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Publié par Saoudi Abdelaziz

Par Lynda Abbou, 11 mars 2021. RadioM

Dans son dernier numéro, la revue El Djeich a attribué la revendication et slogan phare du Hirak « Dawla madania machi aâskaria », (Régime civil et non militaire), à un courant particulier avec un retour au spectre des années 90. Contacté par radio M, la politologue Louisa Driss Ait Hamadouche a analysé commentaire de l’institution militaire titré « Réalité de Madania machi aâskaria».

 

Pour la politologue, il s’agit d’un article qui ne respecte pas toutes les règles de l’écriture éditoriale sur le plan de la forme. « l’usage de la première personne du singulier « je » et de la première personne du pluriel « nous », suscite des questions quant à l’auteur » a-t-elle expliqué.

Dans le fond, « il s’agit d’un texte extrêmement agressif en apparence mais qui semble traduire une position défensive. Celle-ci apparaît clairement dans le fait que l’auteur ne cesse de justifier et rappeler ce que l’institution militaire a accompli. Cette justification répétitive traduit une posture défensive » note l’enseignante universitaire.

« Si nous remontons au passé récent, précisément à la décennie noire, nous constaterons que le Front islamique du salut dissout et ses ramifications terroristes ont été les premiers à adopter ces slogans pour nuire à l’ANP et porter un coup au lien fort historique entre cette dernière et le peuple algérien » rapporte la revue El Djeich.

La politologue trouve que le slogan en question « peut difficilement être attribué à un courant particulier. Il s’agit d’une revendication qui tire ses références politiques et philosophiques de la primauté du politique sur le militaire. Ce n’est pas un slogan qui s’oppose à « djich chaâb khawa khawa », mais au contraire qui le complète. Car in fine, le soulèvement populaire veut sauver son institution militaire (des) luttes politiques qui la menacent ».

Louisa Driss Ait Hamadouche indique également que le « retour (du pouvoir ndlr) au spectre des années 90 n’est pas nouveau. C’est le discours utilisé depuis le début des années 2000 ». D’après elle, l’usage récurrent de ce répertoire peut s’expliquer par trois raisons ; d’abord parce qu’il a fonctionné jusqu’en 2019. Puis « les gouvernants pensent que la seule façon d’arrêter le Hirak est de le diviser pour le casser ». Enfin « les gouvernants ne parviennent pas à trouver ou à s’entendre sur une stratégie de sortie de crise rationnelle et salvatrice ».

« Remettre sur le devant de la scène le FIS dissout est la démonstration de la situation défensive. Parler du FIS en 2021 c’est reconnaître l’incroyable échec des pouvoirs publics qui vantent depuis plus de 20 ans les mérites de la lutte antiterroriste et de la politique de réconciliation. Cela remet en cause tout le répertoire discursif sur 20 ans de stabilité, de succès politiques et sécuritaires. L’utilisation du parti dissout comme une menace actuelle est contre-productive » souligne l’enseignante de science politique.

Quant au passage de la revue EL Djeich qui note qu’il « n’est point surprenant de faire face aujourd’hui à des organisations terroristes islamistes solidaires avec le courant de gauche, les laïcs ou même les «Ahrar» qui veulent une démocratie oligarchique...Que signifie le fait que les ennemis historiques et éternels, dont les idéologies et objectifs diffèrent, s’unissent contre l’institution de l’Armée nationale populaire ?  », la politologue fait savoir que « le fait d’évoquer une extraordinaire alliance entre islamistes, gauchistes, laïcs et oligarques remet en cause tout ce que les sciences politiques peuvent nous apprendre. C’est une accusation qui semble difficile à étayer autrement que par la théorie du complot qui permet le tout et son contraire ».

https://www.mdn.dz/site_principal/sommaire/revues/revue_el_djeich_fr.php?fbclid=IwAR3lz0Ddl6aOvcy4Z3GDSdH1lSnL6VhKKNQdI8fg1lA8rTohQstvPskrK_4

Source : Radio M

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