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Publié par Saoudi Abdelaziz

Notes de Abdelatif Rebah, économiste

 

24 novembre 2021

La structure sociale actuelle est la résultante des processus, mis en branle il y a plus de trente ans, de démantèlement de la base socioéconomique du développement national productif autonome et de ses acquis économiques, sociaux et culturels et des reclassements sociaux consécutifs :

déclassement et marginalisation des couches salariales, montée du précariat et extension de l’informel en même temps qu’essor rapide des catégories socioprofessionnelles liées aux libéralisations : employeurs, commerçants, professions libérales : avocats, notaires, juges, médecins, pharmaciens…, couches moyennes mondialisées.

Le ‘’basculement à l’économie de marché’’ a bouleversé la structure sociale algérienne. Aujourd’hui, ce qui structure la réalité sociale, c'est la dynamique des inégalités croissantes qui séparent le haut et le bas des revenus, des inégalités de patrimoine, biens fonciers ou immobiliers, produits financiers, ressources en devises, des inégalités en termes de mobilité internationale et de statut citoyen y afférent, des inégalités d’accès au numérique, des inégalités de statut d’emploi, permanents, occasionnels, au noir, chômeurs. A l’essor impressionnante des couches sociales liées aux libéralisations, employeurs, professions libérales, élites mondialisées, répond la prolifération de l’informel et la précarisation croissante des couches sociales liées au salariat avec l’extension de la pauvreté.

Précarité

Des classes populaires, fragiles voire en état de survie, hétérogènes et émiettées ; 45,5 % des 11 millions de travailleurs algériens perçoivent des revenus mensuels inférieurs à 30 000 dinars, soit moins de 233 dollars, tandis que le pouvoir d’achat des salariés a chuté de 50% en 10 ans et que 27% des ménages n’avaient pas les moyens de subvenir à leurs besoins courants durant le confinement, soit approximativement 2,4 millions de ménages, sur près de 9 millions. Ces ménages regroupaient une population d’approximativement 11,36 millions de personnes.

En 2019, les salariés du secteur structuré représentaient à peine 26% de la population en âge de travailler (contre près de 80% en France), dont 14% dans le secteur public (dont 7% dans la fonction publique), bénéficiant d’un emploi stable mais dont le pouvoir d’achat est en détérioration continue et 12% dans le secteur privé, en majorité, précaires et non déclarés, travailleurs au noir qui restent dans les limites de l’accès aux marchés.

Le secteur non structuré, en marge de la réglementation, qui englobe ce qu’on appelle les informels, précarisés et appauvris, estimés à 11% de la population en âge de travailler et 34% de la population occupée. Les femmes au foyer représentent 29% de la population en âge de travailler. Le taux de chômage s’est aggravé passant de 11,4% en 2019 à 14,54%, en 2021.

Le rapport de la Banque mondiale du printemps 2021 (données MICS 6 (2019)) révèle la répartition des types d’emplois par quintile de richesse

On note la concentration des travailleurs indépendants et informels dans le quintile inferieur Q1. (les 20% de la population dont niveau des dépenses de consommation est le plus bas)

La distribution des travailleurs indépendants et informels est inégale entre les quintiles. De fait, on dénombre 57% dans le quintile inferieur et 19% dans le quintile supérieur. Les travailleurs informels représentent 50% de la population occupée dans le Q1 contre 24% dans le Q5.

Source : Facebook

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S
Je reste sur ma faim. Dommage que M. Abdelatif Rebah se soit égaré dans le labyrinthe du rapport de la Banque mondiale et ses quintiles. Le grand défaut des "intellos" algériens est qu'ils choisissent, presque tout le temps, de faire compliqué comme s'ils se sentaient obligés de prouver qu'ils maîtrisent leur sujet alors ils en font des tonnes et cela devient fastidieux, inextricable ou ampoulé selon de ce que l'on traite, sociologie, économie ou littérature.
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