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Publié par Saoudi Abdelaziz

Par Rédaction Algérie-Eco, 28 décembre 2021

Le dernier rapport de la Banque mondiale sur le suivi de la situation économique de l’Algérie contient un chapitre sur « l’évolution de la pauvreté non monétaire et les inégalités en Algérie ». Selon le document publié le 22 décembre 2021, la Banque Mondiale a relevé que « l’indicateur de la pauvreté multidimensionnelle s’est amélioré en Algérie entre 2013 et 2019, traduisant des progrès dans toutes ses dimensions : éducation, santé et conditions de vie. »

« Bien que l’Algérie affiche des résultats honorables dans la région MENA, et malgré des améliorations notables, la pauvreté multidimensionnelle varie considérablement selon les régions et entre les zones rurales et urbaines », résume le rapport, soulignant : « Les régions du Nord-Centre et du Nord-Est sont confrontées à des niveaux de privation inférieurs à ceux du reste du pays, tandis que la région des Hauts Plateaux Centre est confrontée à un niveau de privation plus élevé. Les régions les plus pauvres ont connu une amélioration plus rapide entre 2013 et 2019, montrant une convergence avec les régions plus riches. La santé et l’éducation sont devenues des dimensions plus importantes de la privation, soulignant les priorités politiques pour le développement humain de l’Algérie. »

L’institution internationale mesure la pauvreté à l’aide de l’indicateur de la pauvreté multidimensionnelle.

« L’indicateur de la pauvreté multidimensionnelle (IPM) est une approche non monétaire permettant de mesurer le niveau de privation en se concentrant sur trois grandes dimensions : la santé, l’éducation et les conditions de vie. Celles-ci sont agrégées dans un indicateur unique variant de 0 à 100, où 100 représente le dénuement le plus total. Une personne est considérée comme « multi-dimensionnellement pauvre » si son niveau de privation dépasse 33. Les personnes dont l’indicateur va de 20 à 33 sont considérées comme vulnérables à la pauvreté multidimensionnelle » ; explique la même source, qui ajoute : « La dernière enquête en grappes à indicateurs multiples de 2019 permet de mettre à jour l’IPM par rapport à l’enquête précédente de 2013. La baisse de l’IPM s’explique par l’amélioration de la santé, de l’éducation et des conditions de vie de la population. Le pourcentage de personnes vulnérables à la pauvreté multidimensionnelle a lui aussi baissé de 5,8 à 3,6 %. »

Le taux de pauvreté multidimensionnelle en Algérie est passé de 2,1 à 1,4 % entre 2013 et 2019

Selon la Banque Mondiale, le taux de pauvreté multidimensionnelle en Algérie est passé de 2,1 à 1,4 % entre 2013 et 2019. « Le taux de pauvreté multidimensionnelle de l’Algérie, 1,4 %, est meilleur que celui de ses voisins régionaux, l’Égypte (5,2 %), l’Irak (8,6 %) et le Maroc (6,1 %), mais plus bas que le taux de pauvreté comparativement faible de la Tunisie (0,8 %) », indique le même document.

« Il y a eu une convergence de l’IPM entre les régions, mais des différences importantes subsistent. Les Hauts plateaux-Centre, les Hauts plateaux-Ouest et la région Sud, avec des taux de pauvreté récents de 4,4 %, 2,6 % et 2,3 % respectivement, ont enregistré une réduction significative de la pauvreté, mais ils restent à la traîne par rapport aux quatre autres régions algériennes. De plus, si l’on étudie les différences entre les zones urbaines et rurales, il apparaît que le taux de pauvreté est quatre fois plus important dans les zones rurales que dans les zones urbaines en 2019. Il n’y a pas de différence significative entre les hommes et les femmes en termes de taux de pauvreté entre les deux cycles d’enquête », détaille le rapport de la Banque Mondiale ; qui note que « des améliorations ont été enregistrées dans les trois dimensions de la pauvreté non monétaire, et le niveau de privation global est de plus en plus lié à l’éducation et à la santé. »

« En Algérie, les lacunes en matière d’éducation contribuent pour près de la moitié à la pauvreté multidimensionnelle globale en 2019 (+2,2 points de pourcentage par rapport à 2013), tandis que le dénuement sur le plan sanitaire contribue à 30 % (+1,3 pp) et de mauvaises conditions de vie de base à 20 % (–3,7 pp) », selon la même source, qui explique que « dans les différentes dimensions, les contributeurs les plus importants à l’IPM sont les années de scolarisation (30 %), l’assiduité scolaire (20 %) et la nutrition (24 %), et le poids des trois composantes dans l’IPM algérien a augmenté. »

Le même document indique que « des indicateurs complémentaires corroborent le constat que la pauvreté multidimensionnelle a diminué. » « La pauvreté multidimensionnelle est calculée à l’aide de trois dimensions de la privation, qui sont identiques pour tous les pays. Bien que cela permette de comparer les IPM d’un pays à l’autre, l’approche est basée sur un ensemble restreint de variables comparables, en faisant abstraction de la dynamique et des niveaux de développement propres à chaque pays », explique le rapport, qui ajoute que pour mieux comprendre les goulets d’étranglement du développement humain en Algérie, trois indicateurs supplémentaires sont analysés pour chaque dimension.

Éducation : l’écart de niveau d’instruction entre zones urbaines et rurales a augmenté

Dans l’éducation, selon le rapport de la Banque Mondiale : « Le nombre d’enfants ayant reçu une instruction dans la petite enfance a augmenté au fil des ans, mais certaines régions ont fait des progrès négligeables. Les capacités pertinentes des enfants de 5 ans ont considérablement augmenté et les zones rurales et urbaines ont convergé à cet égard. En Algérie, environ 75 % des enfants de 5 ans ont fréquenté un établissement d’enseignement formel en 2019 (+8 pp par rapport à 2013). »

« Les taux et niveaux de croissance diffèrent considérablement d’une région à l’autre, les Hauts plateaux-Centre accusant un retard de 25 points de pourcentage par rapport au Nord-Centre. Au niveau national, 14 % des ménages avec des enfants de 3 à 5 ans ont des capacités avancées (c’est-à-dire que les enfants reconnaissent dix lettres, peuvent lire quatre mots courants simples et reconnaître et réciter les chiffres de 1 à 10). L’amélioration dans les zones rurales a été beaucoup plus marquée que dans les zones urbaines, montrant une convergence prometteuse. La qualité de l’éducation reste un sujet de préoccupation, car l’Algérie a obtenu un score très bas dans le Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) en 2015, se classant 68 e sur 70 pays », détaille le document.

« Le taux d’achèvement des études secondaires en Algérie s’est considérablement amélioré entre 2013 et 2019, mais des écarts subsistent entre les régions et entre les zones rurales et urbaines », relève la même source, en expliquant que « l’achèvement des études secondaires est un élément particulièrement important, car c’est un indicateur du niveau de qualification des nouveaux arrivants sur le marché du travail, et la plupart des décrochages scolaires ont lieu entre la fin du primaire et le début de l’enseignement secondaire. » « À l’échelle nationale, parmi les ménages incluant des adultes âgés de 19 à 23 ans, 55 % comptaient un adulte ayant terminé ses études secondaires en 2019, soit une augmentation de près de 20 points de pourcentage par rapport à 2013. Mais les grandes différences entre les régions et entre les zones rurales et urbaines restent perceptibles », relève-t-on encore dans le même rapport.

Santé : les maladies non transmissibles sont un sujet de préoccupation croissant

Concernant la santé, le même rapport relève que « les maladies non transmissibles sont un sujet de préoccupation croissant ». « Le taux de mortalité des moins de 5 ans en Algérie a diminué, mais la mortalité infantile dans la région Sud est bien supérieure au niveau national », indique le document, qui note que « le pays a fait des progrès dans la réduction de la malnutrition, mais la prévalence des MNT a augmenté, et les ménages sont aujourd’hui plus nombreux à compter au moins un membre âgé de 15 ans ou plus atteint d’une maladie chronique. » « La mortalité des moins de 5 ans a diminué partout, mais les différences restent importantes selon les régions, les zones et les quantiles de richesse. La malnutrition infantile a elle aussi diminué de deux points de pourcentage au niveau national, mais cette amélioration est moins visible dans les zones rurales », lit-on dans le rapport.

« Cependant, la prévalence globale des MNT s’est aggravée, avec 52 % des ménages déclarant compter au moins une personne atteinte d’une maladie chronique », relève le même document, précisant : « Les personnes vivant dans les zones urbaines souffrent davantage de MNT (55 %) que dans les zones rurales (47 %). Les principaux facteurs d’aggravation des MNT sont l’hypertension artérielle et le diabète, qui ont augmenté de 5 et 6 points de pourcentage, respectivement »,

Les conditions de vie se sont améliorées, mais la connectivité reste à la traîne

La Banque Mondiale note dans son document que les conditions de vie « se sont améliorées, mais la connectivité reste à la traîne ». « Le taux de possession d’une voiture a augmenté, et les Algériens vivent aujourd’hui dans des logements moins exigus, mais la connectivité Internet reste toujours à la traîne. Le taux de possession d’une voiture s’est amélioré au fil des ans : 44 % des ménages algériens possédaient une voiture en 2019 contre 37 % en 2013, avec une certaine différence entre les zones rurales et urbaines. Les ménages algériens ont également amélioré leurs conditions de vie, le nombre moyen de personnes par chambre passant de 2,8 à 2,4 », relève le même rapport.

« L’accès à Internet reste un problème, malgré quelques améliorations récentes. En effet, seulement 26 % des ménages avaient accès à Internet à domicile en 2019. L’accès à Internet diffère selon les régions, et celle affichant le plus haut niveau d’accès est le Nord-Centre (31 %) et celles enregistrant le plus bas niveau sont le Hauts plateaux-Centre et les Hauts plateaux-Ouest (19 %) », lit-on dans le document qui relève : « L’accès à Internet est en outre très inégalement réparti entre les quintiles de richesse, les 40 % des ménages les moins riches n’ayant pratiquement aucun accès à Internet à la maison tandis que 88 % des ménages du quintile supérieur en sont équipés. »

Conclusion : qui sont les pauvres ?

En conclusion, la Banque Mondiale s’est interrogé sur qui sont les pauvres en Algérie ? La réponse et que « les pauvres se concentrent dans la région pauvre des Hauts plateaux Centre (32 % d’entre eux), mais aussi dans les régions moins pauvres du Nord-Centre et Nord-Ouest », selon le rapport, qui précise qu’ « ils vivent principalement dans les zones rurales et ont souvent des familles plus nombreuses que les Algériens plus aisés. » « Le niveau d’éducation d’un chef de ménage pauvre est probablement très faible, voire nul. Les pauvres n’ont toujours pas accès à Internet et manquent de biens importants, tels qu’une voiture », selon la même source.

Selon la Banque Mondiale : « Même si l’Algérie a connu un ralentissement de la croissance au cours des cinq dernières années, elle a fait des efforts persistants pour améliorer le quotidien de sa population. » « En effet, au cours de la dernière décennie, l’Algérie a fait des progrès modestes dans la réduction de la pauvreté multidimensionnelle. Elle a réduit la mortalité des moins de 5 ans et la malnutrition ; et amélioré l’éducation dans la petite enfance et le taux d’achèvement de l’enseignement secondaire, entre autres », souligne le rapport, qui Le choc de la pandémie de COVID-19 a pu altérer les tendances positives en matière de développement humain en Algérie, et a accru la nécessité, pour le gouvernement, de bien comprendre les complexités des dimensions du bien-être de ses citoyens, afin d’accélérer le chemin vers le rétablissement du pays », lit-on dans le document.

« À cette fin, il serait utile d’avoir pour base de travail une bonne appréhension des tendances dans le temps, de la façon dont les personnes font face aux difficultés dans leur vie quotidienne (par exemple : nutrition, scolarisation, assainissement, services publics, etc.), en particulier ces dernières années. L’IPM est un indicateur utile pour analyser, accepter et reconnaître la situation actuelle, les améliorations qui ont été apportées et les lacunes qui restent à combler dans le bien-être de la population. Les populations pauvres et vulnérables sont un groupe important pour lequel il faut penser des politiques de soutien spécifiques, ciblant les dimensions de privation. Si ces populations sont protégées par une nutrition et une scolarisation adéquates, le capital humain et la productivité de l’Algérie pourraient grandement en bénéficier à l’avenir », conclut le rapport.

Source : Algérie-Eco

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