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Publié par Saoudi Abdelaziz

Photo DR

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Par Houria Alioua, 11 juillet 2021

Ils ne veulent plus rentrer chez eux ces jeunes, occupant la rue sous un soleil de plomb et des températures dépassant allègrement les 60° dans une escalade de colère qui ne quitte plus la ville de jour comme de nuit désormais.

Aucune réaction officielle, ni mesure d’apaisement ou appel au calme n’ont été entendus. Les autorités locales se murent dans le silence, malgré le blocage des routes avec des blocs de pierre et des pneus brûlés.

Les jeunes protestataires, qui manifestaient pacifiquement chaque mardi depuis 46 semaines, expriment ainsi un sentiment d’injustice et une exaspération sur lesquelles ils n’arrivent plus à mettre des mots, tant leur courroux et leur mécontentement face à la répression sont grands, d’autant plus que les appels successifs à l’apaisement et l’interpellation du président de la République n’ont jamais cessé jusqu’à la publication d’offres d’emploi dans le secteur pétrolier par l’Anem la semaine dernière.

«Comme d’habitude, nous savons d’avance que nous serons exclus d’office et que l’essentiel des postes se volatiliseront dans les circuits des passe-droits», explique un jeune.

Les associations de la société civile ont exprimé leur crainte que la vague de colère ne se propage aux régions voisines, notamment Hassi Messaoud après que des jeunes de Touggourt aient empêché la circulation sur la RN3 ce samedi ; mettant en garde contre toute manipulation au détriment des vrais sans-emploi.

Les échauffourées qui ont éclaté dès le premier jour entre les manifestants et la police antiémeute n’ont cessé d’étonner au moment où la fermeture des axes principaux et la mise à feu spectaculaire de pneumatiques ont touché aussi bien Beni Thour que Aïn Al Bayda, Ngoussa, Rouissat, Sokra, Sidi Khouiled et Mekhadma qui sont les quartiers le plus peuplés du chef-lieu de la wilaya, conduisant à l’arrêt partiel et ponctuel du tramway avant sa fermeture totale à la circulation nocturne

Les agents de maintien de l’ordre ont alors investi la ligne du tramway que les manifestants occupent depuis trois jours en guise de menace, balançant des pierres sur les forces de l’ordre.

Samedi en fin d’après-midi, les autorités officielles n’ont exprimé aucune réaction ou déclaration sur les événements, aucune partie officielle, ni instance élue ou personnalité politique, y compris la coordination des associations civiles, n’a pris la parole ou brisé le silence autour d’une situation qui semble insoluble et gravement non maîtrisable au moment où la population appelle de ses vœux l’intervention des hautes autorités du pays.

Les bureaux communaux de l’Agence nationale de l’emploi se sont transformés en une arène de protestations et de sit-in, menés par des centaines de jeunes réclamant des emplois à Sonatrach ou des entreprises étrangères actives dans la zone pétrolière de Ouargla, pointant du doigt la politique de l’emploi qui exclut de larges pans de la main-d’œuvre locale exigeant à la fois la nécessité du départ des responsables de l’Anem accusés «de jeter l’huile sur le feu en manipulant les listes et en favorisant des parachutés».

Ouargla 12 janvier. Photo DR

Les sit-in et manifestations hebdomadaires organisés par des jeunes chercheurs d’emploi se sont multipliés durant les derniers mois, au point qu’ à plusieurs reprises, ils ont menacé de se suicider, à l’instar de ce qui s’est passé dans le quartier de Beni Thour l’année dernière, où des dizaines de jeunes ont menacé de se suicider collectivement après s’être déclarés las des promesses officielles.

Selon les manifestants, l’Anem et ses antennes locales aggravent délibérément la crise du chômage en raison de pratiques qu’ils jugent illégales, la qualifiant d’un «souk» dans lequel le processus d’achat et de vente d’offres d’emploi est mené en opacité, en l’absence de mécanismes clairs et de transparence. Les manifestants exigent l’envoi d’une commission d’enquête ministérielle et des décisions politiques mettant fin à leur calvaire

Source : El Watan

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