler coopération notamment dans les domaines des hydrocarbures et des échanges commerciaux.

Le chef de la diplomatie américaine abordera probablement la situation en Ukraine.

Alger a choisi de s’abstenir lors du vote de la résolution de l’assemblée générale des nations-unies condamnant la Russie. Là également, estiment les observateurs, Alger ne devrait pas se départir de sa position de relative neutralité, d’autant que l’actualité du Sahara Occidental s’ajoutant à la longue liste des ingérences occidentales, est venue, une fois de plus, montrer que la défense occidentale du droit international est à géométrie très variable.

Certains observateurs croient savoir que le chef de la diplomatie américaine pourrait plaider de la réouverture du gazoduc Maghreb-Europe (GME) liant l’Algérie à l’Espagne via le Maroc.

Alger a décidé le 30 octobre de ne pas renouveler le contrat avec le Maroc. Le chef de la diplomatie américaine qui cherche à soutenir le découplage de l’Europe au gaz russe pourrait plaider une telle réouverture. Pour beaucoup d’observateurs, la réponse de l’Algérie ne peut être que négative.

Non seulement, il s’agit de ne pas revenir sur une décision souveraine, mais également de ne pas accorder une «prime » à Madrid qui a, littéralement, trahi et vendu les sahraouis.

Aux sollicitations du diplomate américain, Alger pourra soutenir que toute production additionnelle de gaz pourrait trouver son chemin via l’Italie via le Trans-Mediterranean Pipeline. Cela fait d’ailleurs partie probablement de la révision globale qu’Alger compte faire de ses relations avec l’Espagne.

Sans remettre en cause les obligations contractuelles de Sonatrach vis-à-vis de ses partenaires espagnols, l’Algérie ne va plus investir dans le développement des liens dans ce domaine. Ce sera avec l’Italie avec laquelle les relations sont denses et paisibles. Rome a clairement fait savoir qu’elle ne partage pas le « giro » de Madrid sur le Sahara Occidental et s’en tient aux résolutions de l’Onu.

Ce seront sans doute ces messages qu’Alger transmettra lors de ce passage du secrétaire d’Etat américain.

Source : 24h-dz

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