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Publié par Saoudi Abdelaziz

Nadjia Bouaricha : La privatisation des entreprises revient sur la table du gouvernement. Que pensez-vous de cette option pour, dit-on, «relancer l’économie nationale» ?

Abdelatif Rebah : Il faudrait rappeler, d’abord, que le secteur privé est, désormais, dominant dans l’agriculture, la pêche et la sylviculture (99,3%) ; dans les branches de la chimie, des plastiques et du caoutchouc (79,2%) ; dans les matériaux de construction (46,2%) ; dans l’agroalimentaire (87,5%) ; dans les textiles et le cuir (86,4%) ; dans la section du bois/liège/papier (50,2%) ; le BTPH (83,1%) ; dans les transports (branche dominée par les petits transporteurs et les taxis) et les communications (82,9%) ; dans le commerce (94,4%) ; dans la section hôtels/cafés/restaurants (80,1%) ; dans les services fournis aux entreprises (68,6%) ; et dans les services fournis aux ménages (92,2%).

Quant à la taille du secteur public, elle a chuté de près de 81% du PIB hors hydrocarbures en 1988 à 15% en 2015. Ceci, au terme de près de trois décennies de privatisations.

Qu’ont-elles coûté et qu’ont-elles apporté à l’économie nationale ? Je crois qu’il est temps d’en tirer les enseignements majeurs.

Force est de constater que la privatisation de la structure juridique de l’économie algérienne ne s’est pas traduite par le développement de l’investissement productif mais au contraire, elle a engendré l’explosion d’une «économie informelle», c’est-à-dire en marge de la règlementation fiscale, administrative et sociale, tentaculaire, logée dans un secteur des services et du commerce, prolifique, au point de prendre progressivement en charge une part considérable et prépondérante de l’approvisionnement national. Le capital privé productif, investisseur, preneur de risques, vecteur d’innovation, est absent.

Notre secteur privé, le président de la République vient de le rappeler devant le CNESE, est financé à 85% par les fonds et les banques publiques, et est orienté sur la recherche de l’argent facile. Seuls ses profits sont privés.

Pour assurer la dynamique nécessaire au redéploiement productif de son économie, l’Algérie a besoin d’un modèle d’économie mixte basé sur un tissu d’entreprises publiques structurantes, fortes et efficientes et un secteur d’entreprises privées capables de relever les défis financiers et technologiques de l’économie productive, compétitive ».

Texte intégral : El Watan

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