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Publié par Saoudi Abdelaziz

Photo DR

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Selon ses confrères de l'UNOP, "Nabil Mellah a toujours été un défenseur acharné du développement de la production pharmaceutique nationale. Il a été au cœur du combat qui a conduit, au cours des années 2007 et 2008, à l’interdiction d’importation de tout médicament fabriqué par une entreprise locale algérienne»

AFFAIRE NABIL MELLAH : l’Union nationale des opérateurs de la pharmacie (UNOP) témoigne son soutien et rappelle les engagements de l’accusé

Par Djamila Kourta, 12 mai 2021

L’incarcération de Nabil Mellah, directeur général des laboratoires Merinal, un des plus importants groupes pharmaceutiques en Algérie, a suscité de l’émoi au sein de la corporation où il est connu pour son engagement et son combat pour que les patients algériens aient accès aux médicaments au même titre que tous les citoyens du monde.

Son projet d’usine de fabrication des produits d’oncologie sur ses propres fonds, qui est en cours, est l’exemple de cet engagement sans oublier la bataille menée pour sauver la vie de dizaines de nourrissons nécessitant un lait spécial (sans phenylalanine) qu’il avait importé et cédé gratuitement. Comme il n’a pas lésiné sur les moyens lors de la pandémie de Covid-19 pour mettre gratuitement à la disposition des hôpitaux, notamment les services de réanimation, des équipements médicaux, tels que le dispositif CPAP nécessaire pour les patients intubés, permettant de réaliser une ventilation spontanée administrée.

Cette fois, il «n’échappe pas au fisc» pour avoir vendu à la PCH, dans le cadre d’un appel d’offres international pour le programme 2019-2020, un médicament immunosuppresseur Imurel moins cher que son prix à l’importation. Un médicament princeps aligné au prix du médicament générique a permis de changer la vie de centaines de malades atteints de pathologies graves.

Depuis sa mise sous mandat de dépôt après avoir été déféré devant le tribunal de Sidi M’hamed dimanche, des témoignages, des messages de soutien et des réactions sont diffusés sur les réseaux sociaux rappelant les qualités humaines de l’homme qui ne sait pas dire non et du professionnel qui, durant des années, a défendu la production nationale en plaidant pour une réglementation «claire» et «juste», alors secrétaire général puis président de l’Union nationale des opérateurs de la pharmacie (UNOP). Une large campagne de solidarité avec Nabil s’est vite constituée sur les réseaux sociaux.

Dans un communiqué rendu public dans la soirée de lundi, l’UNOP affirme avoir pris connaissance que Nabil Mellah a été placé sous mandat de dépôt. «Nous ne nous prononçons pas, à ce stade, sur les accusations dont il fait l’objet et que nous ignorons, dans une affaire par ailleurs couverte par le secret de l’instruction», souligne le communiqué. Et de signaler qu’«en revanche, nous pouvons attester que, dans le cadre des fonctions qu’il a assumées au sein de notre association, Nabil Mellah a toujours été un défenseur acharné du développement de la production pharmaceutique nationale. Il a été au cœur du combat qui a conduit, au cours des années 2007 et 2008, à l’interdiction d’importation de tout médicament fabriqué par une entreprise locale algérienne». C’est ce combat, poursuit le communiqué, qui a donné «l’impulsion décisive à notre activité et qui a fait qu’il existe aujourd’hui dans notre pays une industrie pharmaceutique solide et performante, couvrant plus de 60% des besoins du marché national du médicament».

L’Unop rappelle que l’entreprise «Merinal a consenti de lourds investissements dans la production locale et a créé des centaines d’emplois. Ses projets déjà réalisés et en cours en font un des premiers fabricants pharmaceutiques nationaux, fortement engagé dans le sens de la réalisation des objectifs nationaux de réduction de la facture des importations et de promotion des exportations des produits pharmaceutiques». Et de signaler que lors de la dernière campagne de solidarité organisée par les autorités publiques face à la pandémie de Covid-19, «l’entreprise Merinal a été en toute première ligne : la valeur financière de ses contributions, de différentes natures, a dépassé les 140 millions de dinars». Et de réaffirmer son entière «confiance dans la justice algérienne qui saura établir, à brève échéance, la vérité complète quant aux faits précis qui sont reprochés à notre collègue».

Le directeur général du Salon international de la pharmacie, qui a exprimé son soutien sur la page Facebook du Siphal, parle d’un homme de principes qui «a construit une entreprise citoyenne dont le service rendu aux usagers de la santé en Algérie n’a d’égal que la qualité imprimée à ses productions. Doit-on rappeler que c’est parce que Nabil ne tolérait plus de constater la souffrance des cancéreux face aux diverses pénuries et ruptures que Merinal a investi dans une usine d’oncologie sur ses deniers propres, projet qui à ce jour peine à voir son aboutissement», écrit le directeur du Siphal.

Il a souligné que «par ces prouesses, Merinal est devenu sur de nombreux marchés le porte étendard de l’industrie pharmaceutique algérienne. Puisse les autorités en charge de ce secteur lui en savoir gré». Et d’appeler la corporation «à soutenir Nabil, un homme qui n’a jamais fait l’économie de son patriotisme ni caché son idéal d’une Algérie humainement victorieuse, celle dont nous rêvons tous» et «à espérer fortement que sa libération soit la plus immédiate possible».

De nombreux autres témoignages de journalistes, de pharmaciens, d’amis et de médecins ont été publiés, en soutien à Nabil Mellah, demandant sa liberté.

Source : El Watan

 

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