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Publié par Saoudi Abdelaziz

A la veille du défilé militaire du 14 juillet, sous le titre « Soucieuse défense » Philippe Leymarie, journaliste spécialiste de questions de défense, fait le point ce matin sur son blog du Monde diplomatique. A propos de la situation créée par la dissolution de l'opération Barkhane, du Sahel, il écrit notamment : «Des conversations sont en cours également pour essayer d’impliquer au moins politiquement l’Algérie dans les efforts pour stabiliser le Sahel».

EXTRAIT

Rester autrement

Fin de « Barkhane », au Sahel, mais pas de la présence militaire française. Le « démontage » de cette opération en cours depuis 2013, à l’échelle des cinq pays du G5-Sahel, sera le premier souci du nouveau chef d’état-major des armées : un désengagement en bon ordre, même partiel, est une manœuvre délicate et risquée, militairement comme politiquement. La décision, annoncée le 10 juin dernier par le chef de l’État, devra déboucher sur « une transformation profonde de notre présence militaire », mais pas sur un désengagement total, ce qui fait dire à l’association Survie que la France entend « rester autrement », espérant « maintenir son influence dans la région en mutualisant une opération militaire dont elle est l’unique initiatrice ».

En vue, une diminution de moitié de l’effectif actuel de Barkhane (actuellement, 5 100 soldats, relevés tous les quatre mois) d’ici 2023. Il faudra donc substituer à cette opération un modèle alternatif de coopération et d’organisation en prenant appui à la fois sur les armées du G5-Sahel et sur les forces spéciales européennes, qui étaient plutôt jusqu’ici les maillons faibles du dispositif de sécurité déployé dans la région. « Une double manœuvre périlleuse, juge la lettre d’analyse Africa Intelligence : amorcer un premier retrait [français], ‘tout en appelant les capitales européennes à s’impliquer davantage ».

Quelques pays — Estonie, République tchèque, Suède, Danemark — sont déjà engagés dans la nouvelle force Takuba, composée d’éléments des forces spéciales, type « commandos », destinés à combattre aux côtés des armées du G5-Sahel, notamment dans le Liptako-Gourma, la zone des « trois frontières » (Mali, Niger, Burkina). D’autres — Italie, Roumanie, Belgique — sont attendus sur le terrain prochainement, tandis que les Pays-Bas, le Portugal et tout dernièrement la Serbie ont promis de participer d’une manière ou d’une autre à cette force européenne où continueront à figurer également des éléments significatifs des forces spéciales françaises.

Un prochain sommet devrait rendre officiel le transfert du secrétariat de la Coalition pour le Sahel de Paris à Bruxelles, tandis qu’à New York, à partir du 1er juillet, la nouvelle présidence française du Conseil de sécurité de l’ONU s’efforcera d’inciter les Nations unies — déjà largement présentes au Mali dans le cadre de la force MINUSMA — à s’associer au financement et à l’appui militaire aux autres États du G5-Sahel.

Des conversations sont en cours également pour essayer d’impliquer au moins politiquement l’Algérie dans les efforts pour stabiliser le Sahel.

 Texte intégral : Défense en ligne

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