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Publié par Saoudi Abdelaziz

« Le fait que ni le juge ni le parquet n’ont décidé d’ouvrir une enquête immédiate sur la base des propos de l’accusé montre qu’on peut tout faire, malgré le code pénal qui punit «tout fonctionnaire qui obtient des informations après des pressions psychologues et physiques».

Quand on est enfin en prison, on respire

Par Chawki Ammari, 4 février 2021

Novembre 2019, le jeune Walid Nekiche est arrêté lors d’une marche pacifique. Embarqué par la DGSI à Ben Aknoun, il y est maintenu en garde à vue sans que personne ne sache où il est et atterrit à la prison d’El Harrach après une semaine.

«Ses avocats l’ont trouvé complètement amoché», ils ont fait «des demandes pour désigner un médecin afin de constater les sévices qu’il a subis, demande rejetée par le juge d’instruction», explique Nabila Smaïl qui rejoindra le collectif de défense. Les avocats avertissent Walid, «il ne doit pas parler devant le juge d’instruction sans la présence de sa défense».

Sauf qu’il est déjà passé et sans avocat, il avoue tous ses méfaits, y compris le meurtre du président Boudiaf et le séisme d’El Asnam «de peur de retourner chez les enquêteurs», expliquera-t-il après avoir été convaincu qu’il ne retournera plus à la DGSI.

Toujours en prison, il repasse des mois plus tard devant un deuxième juge d’instruction à qui il avoue que ce qu’il a dit lors de la première audition était «faux, puisque c’est ce qu’on m’a demandé de dire, j’avais peur».

Il passe enfin en procès le 1er février 2021 où il réexplique au juge qu’il a avoué, parce que «torturé physiquement et agressé sexuellement» lors de sa garde à vue. Dossier vide, le procureur requiert quand même la perpétuité, mais le juge le libère avec 6 mois de prison contre 14 mois de détention préventive.

La torture est-elle encore pratiquée ? Le fait que ni le juge ni le parquet n’ont décidé d’ouvrir une enquête immédiate sur la base des propos de l’accusé montre qu’on peut tout faire, malgré le code pénal qui punit «tout fonctionnaire qui obtient des informations après des pressions psychologues et physiques».

Nabila Smaïl est catégorique : «La torture est prouvée, nous l’avons dénoncée», une plainte est déposée, jusque-là sans suite. Le président Tebboune, qui adore lancer des enquêtes, aurait lancé une enquête sur le cas Walid. Mais c’est loin d’être sûr et en plus il n’est même pas là.

Source : El Watan

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