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Publié par Saoudi Abdelaziz

Par Rédaction TSA, 26 Avril 2021

Le rebond des contaminations au Covid-19 inquiète le Dr Lyes Merabet, président du Syndicat national des praticiens de santé publique (SNPSP). Un contexte sanitaire défavorable qui coïncide avec une campagne de vaccination anti-Covid qui peine à démarrer, s’alarme-t-il. Entretien.

Comment évaluez-vous la situation sanitaire liée au Covid-19 en Algérie ?

Il est clair que la situation est en train de se dégrader. On ne peut pas dire le contraire. Les chiffres qui sont annoncés officiellement par le ministère de la Santé ne peuvent pas refléter la réalité, parce que nous savons qu’il y a une déficience en termes de dépistages par PCR et d’autres moyens comme la sérologie.

Un débat sur lequel beaucoup d’intervenants ont insisté au début de la pandémie. Maintenant, c’est un état de fait.

La situation est en train de s’aggraver par rapport aux chiffres des contaminations qui sont en nette progression. On est dans cette situation depuis trois semaines, ce qui signifie que l’infection est en train de se diffuser à grands pas, y compris avec les variants nigérian et britanniques qui ont été isolés chez nous.

Dans le dernier bilan officiel de l’Institut Pasteur d’Algérie (IPA), on a quand même recensé plus de 160 nouveaux cas du variant nigérian et plus d’une soixantaine du variant britannique.

Ce sont des éléments à prendre très au sérieux. Sachant que ce qui caractérise ces nouveaux variants c’est leur vitesse de contamination et leur taux très élevé de contagiosité.

Quelle est selon vous l’explication d’une telle situation ?

Je pense que ces éléments trouvent leur explication dans le relâchement général que nous constatons sur le terrain, du fait que les mesures barrières et les protocoles sanitaires ne sont plus respectés.

En matière de communication et de sensibilisation, je pense qu’on a baissé les bras. On ne communique plus ou pas assez. Le travail de sensibilisation a été relégué au second plan, depuis un moment. Notamment avec l’entame de cette campagne de vaccination anti-Covid, qui malheureusement on le dit avec beaucoup d’amertume, n’arrive pas à décoller.

Elle n’arrive tout simplement pas à s’installer dans l’espace sanitaire déjà, par rapport aux professionnels que nous sommes, et l’espace plus large public et national en raison des contraintes liées à la disponibilité des vaccins et les quantités que nous avons reçues.

Jusqu’à présent nous en sommes à 500.000 doses qui suffisent tout juste pour couvrir 250 000 personnes, alors que les objectifs pour cette campagne tournent autour de 17 à 20 millions d’Algériens à vacciner.

On est loin du compte, d’autant plus qu’il n’existe pas de calendrier d’arrivages qui soit respecté. J’espère que cette situation va être rattrapée très rapidement. Les hautes autorités, qui sont assez sensibilisées par rapport à cette question, sont amenées à prendre des mesures et à entamer des démarches diplomatiques pour débloquer cette situation. Il y va de la sécurité de tous et de l’intérêt de notre pays.

Que préconisez-vous ?

On doit réussir la campagne de vaccination mais en attendant, l’essentiel à faire c’est de revenir à la sensibilisation et la communication.

Le ministère de la Santé en tant que tutelle, a une responsabilité importante dans ce travail. A la fois pour l’encadrer et l’accompagner avec les supports qu’il faut, avec le langage adéquat afin d’expliquer et de rassurer.

D’autant qu’il y a aujourd’hui beaucoup de questions au sujet des nouveaux variants. Il faut expliquer l’intérêt de cette vaccination mais surtout des moyens de protection car quel que soit le variant, la démarche préventive demeure l’application des mesures barrières et des protocoles sanitaires qui ont été décidés pour chaque secteur.

Source : TSA-Algérie

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