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Publié par Saoudi Abdelaziz

 Par Abderezak Adel, professeur l'université

26 août 2021

Photo DR

" Vérité et justice" en Algérie se fait par conférence de presse de l'appareil judiciaire et par des médias véhiculant des certitudes incertaines. Où sont les règles de l'indépendance de la justice ? Où sont les présomptions d’innocences ! Le bûcher est prêt et le peuple doit applaudir ! C'est l'article 87bis qui pilote l'acharnement judiciaire contre le Mak et Rachad.

Une transparence des enquêtes et de l'instruction nous permettra de sortir des certitudes complotistes. Un conditionnement est en train de s'opérer pour "makiser"ou "rachadiser" toute pensée critique. Les journalistes, les blogueurs, les influenceurs et tous les actifs de réseaux sociaux sans parler des acteurs politiques et associatifs du hirak sont sur le qui-vive, l'épée de Damoclès du 87bis sur leurs mots !

L'Algérie ne souffre ni du Mak, ni de Rachad ni des délires des réseaux sociaux. Les diaboliser comme on as diabolisé le FFS en 63, le fis en 90, produit clairement l'effet inverse !

Notre pays souffre d'un déni du droit et de la justice. Il souffre d'inégalités sociales et d'injustices. Il souffre de prédation et de corruption. Il souffre de l'absence de projet économique et sociétal qui soit en phase avec les besoins sociaux et les attentes sociales.

Notre Algérie souffre de la marginalisation de cette jeunesse, à grande majorité instruite, et qui n'espère que dans le bouti. Au désespoir social s'est ajouté l'impact mental et psychique d'une pandémie réduite au confinement et à l'arbitraire de la décision publique.

Le hirak était bien dans le sens de l'histoire quand il lançait son fameux leitmov "yetnehaw ga3" donnant une dimension systémique à cette crise que vit notre Algérie.

Ni le Mak, ni Rachad et encore moins le Fis, les partis régionalistes, les dizaines de partis préfabriqués n'ont été des acteurs anti-crises dessinant des scénarios alternatifs pour ce pays. Le champ politique est à réinventer. La pensée critique est à reconstruire et la souveraineté populaire doit s'exercer sur fond de culture démocratique.

On ne peut plus gérer l'Algérie par des noyaux opaques de décideurs militaires ou civils. On ne peut plus réduire l'idéologie au religieux ou à l'identitaire, obsessions d'une société acculturalisée, désintellectualisée.

 On ne peut plus continuer à espérer de la mondialisation libérale et capitaliste une perspective de modernité et de progrès social car ses décideurs s'accommodent de toutes nos "déviances" politiques et idéologiques pour raisons de géostratégie et d'intérêts de multinationales marchandisant tout, y compris nos vies. Les Afghans étaient le diable. Maintenant, on leur fabrique un profil soft. L'essentiel, c'est la realpolitik !

Le hirak n'est pas mort. Un cycle de mouvement populaire s'est clôturé sous pression de la répression, de l'article 87bis et du covid sur fond de manipulation et d'unilatéralisme administratif !

Les centaines de morts dans nos villages kabyles, l'assassinat abject de Djamel Bensmail, les dizaines de détenus.es d'opinions injustement incarcérés, les centaines de morts du covid victimes de l'état délabré de notre santé publique, toutes et tous seront notre mauvaise conscience, l'expression de notre impuissance. Il faut dire que quand il n'y a pas de contre-pouvoirs, de contre-poids aux pouvoirs autoritaires tournant le dos aux libertés politiques et individuelles, tout pays est perméable à toutes les dérives y compris totalitaires.

L'article liberticide 87bis doit être enterré. Les médiations et passerelles avec la société plurielle que nous sommes doivent être reconstruites sur des fondements démocratiques. Les politiques publiques doivent radicalement changer de cours et en finir avec ce néolibéralisme destructeur. Les acteurs politiques et sociaux doivent être libérés de toute pression ou répression. Une transition démocratique négociée devient un scénario de survie pour notre Algérie.

Ce n'est ni le Makhzen, ni le Mak, ni Rachad qui sont capables de briser ni scissionner notre Algérianité. C'est la déconsidération programmée de l'Algérie par un système de pouvoir délégitimé qui fait le plus de mal.

Il est temps encore de requalifier cette nation à travers un projet politiquement démocratique et socialement émancipateur!

Recentrons nos paradigmes critiques dans cette direction. C'est notre Algérie qui en a besoin.

Source : Facebook

 

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Safiya 27/08/2021 15:14

Je ne puis que souscrire aux questionnements et inquiétudes de M. Abderezak Adel.
J'ai voulu en savoir plus sur cet article 87 bis, pour se faire, parcouru quelques sites.
Mon ressenti est que Rachad et Mak ne sont qu'alibi. Cette modification vise à faire taire toute voix dissidentes, pour preuve, les cinq personnes arrêtées à Tizi-Ouzou : https://www.tsa-algerie.dz/cinq-personnes-soupconnees-de-preparer-des-actes-terroristes-durant-le-hirak-arretees/
Ubuesque ? Kafkaïen ? Comment définir l'absurde d'un tel article de loi ? Comment dire le danger de la modification de l'article 87bis-13 qui, dans les faits, consacre le diktat qui nous fera vivre tou-te-s sous le joug de l'arbitraire. Le prétexte parfait pour mater toutes velléité et aspiration à un changement, à la liberté d'expression, de manifester ses désaccords, bref, ce serait soit renoncer à notre liberté de choix, notre désir de justice, d'égalité soit nous retrouver en prison pour un oui pour un non.
Pour ma part, je ne puis que prier Allah, avec toute la foi que j'ai en Lui, de les balayer tou-te-s, YETNE7HAW GA3 ! Amine, Amine Amine !
Pour le mot "bouti", après avoir cherché dans les dicos en vain, j'ai enfin compris qu'il s'agit de Lboté, la barque, aujourd'hui zodiac-échappatoire du harag.
Un grand merci A. Saoudi pour vos "pioches", souvent de haute volée, que vous nous donnez à lire.
Longtemps rétive à Facebook, je vais chercher comment s'y abonner.