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Publié par Saoudi Abdelaziz

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Recrutés dans le cadre de contrats CTA et CDD, plus de 1600 sidérurgistes passeront en Contrat à durée indéterminée (CDI) à partir du mois de juin 2021.

La permanisation a été annoncée par le secrétaire général du syndicat de l’entreprise Sider El Hadjar à l’issue d’un Conseil d’administration (CA) : «Plus de 2000 contractuels seront permanisés, dont 1600 à partir de ce mois de juin. Ils passeront en CDI par parties, selon l’ancienneté (3 ans) et les moyens. N’ayant pas bouclé les trois années d’ancienneté exigées dans le contrat, plus de 400 autres suivront au fur et à mesure».

2 ans et demi plus tôt

Lors de la mémorable grève occupation de décembre 2018, les 590 sidérurgistes en contrats de travail aidé CTA ont été à la pointe du mouvement contre l'emploi précaire. Ils occupent des postes d'ingénieurs, techniciens supérieurs ou techniciens.

 

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Notre blog l'a suivi de bout en bout. Quelques étapes. Le 11 décembre 2018 l'APS notait au lendemain du déclenchement du mouvement : "Environ 300 travailleurs maintiennent leur rassemblement devant le siège de la direction générale du complexe et attendent les conclusions de la réunion entre la direction du complexe et les représentants des travailleurs protestataires."

Ni la mise en veilleuse du haut fourneau (HF) n°2 ni le dépôt de plainte par la direction générale contre 20 d’entre eux pour «atteinte à des biens publics et les installations du complexe» n’ont pu décourager les sidérurgistes diplômés" écrit le correspondant l'El Watan qui rapporte leurs exigences:

«Notre revendication est légale. Après plusieurs années d’essai, nous exigeons des contrats à durée indéterminée (CDI) dans nos postes de travail respectifs. Le PDG, , nous a renvoyés aux calendes grecques, préférant l’affrontement au dialogue. Ce qui atteste de l’absence d’un esprit managérial, indispensable pour dénouer les conflits dans le milieu professionnel».

La direction affame et assoiffe les grévistes

Cinq jours plus tard, La direction fait tout pour casser le mouvement. Pour saper la volonté des grévistes, notamment ceux qui ont passé hier leur sixième nuit consécutive au niveau du site du haut fourneau n°2, la direction générale aurait ordonné avant-hier à la police interne qui quadrille le site de ne pas permettre aux protestataires d’être ravitaillés.

Couffins à la main, des parents de grévistes, sollicités par leurs enfants affamés, ont, en effet, essuyé un refus catégorique d’accéder, selon eux, au complexe. «Depuis les deux dernières nuits, nous n’avons pas eu un seul repas. Même les autres sidérurgistes qui ne sont pas concernés par notre débrayage ont été avertis de ne pas nous approvisionner en produits alimentaires sous peine d’être sanctionnés, voire licenciés», regrette l’un des grévistes joint hier au téléphone. "Même celui qui a donné une bouteille d'eau à un gréviste est victime de sanction», précise un autre témoignage recueilli par l’Expression parmi les travailleurs d’autres secteur.

«Il croit que le mouvement va fléchir et compte sur le pourrissement, nous tiendrons bon, car notre situation par rapport aux permanisés est catastrophique, bien qu’on fasse le même travail. Normalement à travail égal, salaire égal, la loi est claire là-dessus. Et donc nous continuerons le mouvement jusqu’à ce qu’il y ait satisfaction entière de nos revendications», confie un jeune sidérurgiste diplômé au correspondant de Reporters-dz.

Un technicien-CTA tente de se jeter depuis le sommet du haut-fourneau

Se frayant un chemin jusqu’au plus haut point du haut-fourneau, un technicien du site a tenté de mettre fin à ses jours, en se jetant dans le vide, avant d’en être empêché au prix d’énormes efforts par les éléments de la Protection civile.

Le correspond de Liberté rapporte : « Ce jeune technicien supérieur, qui fait partie des travailleurs contractuels en grève depuis huit jours, était réellement décidé à se suicider. Il ne cessait de crier qu’il n’en pouvait plus de la hogra qu’oppose la direction à la demande de permanisation que ses camarades et lui ont déposée”, témoigne un cadre de l’entreprise qui a assisté à la scène. “Il y a certainement un moyen pour répondre à la revendication des contractuels, qu’ils soient en CTA ou en CDD. La plupart des travailleurs recrutés dans le cadre de ces deux dispositifs et qui sont tous diplômés font un excellent travail dans leurs postes respectifs et méritent de ce fait qu’on les régularise. Pourquoi attendre, sachant que les grévistes ont affiché leur détermination à aller jusqu’à satisfaction de leur revendication ?”, s’interroge notre interlocuteur, tout en disant craindre une généralisation du mouvement à l’ensemble des travailleurs du site industriel.

 

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