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Publié par Saoudi Abdelaziz

« Quand on invite un partenaire social à participer, c’est pour prendre part activement aux travaux des Assises et non pas pour cautionner le travail qui a été fait par d’autres », dénonce le responsable du syndicat des médecins tandis que celui des paramédicaux fustige : « Nous ne soutenons pas une démarche qui nous exclut dès le départ »

Assises nationales du secteur de la santé

Des syndicats autonomes exclus

Par Aziz Boucebha, 8 janvier 2022

Exclus du document de travail devant servir de modèle de débat à la refondation du secteur de la santé, les trois syndicats ont décidé de ne pas assister à des assises dont les jeux semblent déjà faits.

Trois syndicats autonomes de la santé publique — celui des praticiens de la santé, des enseignants chercheurs hospitalo-universitaires et le Syndicat national des paramédicaux — ont décidé de boycotter les Assises de la santé qui s’ouvrent aujourd’hui à Alger, ont-ils annoncé dans un communiqué rendu public jeudi soir. « Les syndicats de la santé ont été étonnés de ne recevoir aucune invitation officielle à la veille des Assisses nationales de relance du secteur », lit-on dans un communiqué rendu public jeudi soir, rappelant avoir participé aux assises locales et régionales qui ont précédé cet événement. 

« Quand on invite un partenaire social à participer, c’est pour prendre part activement aux travaux des Assises et non pas pour cautionner le travail qui a été fait par d’autres », dénonce Lyès Merabet, président du Syndicat national des praticiens de santé publique (SNPSP), soulignant que ces Assises ne sont pas l’apanage du ministère de tutelle à lui seul, mais une question qui relève d’une gestion multisectorielle. « Nous sommes sous-représentés », déplore ce responsable syndical, affirmant que le ministère a limité la participation à trois membres seulement pour chaque structure syndicale. Lyès Merabet met en cause également les thématiques qui feront objet de débat lors de ces Assises qui, dit-il, ont été imposées et n’ont pas fait l’objet de concertations. 

« Nous refusons d’être confinés, vu que pour les huit ateliers mis en place, le ministère de la Santé, en tant qu’administration centrale, a désigné de façon unilatérale les présidents de séance, les modérateurs et fait le choix des thématiques ». « Cela donne l’impression que nous avons été invités pour cautionner une situation de fait accompli et des recommandations déjà préparées, ce que nous refusons », ajoute, avec une pointe de déception, M. Merabet qui estime que c’est un manque de considération, à tous les niveaux, vis-à-vis du syndicat qu’il préside. Syndicat qui n’a pas été informé à temps et de manière officielle du déroulement de ces Assises, déjà prévues pour les 23 et 24 décembre 2021 puis reportées aux 8 et 9 janvier 2022. 

Pour sa part, Ghachi Lounès, secrétaire général du Syndicat national des paramédicaux, considère, en sa qualité de partenaire social du secteur et partie prenante, que le boycott de son syndicat est motivé par le manque de considération de la tutelle qui ne les a pas associés à la préparation de ces Assises. « Nous ne soutenons pas une démarche qui nous exclut dès le départ », fustige ce responsable, qui exprime son total désaccord quant à l’organisation de ces Assises qui, selon lui, sont loin de solutionner les problèmes du système de santé en Algérie et ne proposent pas de véritable réforme de ce système. « Il faudrait plutôt régler les problèmes en suspens sur le terrain, avant d’aller aux assises », souligne M. Ghachi, en mettant sur la table la problématique de la gestion du secteur.

Ces assises sont appelées à plancher sur les financements du système de santé, la gestion, la ressource humaine et sa valorisation, la formation et la recherche, le statut des professionnels de santé, le rôle du secteur privé dans le système de santé, la mise en place d’une nouvelle carte sanitaire pour appliquer la loi santé de 2018 adoptée depuis quatre ans déjà. Malheureusement, son application reste tributaire des décrets d’application qui n’ont pas été mis en place jusqu’à présent, rappelle M. Merabet. 

 Source : Liberté

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