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Publié par Saoudi Abdelaziz

17 février 2021

Certains animateurs du hirak se trompent incontestablement de cible. Peu importe les défauts de la direction actuelle, le FFS n’est pas l’ennemi à abattre. Or, on constate amèrement sur les réseaux sociaux des réactions inappropriées. Pire encore, certaines voix avaient ou ont un attachement avec le parti. Quant aux ennemis habituels, leur acharnement est routinier.

 

 

 

Quel est le point de départ ? Ces réactions sont justifiées par certains par la suite positive qu’a donnée la direction actuelle à l’invitation de Tebboune. Le plus facile serait évidemment de décliner l’invitation. Or, si la direction actuelle ne croit pas à la capacité du hirak –pour le moment, il n’est pas sur le terrain comme en 2019 –à transcender la crise, elle a le droit de proposer sa démarche. Dans tous les cas, l’autonomie des organisations politiques est une ligne rouge dans une démocratie.

Dans le fond, que reprochent ces animateurs du hirak à la direction du FFS ? Que la direction actuelle n’accompagne pas le hirak, alors que ce dernier n’est même pas sur le terrain ou à la recherche d’un second souffle. Et même s’il y a une divergence d’opinions, cela ne doit pas s’accompagner d’insultes. D’ailleurs, si ces animateurs veulent imposer un unanimisme, comme celui qu’a imposé le FLN entre 1954 et 1962, la révolution du sourire conduira indubitablement aux mêmes dérapages.

Est-ce que le pays a intérêt à reproduire les mêmes échecs ? La réponse est non. Ainsi, bien que leur radicalité soit compréhensible, la colère doit être dirigée contre le régime, responsable de la crise. Pour les amnésiques, pendant plusieurs décennies, cette radicalité a été portée par le FFS. Des dirigeants avertis au sein du FFS ont prédit que si le régime ne changeait rien à son hégémonisme, cette radicalité du FFS serait dépassée par celle de la société.

Malheureusement, ces alertes ne sont pas prises au sérieux. Par sa gestion chaotique, le régime a aggravé la situation. Aujourd’hui, le FFS parait comme un parti modéré. C’est le parallèle que l’on peut faire avec la première moitié des années 1950. Le PPA-MTLD, qui était classé comme une organisation dangereuse, a été dépassé par sa frange radicale, regroupé en 1954 au sein du FLN.

Et même si certains veulent brouiller les cartes, le terrain de lutte n’est pas le même. Et cette différence doit être rappelée. Si hier le peuple algérien faisait face à un colonisateur féroce, aujourd’hui, le combat est politique. À moins que certains excités songent à un autre plan.

Enfin, s’agissant de la famille FFS, les divergences internes ne peuvent se régler au sein du hirak. Ce serait une erreur de s’en prendre au sigle FFS, et ce, peu importe la démarche de la direction. Car, le problème remonte à avant le hirak. Cette direction devait être renouvelée en 2017. Dans quelques mois, la direction du FFS devrait finir son deuxième mandat, alors qu’elle est toujours à son premier. Or, certains militants qui critiquent la direction actuelle acceptent, eux aussi, d’être membres du conseil national alors que leur mandat est fini en 2017. Quant au hirak, il suffit que la mobilisation revienne au niveau de 2019 pour que ces problèmes de représentation ne se posent plus. Une chose est sure, la révolution ne se fait pas sur les réseaux sociaux ou en Occident.

Source : Le blog de AIT BENALI Boubekeur

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