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Publié par Saoudi Abdelaziz

Plusieurs analyses de la régression actuelle du pouvoir. « La fuite en avant vers un Etat d’exception met l’État et la population en danger » affirme le journaliste Raouf Farrah. Tandis que son confrère Jean-Pierre Sereni note l’influence des généraux rescapés, Tewfik et Nezzar pour lesquels, « le Hirak est une menace mortelle pour l’Algérie ». Le journaliste pousse loin le bouchon : « Ils sont à eux deux le clan dominant aujourd’hui sans lequel rien ne peut se faire à Alger ». Dans le temps on en appelait un Reb d'zaïr...

 la sylmya mise à l'épreuve

« Démuni face à la dynamique de la société, le régime tend vers l’instauration d’un « état d’exception » de fait, écrit Raouf Farrah dans la revue Twala. C’est-à-dire, d’une situation où le droit est suspendu au nom du caractère « nécessaire » de l’exception, comme étant à la fois le déclencheur, la justification et la limite même d’une telle situation. L’Algérie se trouve aux portes de ce régime d’exception, sans que le système au pouvoir ne le désigne ainsi.

Plus de deux années après le début du Hirak, cette fuite en avant met l’État et la population en danger. Chaque jour, l’étranglement du mouvement populaire accentue les lignes de fracture entre les citoyens et les institutions de l’État, conduisant à des risques sur la stabilité et la souveraineté́ du pays. Ainsi, le coût du non-changement devient un véritable fardeau sur l’État dans un contexte national et international des plus incertains.

Le vendredi 117 a montré que l’idée de la « sylimya » s’est fortement ancrée dans la conscience collective de la société malgré l’hyper-violence. Elle n’est pas seulement une attitude individuelle, mais elle est vécue par les citoyens comme une posture politique et la voie la moins coûteuse pour sauver le pays. C’est toute la société algérienne qui devra trouver en elle les ressorts pour éviter la répression généralisée en donnant davantage de profondeur politique au mouvement populaire et en poursuivant la lutte pacifique contre un système aux abois. Source : Twata

Deux ex-généraux reprennent du service

«À la mort du général Gaïd Ahmed Salah, le 23 décembre 2019, le président de la République et son successeur à la tête de l’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP,) le général-major Saïd Chanegriha, se sont retrouvés sur la défensive ». Jean-Pierre Sereni affirme dans le site Orient XXI: « L’un avait perdu son soutien, l’autre ne disposait ni de l’influence, ni des réseaux de son prédécesseur. D’emblée, ils ont renoncé à enquêter sur la disparition soudaine de l’homme fort de l’Algérie et ont cherché un accommodement avec ses deux rivaux qu’il avait fait condamner peu auparavant : le général en retraite Khaled Nezzar, ancien ministre de la défense, condamné à 20 ans de prison, revenu d’exil blanchi un mois plus tard en janvier 2020, et l’ancien chef des services de sécurité Mohamed Médiene, alias Tewfik, dont la réhabilitation prendra plus de temps. Sa condamnation à 15 ans de prison sera cassée au printemps 2020 par le même tribunal, ou presque, qui l’avait condamné. Il sera transféré dans un hôpital militaire avant d’être innocenté en janvier 2021. L’un a gardé une certaine aura dans l’armée en raison de son passé de combattant au Sahara ou en Égypte et surtout de son rôle dans la guerre civile, dont la sanglante répression d’octobre 1988 ; l’autre a nommé pendant 25 ans tous les chefs des services, et a conservé des fidèles dans le corps. Entre temps, les promotions faites par Gaïd à la tête de l’armée comme dans les services ont été annulées, le dernier à partir étant le secrétaire général du ministère de la défense.

Les deux octogénaires ont mené ensemble la bataille contre l’insurrection islamiste il y a plus de trente ans, ils se sont réconciliés et ont la conviction que l’histoire recommence. Le Hirak est, à leurs yeux, une menace mortelle pour l’Algérie, en réalité pour son système politique autoritaire. (…) L’influence de Nezzar et de Tewfik s’est fait sentir lors des dernières nominations et ils pèsent ensemble sur la ligne politique d’ensemble de l’Algérie à la veille des élections législatives du 12 juin prochain qui, à coup sûr, n’inaugureront pas la transition vers plus d’ouverture espérée un temps par le président Macron.

Sans gouverner directement, ils sont à eux deux le clan dominant aujourd’hui sans lequel rien ne peut se faire à Alger. Ils désigneront après le 12 juin le prochain premier ministre et le successeur de Tebboune, malade, à la présidence de la République.

Source : Orient XXI

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