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Publié par Saoudi Abdelaziz

Par M'Hamed  Rebah, 26 mai 2021. 

Photo DR

Depuis quelques années, l’alerte lancée en Algérie concernant les effets négatifs du changement climatique- températures de plus en plus élevées et pluies de moins en moins fréquentes-  rejoint le constat inquiétant fait presque partout dans le monde. Le pessimisme qui marque les scénarios établis pour le futur, par nos experts, est le même que dans les autres régions de la planète : les évènements climatiques extrêmes vont aller en s’accentuant.

Ces derniers mois, en Algérie, le risque de sécheresse s’est accru dans certaines régions et d’autres ont connu des inondations meurtrières, sans atteindre, heureusement, les dimensions enregistrées en novembre 2001, à Bab El Oued où la violence des pluies combinée aux erreurs d’aménagement et à l’urbanisation anarchique– pas de respect de la réglementation et pas d’infrastructures de protection- ont conduit à la catastrophe (près de 800 morts et 125 disparus, 432 blessés, 15 000 sans-abri, et des dégâts matériels estimés à 33 milliards de DA).

Pour autant, ce drame n’a pas hâté la mise en place de stratégies adéquates en vue de réduire cet impact du changement climatique.

En janvier 2021, le directeur du Centre climatologique national (CCN qui relève de l'Office national de la météorologie), Sahabi Abed Salah, appelait encore à développer des stratégies pour faire face aux effets négatifs du changement climatique.

Les discours officiels n’ont pas manqué durant les vingt dernières années autour de la problématique de la prévention des inondations, annonçant des procédures légales et des mesures pratiques destinées à protéger les zones vulnérables, et l’affectation de budgets conséquents. Sans suite.

Les correspondants régionaux des journaux décrivent à peu près la même situation dans les localités traversées par un cours d’eau : « La hantise des inondations refait surface à chaque début de la saison des pluies. Dès que le ciel se charge de nuages menaçants, les gens retiennent leur souffle de peur que leurs habitations et autres biens ne soient envahis par les eaux, portant atteinte à des vies humaines » (Le Quotidien d’Oran 14 septembre 2020). De gros budgets sont consacrés aux travaux d’aménagement et au curage d’oueds et à l’éradication des constructions illicites érigées le long des berges, mais cela ne met pas fin aux inondations.

Pour la petite histoire, Jules Molina- un communiste d’Algérie, c’est ainsi qu’il se présente dans le titre de son livre sur ses mémoires, édité en 2020, à Paris- a raconté l’inondation survenue à Perrégaux (aujourd’hui Mohammedia, dans l’ouest du pays), à la fin de l’année 1927 à la suite de la rupture du barrage du Fergoug : « Les habitants ont été obligés de se réfugier dans des maisons à étage. De l’eau à perte de vue, quelques toits qui émergeaient et des cadavres d’animaux, des arbres, des objets en bois qui flottaient. L’eau était montée à 3 mètres de haute ».

A l’autre extrême, l’absence de précipitations a un impact direct sur l’agriculture.

Le directeur général de l’Institut technique des grandes cultures (ITGC), Mohamed El-Hadi Sakhri, a fait savoir que la production céréalière devrait enregistrer, cette année, une baisse à cause du déficit pluviométrique. Pour y pallier, le gouvernement a décidé de faciliter la délivrance des autorisations pour la réalisation des puits ou fonçage pour prélèvement des eaux souterraines.

Un chercheur de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) explique que le changement climatique menace le patrimoine génétique végétal du pays, ce qui risque d’accentuer davantage sa dépendance aux importations de graines de semences. Il préconise des mesures urgentes pour préserver les espèces locales et la diversité génétique, en priorité les variétés locales des cultures stratégiques telles les graines de céréales, les légumineuses alimentaires et les fourrages, dont dépend la sécurité alimentaire du pays.

Les pertes dues aux perturbations climatiques sont décrites dans un livre blanc sur l'impact du changement climatique en Algérie élaboré par le ministère de la Transition énergétique et des Energies renouvelables, mettant l’accent sur la consommation encore importante d'énergies fossiles.

En mars dernier, sur proposition de l’Algérie, le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'Union africaine (UA) a approuvé, lors d'une réunion au niveau des chefs d’Etat et de gouvernement, la création d’un fonds spécial pour la prise en charge des effets négatifs du changement climatique.

Dans la vie quotidienne des Algériens, le changement climatique se traduit dans le débit du robinet. Le programme de distribution de l’eau potable appliqué actuellement à la capitale comprend une coupure durant la nuit (de 20h à 7h), justifiée par l’insuffisance des ressources hydriques disponibles. Cette situation concerne également d’autres régions du pays.

Aux causes naturelles de la pénurie d’eau, s’ajoutent les problèmes de gestion des installations.

Le quotidien El Watan (19 mai 2021) a rapporté que la station de dessalement de l’eau de mer de Souk Tléta (Tlemcen), qui a coûté 251 millions de dollars au Trésor public, mise en fonction en 2011, avec une production initiale de 160 000 m3/jour, est à l’arrêt, depuis octobre 2019.

Les prévisions sur la disponibilité des ressources en eau laissent présager le retour aux longues coupures d’eau et au rationnement. Les signaux d’alarme succèdent aux propos rassurants : mardi 18 mai, le ministre, Mustapha Kamel Mihoubi, a laissé entendre que la capitale pourrait connaître, dans quelques mois, de nouveau, le rationnement dans l’alimentation en eau, après avoir affirmé dans une précédente déclaration, que « pour le moment, nous avons des réserves d'eau qui nous permettent d'assurer une alimentation régulière en eau potable jusqu'à l'automne prochain ». Il avait indiqué deux pistes pour éviter de graves perturbations : l’économie d'eau et une meilleure gestion des réserves. Tout un programme.

Source : realites-algeriennes-et-perspectives-du-socialisme.over-blog.com

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