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Publié par Saoudi Abdelaziz

A propos de la modification de certains articles du droit syndical, annoncée par le gouvernement, on ne saura pas en lisant les journaux que son origine vient-notamment- des luttes entêtées menées ces dernières années par les salariés de l’oligarque Rebrab et par leur syndicat non-reconnu et piétiné. C’est dans la presse la digue du silence devant les luttes sociales les plus exemplaires.

Il ne faut pas attendre grand-chose d’en bas, car les "Algériens" souffrent de solidarité névrotique et de narcissisme aigu comme l’affirment ces derniers jours deux « écrivains chroniqueurs » branchés. Un troisième "faiseur d’opinion" dit que « le champ de la contestation et le champ médiatique », est occupé par les activistes « tout le temps sur la brèche, donnant l’impression d’être de tous les combats » mais « incapables d’élaborer et de mener à terme un projet viable ».

"Préserver le statut quo"

Autant s’appuyer sur quelque chose de solide semble penser Abrous Outoudert, directeur de publication du quotidien Liberté, appartenant à l’oligarque Rebrab.

« 2022 : année de la relance » titre son éditorial. D’emblée, il écrit : « L’année 2021 restera celle que l’on verra partir sans regret » Puis conclut ainsi : « En un mot, l’année 2021 a permis à la nouvelle équipe à la tête du pays de déceler tous les ratés, les zones d’incompétence et les secteurs pauvres pour remédier à cette situation de biens vacants, en nommant à des postes-clés des hommes compétents mais aussi sincères. Ce sera un autre challenge pour le Président, qui veut une équipe qui gagne ». Liberté

« Immédiatement après sa sortie de prison d’El Harrach, Rebrab a engagé de nombreuses consultations pour changer la direction du journal  écrivait le 13 juillet 2020 le professeur de journalisme Redouane Boudjema. L’universitaire ajoute plus loin : « Tebboune a répété dans ses discours qu’il soutenait les hommes d’affaires qui ne mélangeaient pas les affaires et la politique. Message parfaitement reçu. Rebrab, lui, sait, mieux que beaucoup d’autres, que l’argent n’a pas d’odeur, pour qui la presse n’est rien d’autre qu’un moyen d’influence et de lobbying. Ce qui ne gêne personne, ni Tebboune ni d’autres ; l’important pour tous étant de préserver le statu quo, celui qui a permis à Rebrab d’avoir un empire économique et à Tebboune d’accéder à El Mouradia.

Pour cela, il faut maintenir l’affaiblissement du journaliste, de la presse et de la société car les bureaucraties et les lobbies financiers détestent les contre-pouvoirs. Pour ces structures centrales du régime, les médias ne peuvent avoir d’autre finalité que servir la communication et de demeurer des instruments de propagande ».

Solidarité névrotique.

« Pourquoi, même dans l’euphorie « normale » d’une victoire de foot, on fait appel à la Palestine, non pas pour soutenir la cause d’un peuple soumis à la hogra colonialo-impérialo-sioniste, mais pour... exister soi-même. C’est quand même invraisemblable cette façon de phagocyter à des fins internes une cause qui mérite mieux que ça ».

Ayant égaré sa filiation, le chroniqueur Amin Zaoui s’étonne : « Quand on sait que chez nous, les manifestations de soutien à la Palestine ne sont pas autorisées, le zèle dans l’exhibition du drapeau de cette dernière laisse pour le moins songeur ». La main de l’étranger ?

Narcissisme maladif

Kamel Daoud écrit dans le dernier numéro du magazine français Le Point : « La question des archives françaises devient l’indice d’une maladie intime : le défaut cruel d’une histoire humaine, réelle, précise et acceptée au plus secret de chacun en Algérie. On refait la guerre à la France pour remettre à plus tard le devoir de construire une véritable indépendance par l’effort et l’acceptation (…).

La France? C’est aussi une affaire algérienne intime, algéro-algérienne, d’altérité manquée et de rapport au monde mal noué. On ne peut décrypter la passion que suscite ce sujet en Algérie si on ne saisit pas que c’est le dialogue fou et tragique d’un pays avec lui-même » 

Ces activistes qui polluent

« Les activistes ont une utilité : celle de lanceurs d’alerte. Pour le reste, l’activisme est souvent improductif, parfois franchement contre-productif » lançait sur Facebook Abed Charef . Il ajoutait : « Il aboutit souvent à polluer le débat, à empêcher l’élaboration de réponses crédibles aux grands problèmes. L’activisme est à l’action politique ce que l’islamisme est à l’islam, ce que le gauchisme est à la gauche. Nombre de régimes totalitaires utilisent à fond le nihilisme des activistes pour étouffer la contestation.

Les activistes occupent le champ de la contestation et le champ médiatique, mais restent incapables d’élaborer et de mener à terme un projet viable. Ils sont tout le temps sur la brèche, ils donnent l’impression d’être de tous les combats, mais ne réussissent jamais à mener un combat à son terme ».

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J
J'aime lire vos articles car ils donnent une analyse plus proche du réel. Je vis à Oran, Algérie, je dois utiliser un vpn pour accéder à votre site. Votre site dérange ceux qui gouvernent en Algérie ? D'après le présent article, les algériens n'ont pas encore appris les bonnes methodes méthodes comment s'organiser. Partout la gauche est divisée, en France et en Algérie. <br /> Merci pour cet article. Je dois dire qu'il comporte plusieurs sujets entremêlé, cela a gêné ma compréhension.
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