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Publié par Saoudi Abdelaziz

En novembre 2018. Photo DR

En novembre 2018. Photo DR

Poursuivant la politique de ses prédécesseurs, Le ministère du travail refuse l’agrément de la Confédération syndicale algérienne. Le précédent refus a eu lieu en février 2019, quelques jours avant le déclenchement du Hirak. Créée en 2018 par 13 syndicats autonomes, la CSA représente déjà environ dans les faits quatre millions de salariés. Le gouvernement actuel maintient donc la ligne du système de pouvoir  "par courroie de transmission" appliqué par Bouteflika et aujourd'hui par Tebboune, attribuant depuis l'indépendance à la centrale UGTA le monopole de représentation des salariés algériens.   

Survol

Le 1er décembre 2017. Meziane Meriane, dirigeant de l'un des syndicats autonomes constitués en Intersyndical  annonce"Désormais, le moment est venu pour faire un pas de plus en avant. En effet, l’idée d’une confédération émerge peu à peu. Ainsi, il se pourrait que l’intersyndicale donne naissances à une confédération dont les assises vont se tenir probablement durant le mois de décembre. Pour le moment, seule celle de l’UGTA existe. Il est donc temps d’avoir au moins deux ou trois centrales syndicales".  El Watan

10 novembre 2018. Lyes Merabet, président du Syndicat national des praticiens des Santé publique (SNPSP), explique le programme de la CSA.

Comment sera articulé le plan de travail de cette confédération ? Quelles seront ses priorités en termes de revendications des droits des travailleurs ?

Lyes Merabet. Pour l’essentiel, je dirais que relever le défi et concrétiser l’objectif de la création d’une nouvelle confédération syndicale à côté de l’UGTA serait déjà un exploit. Dans l’urgence, il y a la plateforme de l’Intersyndicale qui reste intéressante et qu’on pourrait actualiser.
Il s’agit notamment de la défense des libertés syndicale et du droit de grève, d’établir les voies d’un véritable dialogue social entre le gouvernement et les organisations syndicales représentatives des travailleurs, d’améliorer et de protéger le pouvoir d’achat des Algériens, de préserver le droit acquis des travailleurs algériens pour une retraite proportionnelle ou sans condition d’âge après 32 ans de cotisations, participer concrètement à l’élaboration du nouveau code du travail.
Le but recherché à travers cette union des syndicats autonomes est de constituer un contrepoids aux politiques du gouvernement et aux plans d’action du patronat représenté, lui, par plusieurs fédérations et confédérations dans le seul espace de dialogue social que constitue la tripartite dont les syndicats autonomes sont constamment exclus.

Appréhendez-vous des obstacles visant à faire échouer cette initiative ?

Certainement. On s’attend à rencontrer des difficultés dans la concrétisation du projet. Les conditions de l’exercice syndical ont évolué dans le bon sens dans beaucoup de pays ces dernières années et le concept du dialogue social a été consacré par l’assemblée générale de l’Organisation mondiale du travail comme un indice de bonne gouvernance. Il n'est pas question pour nous de suggérer à l'autorité compétente des raisons éventuelles qui pourraient motiver un refus.
Nous nous sommes attelés au respect strict des dispositions réglementaires prévues par la loi 90-14 dans l'esprit des conventions internationales ratifiées par notre pays, notamment la convention n°87 de l'OIT.

Quelle appréciation portez-vous sur le projet du code du travail ?

En fait, on est au stade de l’avant-projet. Je rappelle que l’ex-ministre du Travail nous l’a remis officiellement le 29 janvier 2017 avec l’engagement ferme de travailler en concertation pour finaliser de manière consensuelle un projet de texte de loi. Son départ a remis en cause tout ce processus et, depuis, plus aucune information n’est donnée sur le nouveau code du travail. Objectivement, la mouture de l’avant-projet que nous avons remise en cause entrave le droit syndical et le droit de grève.
Ce texte prône plus de flexibilité dans l’emploi à travers la généralisation de l’emploi précaire et individualisé (contrat à durée déterminée), l’introduction de facilitations pour le travail des enfants dès l’âge de 16 ans et même à 6 ans dans certains cas, en plus des insuffisances en matière de protection des travailleurs contre toutes les formes de harcèlement et le licenciement.

Quelles sont les revendications urgentes du monde du travail actuellement ?

Concrètement, il faut commencer par l’amélioration et la mise en place de mécanismes de protection du pouvoir d’achat.

Propos recueillis par Nissa Hammadi, 10 novembre 2018. Liberté

Source : blog

 

Confédération des syndicats autonomes : un poids lourd du syndicalisme algérien est né

Par Nordine Grim,  13 novembre 2018. ALGERIE-ECO

Treize syndicats autonomes viennent de réussir ce que les partis de l’opposition n’ont, à ce jour, pas pu réaliser: créer une confédération agissant au nom d’un ensemble d’organisations. C’est un événement d’une extrême importance appelé à changer à terme le mode de fonctionnement du syndicalisme autonome algérien qui gagnerait ainsi en puissance revendicative et en capacité de mobilisation.

Cette Confédération de syndicats autonomes, dénommée CSA, rayonnera dans pratiquement tous les secteurs d’activité économiques du pays, mais aussi, sur la fonction publique et ce, à travers tout le territoire national. Elle pourrait même avoir une certaine aura à l’international (notamment auprès de notre émigration en France, en Belgique et au Canada où elle est la plus nombreuse).

Dans sa configuration actuelle elle représente déjà environ quatre millions de travailleurs, brisant ainsi le monopole d’une Union Générale des travailleurs Algériens (UGTA) à la dérive mais qui continue à régner en maître depuis l’indépendance du pays à ce jour par la grâce des autorités politiques algériennes.(…) La création de cette confédération est si importante qu’elle a fait dire au sociologue émérite Nacer Djabi et très fin connaisseur du syndicalisme algérien que « cette organisation qui prend à contre-pied l’arrogance du patronat et l’allégeance au pouvoir, représente un poids lourd du mouvement syndical algérien. Elle sera capable de stabiliser et gérer toute défaillance, comme cela a été le cas en Tunisie, où la force de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) a contribué grandement à la stabilité du pays. » 

Source : Algérie-Eco

Du déni au mépris du droit syndical

Par Nouredine Bouderba, 6 février 2019

On apprend, aujourd’hui que, d'un coté, la délivrance du récépissé d’enregistrement de la déclaration de constitution de la Confédération des Syndicats Algériens (CSA - confédération regroupant des syndicats autonomes des salariés) vient d'être refusé par le ministère du travail sous un prétexte fallacieux et que, d'un autre coté, le FCE vient d'obtenir ce fameux récépissé d’enregistrement en tant qu'organisation syndicale. Et ce en en violation des dispositions légales.

Je dis en violation des dispositions légales car Le syndicat patronal FCE se voit délivrer un récépissé d'enregistrement en violation des articles 2, 3, 4 et 7 de la loi 90-14 qui régit l'exercice du droit syndical. Ce fameux récépissé qui est refusé à la CSA au mépris des mêmes dispositions légales sus citées.

A croire que celui qui a étudié les deux dossiers (FCE et CSA) les a intervertis.

Il faut préciser que la CSA a été créée, le 10 novembre 2018, par 13 syndicats ayant une existence légale et représentant des dizaines de milliers de travailleurs de différents secteurs, ayant, de surcroit, démontré une force capacité de mobilisation.

Il ne faut pas s’étonner lorsque l'on sait que l'opération menée en mars 2018 en vue de déterminer la représentativité des organisations syndicales des salariés et des employeurs s'est soldée par un compte rendu public du ministère du travail sur le nombre de syndicats des salariés représentatifs ou non mais pas un mot sur la représentativité des syndicats des employeurs.

Source : Facebook

 

 

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