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Publié par Saoudi Abdelaziz

Par Chabane Nait Mebarek, 30 septembre 2021

Introduit avec l'illusion d'un développement économique capitaliste à l'algérienne, le mot "Chriki" avait délogé l'éternel "khouya", hérité des années d'égalitarisme et de solidarité pour s'accaparer des consciences tel un élixir de jouvence.

 

Aux relations de ''fraternité'', s'est substituée la notion d'associé (partenaire). ''Maricane chriki''

La folie s'est emparée du pays. Au ciel, Le "golden boy" algérien, au nom symbolique de calif qui s'est métamorphosé en une seule nuit kafkaïenne de pharmacien en bourgeois, régnait en pirate.

Sur terre, des millionnaires, en djellaba ou en costard, poussaient comme des champignons arrosés par la commande publique, l'exploitation des prolos et le détournement de capitaux.

Dans les rues, les enfants des quartiers perdus infectés par le syndrome de picsou, bien qu'ils n'aient pas le sou, ne rêvant plus d'être médecin, pompier ou astronaute. Ils veulent juste le paradis terrestre, ici et maintenant. L'ascension fulgurante des beggaras leur avaient défriché la voie, ils se mettent alors sur leurs pas, ils se ruent sur les marchés de l'informel en récitant le verset magique, diri l'affaire y'a mra.

Les médias, ces corbeaux déguisés en rossignols fredonnaient alors le chant de la danse macabre sur le rythme d'une comptine joyeuse pour accompagner la sommation. Dormez-vous ? dormez-vous ?

Sur la voie de ce mirage, le corps social se désagrège silencieusement, les consciences dépérissent religieusement. La société se décompose sur les pas de la marche à reculant d'une arrière garde puante.

Fini le mirage, le temps du réveil.

Chriki est mort. Le petit commerçant met la clé sous le paillasson. Ses clients qui autrefois faisaient la queue pour dépenser leur argent, tentent aujourd'hui de boucler les fins de mois, ils sont appauvris, licenciés et mis au chômage forcé. Les éleveurs et les petits agriculteurs sont écrasés par les gros propriétaires et les spéculateurs, les petits entrepreneurs clonés dans les couveuses de l'Ansej en sortent endettés et désenchantés d'un rêve qu'on leur a administré par ordonnance. Les cadres qui flairaient les promotions dans le secteur privé pour quelques dinars en plus se rabattent sur les rares postes d'emplois qui restent dans le public, Ils retirent leurs enfants des garderies privées pour les remettre, têtes baissées, dans les écoles du baylek. Les jeunes se ruent, au péril de leur vie sur les embarcations de fortune pour tenter de rejoindre l'Europe des zemmour et de la bourgeoisie criminelle...

C'est la fin de Chriki, mort, disparu. Il s'est éteint, son extinction était silencieuse, imperceptible... Inéluctable.

Chriki ne peut plus être porté par ceux qui cherchent désespérément un sachet de lait, un emploi, de l'eau, des affaires bon marché. Ça c'est la dure réalité que le faux monde de Chriki ne peut supporter. Ce monde dur, impur. Ce monde que les ouvriers n'ont jamais quitté, puisqu'ils étaient toujours là à travailler, en hiver comme en été. Eux, ils n'ont point de temps pour les rêveries et les tartufferies.

C'étaient eux qui faisaient marcher la société avec des salaires de misère au temps de l'aisance et c'est à eux qu'on veut faire payer aujourd'hui les pots cassés.

Point d'illusion, Chriki est mort ? Il fallait l'assassiner pour lui substituer un autre mot, celui de la fraternité de la décantation, de la clarté, la fraternité de classe.

Qu'on se salue en camarades, Rafik (à) , (th)amdakel(t). Des mots sans hypocrisie, sans cupidité. De chacun selon ses capacités à chacun selon ses besoins.

La mort de Chriki ne dissipera pas à elle seule l'illusion et ne fera pas, pour autant, émerger une conscience de classe. Pour y parvenir, il faut dessiner notre monde à venir, il faut y croire, créer le parti de la révolution et se battre pour la mener contre les exploiteurs d'ici et d'ailleurs.

Point d'illusion, point de soumission, vive la révolte unie des camarades prolétaires !

 

Source : Facebook

 

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