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Publié par Saoudi Abdelaziz

Par Slimane Laouari, 23 mai 2021

Il paraît qu’une campagne électorale est en cours actuellement dans le pays. Non seulement il y a une campagne électorale mais il y a des élections dans 20 jours. Vous vous rendez compte de ce que ratent ceux qui ne le savent pas ?

 

Enfin, ce n’est pas vraiment qu’ils ne le savent pas.

En fait, ils font semblant de ne pas le savoir, ce qui est une option politique qu’on n’a pas le droit de confondre avec un niveau d’information sur ce qui se passe dans notre grand et beau pays. Ils ne vont quand même pas nous convaincre qu’ils n’ont rien vu venir.

Ça fait quand même plus de deux ans, dont plus d’un de Covid, que tout le monde attendait quelque chose de nouveau et, à chaque fois, ce sont les élections qui sont… venues. Ce n’est pas parce qu’on ne voit pas venir ce qu’on attend qu’on ferme les yeux sur ce qui vient à sa place. Le problème est qu’ignorer, ce n’est pas gagner. Surtout quand il s’agit, non pas de gagner les élections mais de gagner tout court.

Est-ce qu’on peut gagner sans voir ? Impossible, pour plein de raisons, dont la plus importante est d’ordre pratique : il faut voir pour faire quelque chose qui permette de remporter une victoire. Il faut surtout voir sa… victoire. On a beau avoir le triomphe modeste, il faut quand même savourer son sacre quelle que soit notre sobriété. C’est (entre autres) ça la vie, si elle vaut vraiment la peine d’être vécue. Mais on n’en est pas là, on est même très loin des grands moments festifs et des jubilations qu’on s’est peut-être un peu trop vite, beaucoup trop facilement promis.

De toute façon, il y a toujours quelque chose pour nous rappeler où nous en sommes. Une parole, une image, une rencontre fortuite ou simplement le monde réel qu’on ne peut pas toujours fuir impunément.

La campagne électorale vous fait rire ? Il y a de quoi. Elle se déroule à la marge. Elle est discrète, même s’il y a des mots autrement moins généreux pour la qualifier. Elle est sans panache. Personne n’attendait qu’elle soit flamboyante. Déjà que, par le passé, les élections ont rarement enthousiasmé… Ce n’est pas dans de telles conditions que ça va commencer.

Vous pouvez baisser la tête quand vous passez à côté des panneaux d’affichage mais ils sont là, vous risquez même de rentrer dedans, à vos risques et périls. Il y a des candidats avec des chemises vertes, des candidates potiches sans visage et des slogans de campagne à vous faire gerber. Mais le 12 juin, il y aura une élection et, entre-temps, on aura annoncé la fin de la campagne. Comme dans la vraie vie, il y aura des résultats, peut-être bien des dénonciations de fraude, des recours, une nouvelle Assemblée et des députés en ensemble d’été beige. Vous pouvez ne pas les voir mais ils seront là.

Cette manche, là, au moins, ils l’ont gagnée, sans même livrer bataille.

Source : Le Soir d’Algérie

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