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Publié par Saoudi Abdelaziz

Ancien envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental (2009-2017)

Ancien envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental (2009-2017)

25 octobre 2021
 
Dix sénateurs, démocrates et républicains, ont récemment écrit au secrétaire d'État Blinken pour demander instamment que la surveillance des droits de l'homme soit ajoutée au mandat de la Mission des Nations Unies pour le référendum au Sahara occidental (MINURSO).
 
PassBlue, un site de journalisme en ligne, a récemment mis en évidence leur lettre, mais a aussi cité un ancien chef de la MINURSO selon lequel prendre cette mesure ne ferait qu'ajouter « un autre élément inapplicable » à son travail. Cela m'a incité à écrire le commentaire suivant.

J'ai été l'envoyé personnel du secrétaire général de l'ONU pour le Sahara occidental de 2009 à 2017. Ma mission, telle que définie par le Conseil de sécurité, était de faciliter les négociations en vue de parvenir à « une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable, qui assurera l'autodétermination du peuple du Sahara occidental. Les propositions que le Maroc et le Polisario avaient avancées en 2007 s'excluaient mutuellement, et leur rigidité assurait une impasse durable à chaque séance de négociation en face à face que j'ai convoquée et dans toute la diplomatie de navette que j'ai entreprise dans un quix recherche otique de flexibilité.

En l'absence de progrès substantiels sur l'avenir du Sahara occidental, la question des droits de l'homme est devenue un front de bataille de substitution, chaque partie accusant l'autre de graves violations des droits de la personne. Pour répondre à ces préoccupations, les rapports du Secrétaire général au Conseil de sécurité n'ont cessé d'appeler à un suivi indépendant et soutenu des droits de l'homme. Le Polisario était prêt à accepter une telle surveillance, mais le Maroc ne l'a pas fait par directive royale.

Dans l'article de PassBlue, Wolfgang Weisbrod-Weber, un ancien Représentant spécial du Secrétaire général au Sahara occidental, a abordé une situation hypothétique dans laquelle le Conseil de sécurité a ajouté les droits de l'homme au mandat de la Mission des Nations Unies pour le Référendum au Sahara occidental (MINURSO). Il a déploré que cela ajouterait un autre élément inapplicable au travail de la MINURSO. Cela ne dit pas toute l'histoire. Pourquoi ajouter les droits de l'homme serait-il inapplicable ? Parce que le Maroc trouverait le moyen de le bloquer sur le terrain, comme il l'a fait en 2000 avec les préparatifs de la MINURSO pour un référendum.

Pourquoi le Maroc refuserait-il un référendum ? Parce que si on craignait que le résultat soit l'indépendance. Et pourquoi le Maroc bloquerait-il un mandat des droits de l'homme ? Parce qu'un tel mandat donnerait aux opposants résidents sahraouis occidentaux de la présence marocaine un moyen transparent d'informer le monde extérieur de leurs opinions, ce que le Maroc a tout fait pour empêcher que sa revendication sur le territoire ne soit faible Ned.

Cet aspect et d'autres de la posture du Maroc sur le conflit du Sahara occidental sont parfaitement sensés à Rabat, mais ils mettent en lumière non seulement les recommandations de deux secrétaires généraux de l'ONU successifs pour la surveillance des droits de l'homme, mais aussi celles de la Les appels répétés du Conseil à des négociations sans conditions préalables. Rabat a court-circuité ces négociations en essayant d'imposer sa proposition d'autonomie comme seul point à l'ordre du jour à l'exclusion de la proposition de référendum du Polisario.

Elle n'a subi aucune conséquence sur ce comportement parce que l'attachement de la France à la stabilité marocaine l'oblige à empêcher tout effort sérieux pour appeler le Maroc à la tâche pour son non-respect des directives du Conseil de sécurité.

À moins que le Conseil ne prenne des mesures correctives, éventuellement en élargissant le mandat du nouvel Envoyé personnel au-delà de la simple convocation de réunions et de l'engagement dans des navettes à la recherche de flexibilité, il sera confronté à la même situation dans l'impasse que ses trois précédents essors.

Source : Facebook

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