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Publié par Saoudi Abdelaziz

Le président américain, Joe Biden, a annoncé, jeudi 4 février, la fin du soutien américain aux opérations de la coalition menée par Riyad dans la guerre au Yémen. Dans son premier discours de politique étrangère au département d'État, il a martelé :  "Cette guerre doit cesser ». Il a ajouté : « Et pour souligner notre détermination, nous mettons fin à tout soutien américain aux opérations offensives dans la guerre au Yémen, y compris aux ventes d'armes ».

Dans un récent « décryptage consacré au rapprochement entre Doha et Riad, la chercheuse universitaire Lina Kennouche concluait sur « La fin du dilemme géopolitique des États-Unis ».

« Au final, quelles que soient les dispositions de l'administration Biden à l'égard de Riyad, la nouvelle équipe a un intérêt déclaré à réduire la tension régionale et ne peut que voir d'un bon œil la réconciliation.

Depuis les printemps arabes, c'est un antagonisme opposant des sunnites à d'autres sunnites qui a, en effet, incarné la confrontation principale à l'échelle du monde musulman, comme l'analyse l'écrivain iranien Hussein Agha qui déconstruit, avec pertinence, la thèse dominante d'une polarisation régionale selon un axe sunnite/chiite. Aujourd'hui, pour se concentrer sur le défi stratégique chinois, Joe Biden espère une baisse de l'intensité des conflits entre ses alliés du Golfe.

La rivalité de puissance sino-américaine est au cœur de la stratégie du nouveau président, qui se déploie sur deux axes : l'investissement dans les alliances et les partenariats pour faire face à la confrontation avec Pékin ; et la conduite d'une politique étrangère favorable aux intérêts des classes moyennes, autrement dit qui restaure la puissance économique des États-Unis.

Mais cette stratégie globale des États-Unis ne peut ignorer les intérêts du complexe militaro-industriel américain qui continue de peser sur les orientations de la politique étrangère de Washington, malgré les années d'interventions coûteuses aux retombées désastreuses.

Pour l'ancien diplomate de carrière et nouveau chef de la CIA sous Biden, William Burns, il est devenu impératif de surmonter le dilemme géopolitique américain entre militarisme et isolationnisme. Actant, dans un article du 14 juillet 2020, de l'échec de l'approche militaire et sécuritaire du monde qui a conduit à l'érosion du soft power, il argue de l'impérieuse nécessité de réinventer la politique étrangère américaine. Les États-Unis ne peuvent ni succomber à la pulsion isolationniste, ni céder à la tentation de la restauration d'une politique militariste dans un environnement stratégique profondément modifié. Ils doivent revenir au multilatéralisme pour se focaliser sur leurs propres défis stratégiques... un multilatéralisme qui serait toutefois au service de leurs intérêts exclusifs. Il convient d'avoir toujours cet élément à l'esprit lorsque l'on analyse leur politique dans le Golfe et l'impact de celle-ci sur les pays de la région.

Texte intégral : The Conversation

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