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Publié par Saoudi Abdelaziz

Par Dr Mourad Goumiri, 14 mars 2022

Tous les moyens sont bons pour s’assurer des marges commerciales prohibitives et récupérer des devises fortes, c’est ce que viennent de découvrir les pouvoirs publics, qui ont décidé d’interdire l’exportation de produits alimentaires importés !

 

En effet, l’une des préoccupations des autorités économiques, depuis plusieurs années, c’était de sortir de la dépendance des hydrocarbures dans les recettes d’exportation. Cette politique les a amenées à prendre des mesures législatives et réglementaires, pour faciliter les exportations hors hydrocarbures ce qui est à priori logique, encouragés par les syndicats patronaux privés qui ont investi dans cette direction.

Le bénéfice pour ces opérateurs est évident, puisqu’ils jouissent du soutien des pouvoirs publics et de toutes les facilités subséquentes (douanières, fiscales, bancaires et d’assurance…) d’une part et d’autre part, ils constituent un matelas de devises dont ils disposent pour un certain nombre d’opérations que la Banque d’Algérie a rendu possible, en modifiant la réglementation de changes, sur la base de leur pression syndicale.

Seulement voilà, la tentation d’accroître leur part de devises dans le secteur de l’agroalimentaire notamment (plus facile à trafiquer), a été vorace puisqu’ils vont un maximum de produits importés dans les produits qu’ils exportent, ce qui rend l’opération nulle dans la balance devises du pays !

Normalement, les exportations hors hydrocarbures devaient soulager la balance des paiements et venir en substitution à l’importation des produits étrangers par une intégration progressive du produit national, y compris en augmentant les droits de douanes des produits importés. A partir du moment où cette opération d’exportation n’atteint pas cet objectif, elle devient spéculative et perd tous intérêts, sauf pour les exportateurs qui vont jouir d’une manne de devises qu’ils vont investir à leur guise et pour leur propre intérêt individuel.

Il est donc temps que les exportateurs deviennent « majeurs » et qu’ils reprennent le chemin de la transparence et de l’équité.

Source : Le Réveil d’Algérie

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