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Publié par Saoudi Abdelaziz

À la question de savoir si l’accord d’association avec l’Union européenne est à l’origine de la détérioration de l’équilibre de la balance commerciale, le think tank Care affirme qu’« il s’agit là d’une idée fausse, que le simple examen des chiffres permet de démonter » ajoutant « Le déficit extérieur du pays n’est en aucune façon imputable au démantèlement tarifaire appliqué aux échanges commerciaux avec l’Union européenne ». 

Slim Othmani, président de Care. DR

Le think tank analyse la démarche des deux partenaires, accordant une qualité de sérieux à la Commission européenne : « A ce titre, il est frappant d’observer que les services de la Commission européenne ont, en sus des points de situation annuels accompagnant chaque réunion du Conseil d’association, réalisé et rendu publiques en 2010, puis en 2020, deux études lourdes évaluant l’impact de l’application de l’accord, dans ses dimensions politique, économique et commerciale. Face à cela, et alors que les enjeux pour son économie sont autrement plus importants et plus déterminants, notre pays n’a jamais entrepris de son côté pareille étude, il n’a jamais rendu publique d’évaluation détaillée et n’a même jamais formulé, du moins publiquement, de remarques sur celles réalisées par le partenaire ».

Le Care énonce alors une sorte de chiche (sic)  : « Si les autorités algériennes considèrent que l’impératif de protéger les producteurs locaux passe obligatoirement par la voie de l’augmentation de la protection douanière, il parait alors plus cohérent d’aller à la dénonciation pure et simple de l’accord, en vertu des dispositions pertinentes de son article 107. Dans le cas contraire, il faudra tôt ou tard se résoudre à l’appliquer complètement et scrupuleusement et à ne pas remettre en cause la signature internationale de notre pays ».  Source : Care-dz

Accord d’Association entre l’Algérie et l’Union Européenne : L’heure de vérité

Par Saïd Rabia, 18 août 2020. El Watan

 

Près de 20 ans après sa signature à Valence, en Espagne, le 22 avril 2002, et 15 ans après son entrée en vigueur en septembre 2005, l’Accord d’association entre l’Algérie et l’Union européenne est de nouveau remis en question.

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a demandé une évaluation express de cet accord, dans une conjoncture économique difficile pour le pays qui est aggravée par la crise sanitaire induite par la pandémie de Covid-19. Reporté il y a trois ans, le parachèvement du processus du démantèlement tarifaire, qui devait arriver à son terme en 2017, a été décalé à 2020.

Contrairement à l’Algérie, rarement on a vu l’Union européenne se plaindre de la mise en application des dispositions de l’Accord d’association, si ce n’est, il y a plus d’un an, à propos d’abord de la mise en place par l’Algérie de droits additionnels provisoires de sauvegarde sur certains produits, puis de la montée en puissance du partenaire chinois. Selon un bilan fourni par le ministère algérien du Commerce, en 2011, les importations en provenance de l’Union européenne sont passées de 8,2 milliards de dollars en moyenne annuelle avant la mise en œuvre de l’Accord d’association (2002 à 2004) à 24,21 milliards de dollars en 2011, soit une augmentation de près de 200%. Les exportations algériennes vers l’Union européenne sont passées, elles, en moyenne annuelle, de 15 milliards de dollars, entre 2002 et 2004, à 36,3 milliards de dollars en 2011, soit une augmentation de 140%.

Faut-il souligner que ces exportations sont constituées à hauteur de 97% des hydrocarbures. Les exportations des produits manufacturés et des produits agricoles et alimentaires sont passées de 552 millions dollars en 2005 à 1 milliard de dollars en 2010, soit une augmentation de 81%. C’est dans ce chapitre des échanges que l’Algérie s’estime très lésée. Les Algériens l’avaient dit déjà de manière claire en 2010, au lendemain de la décision prise par le Conseil d’association tenu à Luxembourg, en estimant que les résultats de l’Accord sont mitigés et très éloignés des attentes de l’Algérie. Mais les Européens ne voient pas les choses de cette manière. Selon un diplomate à Alger, au sein de l’UE, on ne fait pas de distinguo entre les produits manufacturiers, agricoles ou autres et les produits pétroliers et gaziers.

Les limites d’un accord et les raisons de l’échec

Ces derniers sont considérés comme toute autre marchandise. Pour les Européens, il n’y a donc pas de déséquilibre dans les échanges commerciaux entre les deux partenaires. Mais les derniers chiffres sont parlants. L’Algérie, qui n’a jamais pu placer ses produits, notamment agricoles, en raison des clauses protectionnistes de l’Accord d’association, sur les marchés européens, a importé pour plus de 250 milliards de dollars.

Le démantèlement tarifaire lui fait perdre 16 milliards de dollars. La réalité est là. Elle est schématisée par Abdelatif Rebah, économiste, ancien cadre supérieur au ministère de l’Energie, dans une interview à El Watan, en mars 2017. Selon lui, «aucun de nos ‘‘partenaires énergétiques’’ majeurs, en l’occurrence l’Espagne, l’Italie et la France, liés à notre pays par des relations d’interdépendance dans un secteur d’importance vitale, l’énergie, ne réalise ne serait-ce que 0,1% de ses IDE en Algérie. Si ces dix dernières années, le volume des importations algériennes de l’Union européenne sont astronomiques, en revanche, durant la même période, les investissements de cette région en Algérie n’ont représenté que moins de 4% de ce montant et encore essentiellement dans les hydrocarbures (…)».

La directrice de la Chambre algérienne du commerce et de l’industrie (CACI), Wahiba Bahlouli, annonçait en janvier dernier sur les ondes de la Radio nationale que «les aspects relatifs à l’investissement, dans cet accord, n’ont pas été pris en compte par l’UE, parce que ‘‘mal négociés’’ par la partie algérienne».

Beaucoup comme elle considèrent qu’à l’origine de cette mauvaise négociation, «le contexte politique qui régnait alors en Algérie». L’Accord d’association aurait été signé, dit-on dans la précipitation par un président (Abdelaziz Bouteflika, ndlr), en mal de légitimité interne et cherchant constamment l’assentiment de partenaires étrangers. Certains même soutiennent qu’il n’y a pas eu de négociations à proprement dit. Mais Cela n’explique pas les échecs et très mauvaises performances de l’économie algérienne (...)

Texte : intégral : El Watan

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