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Publié par Saoudi Abdelaziz

Photo DR

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C’est sans doute dans la commune de Selma-Benziada regroupant 41 localités qu’ont eu lieu les plus durs affrontements armés de la décennie noire, entraînant l’exode d’un grand nombre de familles. Ces dernières peinent à revenir chez elles. Le correspondant d’El Watan fait le point sur cette « zone d’ombre ».

De l’exode à l’amorce d’un difficile retour de la population

Par Amor Zouikri, 5 juin 2021

Enclavée à une quarantaine de kilomètres au sud du chef-lieu de la wilaya de Jijel, la commune de Selma-Ben Ziada garde encore les stigmates d’une décennie d’exil et d’exode de sa population. Presque totalement vidée de ses habitants, partis s’abriter ailleurs, sous d’autres cieux plus sûrs et plus cléments, elle tente d’organiser le retour de ces derniers.

Inverser la tendance de cet exil est le défi qu’elle s’est lancée sans parvenir à le relever. Les moyens à mettre en place pour créer les conditions de ce retour sont encore loin d’être réunis, à commencer par ces pistes et ces routes à ouvrir ou à aménager pour permettre le déplacement des populations.

Au chef-lieu de cette commune où se concentrent les quelque 1200 habitants, c’est encore l’attente pour tenter l’aventure de ce retour aux mechtas désertées. Et pourtant, ceux qui sont partis ailleurs ne pensent presque plus à revenir. “Ils se sont stabilisés dans les villes où ils sont partis vivre”, soutient-on. “Si certains reviennent, ce n’est pas pour rester, mais juste pour un court séjour”, ajoute-t-on. Si la sécurité a été retrouvée grâce à l’omniprésence des soldats de l’ANP, les aléas d’un désenclavement qui ne s’amorce pas bloquent toute velléité de retrouver une vie normale dans cette commune.

Celle-ci est en butte au manque de perspectives de développement et à l'absence de toute opportunité d’emploi. “Même les entreprises qui viennent pour les modestes projets lancés ici emploient leurs proches et leurs propres connaissances”, déplorent certains habitants. Les projets réalisés ne dépassent pas le cadre de quelques aménagements, lancés dans le sillage de la politique de soutien aux zones d’ombre. “Notre commune est elle-même une vaste et grande zone d’ombre”, déplore, le P/APC, Ben Amirouche Brahim.

Selon lui, aucun programme du logement public locatif n’a été réalisé… depuis 2011.  “Même les programmes de la construction rurale sont bloqués pour cause de procédures de régularisation du foncier et des certificats de possession à obtenir”, poursuit-il, non sans se réjouir toutefois du désenclavement opéré en direction d’El-Aouana. Des compétitions sportives et des randonnées pédestres liées au tourisme de montagne sont même organisées tout au long du CW 137, traversant le célèbre mont Guerrouche.

Pour les habitants, c’est une bouffée d’oxygène de pouvoir enfin circuler sur ce tronçon, resté fermé durant plus d’une décennie. Aussi, et même s’il ne concerne que le centre urbain de cette commune, ce désenclavement a permis aux populations de retrouver une certaine liberté dans leur déplacement en empruntant les CW 137 et 137 A qui les relient au monde extérieur. Ces deux axes routiers facilitent également le déplacement jusqu’au site de la célèbre source de Lemchaki, principale attraction touristique de la région. 

Celle-ci attire depuis quelques années des visiteurs qui ne cessent d’augmenter en nombre, venant profiter de la nature paisible et fraîche de ce site. Pour valoriser ce site, l’APC est intervenue pour aménager la route donnant accès à cette source. En prévision de la saison estivale, elle a mis en adjudication le parking qu’elle a également aménagé, qui a été acquis pour 480 000 DA. “C’est maigre, mais c’est une première pour nous de pouvoir enfin trouver une source de revenu pour notre commune”, confie le P/APC. Sans revenu, cette commune a bénéficié d’un modeste montant de 4,5 milliards de centimes au titre des plans communaux de développement (PCD).

Source : Liberté-Algérie 

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