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Publié par Saoudi Abdelaziz

Voici la traduction en français de la dernière chanson de Lounis Aït Menguellet, réalisée par son fils Tarik

LA MUSELIERE

Où que j’aille il est à mes côtés

Ce poème dont j’ai fait le compagnon

De mes joies, de mes peines

Il met du baume sur les mots

Il est mon camarade de toujours

Qui jamais ne me laisse esseulé

À mes côtés il se tient

À l’ombre comme à la lumière

Il est présent dès que je le sollicite

Mettant de la justice dans l’arbitraire

Il met de l'harmonie dans la vie

Se manifestant au moment opportun

Aujourd’hui, j’ai demandé au poème :

Que penses-tu de tout ça ?

Il me répondit : Peux-tu bien préciser

Pour que je puisse mieux te conseiller

En moi, tu trouveras tout ce tu veux

Et ce dont tu as le besoin

Choisis ce qui te convient de garder

Ce qui te chagrine, tu peux l'effacer

Le monde est empli d’embûches

D’obstacles de toutes sortes

De ce qui emplit et ce qui désemplit

Prends ce qui te plait

Je commencerai en te remerciant

De ce que tu es conciliant

En ce jour je veux avoir ton avis

Sur cette maladie porteuse de malheur

Elle est arrivée déconcertante

Personne ne l’attendait

Si seulement nous pouvions la voir

Pour la mettre sous bonne garde

De tous les maux qui nous sont connus

Aucun ne nous a épargnés

Pourtant il semble que ce mal nouveau

Sera conté de génération en génération

Cette nouvelle affection

A mis le monde sur un même pied d’égalité

Qu’on soit prospère ou indigent

D’un masque elle nous couvre le visage

Nous nous ressemblons tous à présent

Pareils au troupeau soumis au berger

Nous nous rappelons hier

Avec l’impression d'un souvenir lointain

Il ne manquerait plus que l'on se grime

De lunettes noires

Nous ne reconnaitrons plus nos proches

Et nous leur serons des inconnus

Ce masque pareil à une muselière

Depuis 1962 nous est familier

Nous l’arborons années après années

Laissant les uns debout d’autres à terre

Nous espérons un profit du néant

Nous espérons de lui une éclaircie

L’espoir refuse de nous abandonner

Tant qu’ils nous lavèrent les cerveaux

Celui-là est venu mettre de l’ordre

Et nous soulager de nos tourments

En plus du masque il ajouta le mors

En attendant de nous bander les yeux

Ah, poème, cesse de t’éparpiller

Nous nous éloignons du sujet

Occupons-nous de ce nouveau fléau

Et laisse le mal ancien si familier

Nous souhaitons pourtant que les autres nations

Celles qui ont coutume de liberté

Puissent goûter même si peu

D'avoir un bâillon en travers des lèvres

Nul vaccin pourtant

Ne pourra défaire ces liens

En silence nous assistons au bouleversement

Simple spectateurs d’un dénouement incertain

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