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Publié par Saoudi Abdelaziz

Mardi 12 janvier. Place de la Rose des sables. Photo DR

Mardi 12 janvier. Place de la Rose des sables. Photo DR

Journée sous « très forte mobilisation policière », « dans un calme voulu pour éviter tout incident violent » écrit Houria Alioua, la correspondante d’El Watan qui rapporte l’événement sous le titre : « Ouargla : Une grandiose manifestation interpellant le président Tebboune » :

(...) « Appelée par un collectif de chômeurs, de regroupements informels de la société civile qui ont adressé un manifeste dit «des habitants de Ouargla» au président de la République, cette journée de mobilisation s’est déroulée sous une très forte présence policière, à travers les artères de la ville en cette première journée du calendrier amazigh chômée et payée, dans un calme voulu pour éviter tout incident violent.

Le rassemblement a été ponctué par plusieurs prises de parole dans la pure tradition des grandes manifestations de chômeurs de Ouargla de la dernière décennie, interpellant cette fois-ci le président Tebboune pour mettre fin au dossier épineux de l’emploi dans la wilaya.

A la tête des 19 revendications énumérées dans la plateforme lue et approuvée par l’assistance, l’ouverture d’une enquête sur la gestion de l’annexe de l’Anem de la wilaya de Ouargla, y compris son premier responsable dont le nom «est lié aux dépassements et irrégularités entachant la gestion de l’offre d’emploi, notamment durant la pandémie Covid-19».

Les manifestants, qui pointent l’absence chronique de ce directeur à son bureau, réclament son limogeage et son remplacement par une compétence locale reconnue.

Cette revendication concerne également les ramifications locales de l’Anem dans les daïras ainsi que les chefs de service et cadres administratifs et financiers de cette institution, en mettant un point final à l’opacité qui entache les inscriptions, la publication et les délais légaux impartis par le décret interministériel régissant le traitement de l’offre d’emploi via l’Anem, dont la délivrance frauduleuse des certificats de résidence et le détournement de l’usage du logiciel El Wassit qu’il faudra, selon eux, lier au système de gestion de la Caisse nationale des assurés sociaux, pour donner une chance aux vrais chômeurs, ainsi que l’instauration d’un dispositif de contrôle indépendant des mécanismes d’embauche, y compris les conditions d’âge, de niveau et d’expérience professionnelle, réclamant à Sonatrach plus de postes destinés aux chômeurs de la wilaya de Ouargla, de rendre publics les résultats des tests et mettre en application les instructions du Premier ministre concernant la destination de 70% des postes transitant par l’Anem de Ouargla.

L’enquête réclamée par les chômeurs s’étend au service de la main-d’œuvre étrangère, accusé de clientélisme et d’abus de pouvoir, mais aussi l’Inspection du travail en tant qu’instance de contrôle, «absente et de connivence avec les sociétés actives à travers la wilaya», étendant les accusations d’immoralité à la «îssaba», cautionnant le trafic d’influence, d’autorité et d’argent, comptant certains hauts responsables et élus de la wilaya. 

Source : El Watan

Les chômeurs reviennent à la charge.

C'est sous ce titre que Ghellab Chahinez rapporte l'événement dans Reporters

Photo DR

«Ouin raki ya adala wel issaba daret hala», « Massiretna dayma madam el issaba kayna», «Al-amal hak machrouu» sont les quelques slogans parmi d’autres qui ont été scandé par les manifestants.

Une escalade qui survient après l’achèvement du délai accordé aux autorités locales pour répondre à la plateforme de revendications, adressée par courrier le 8 décembre 2020 dernier, au wali d’Ouargla et aux autorités concernées par la voie hiérarchique. Les demandeurs d’emploi avaient, rappelons-le, réclamé dans leur requête l’ouverture d’une enquête aux fins de lever le voile sur les agissements, qualifiés de «douteux, d’ambigus et de carrément malhonnêtes», de certains acteurs de l’emploi, chefs d’entreprise pétrolière et toutes les institutions qui interviennent dans le domaine de l’emploi au niveau de la wilaya d’Ouargla, précise un des coordonnateurs du mouvement des chômeurs, Kamel Bouchoule, dans un entretien avec Reporters.

«Depuis l’envoi de notre courrier, aucune réponse de la part du wali ne nous est parvenue. La situation stagne, une génération brisée et l’avenir de centaines de jeunes de la région est en jeu. Il faut que ça change. On ne mendie pas un travail, on réclame un droit, notre droit», lance Bouchoule.

«Après plus de 32 semaines, et malgré la pandémie du coronavirus, de sit-in pacifiques et de grèves de la faim, aucun signe manifeste d’amélioration ou une lumière quelconque au bout du tunnel. Cette fois, les choses doivent changer», poursuit ce dernier. Des jeunes, inscrits à l’Anem depuis des décennies et qui franchissent la quarantaine, n’ont toujours pas été embauchés. «Des cadres supérieurs, diplômés de l’Institut des hydrocarbures, vendent des légumes et d’autres sont exploités par des privés dans des travaux de manœuvrier pour des salaires indécents dans une ville, située au cœur de la zone des hydrocarbures», dénonce-t-on.

Une situation difficile du fait de la concurrence de travailleurs venus du Nord, voire de l’étranger, et la gestion «douteuse» et «malhonnête» des offres et des recrutements au niveau des agences de l’emploi. Le chômeur, durant des années d’attente, oscille entre espoir et découragement. Toutes les formes de contestation ont été déployées allant jusqu’à la mutilation du corps dans le seul but de solliciter un poste dans une des 3 000 sociétés implantées sur le territoire de la wilaya.
Les solutions apportées jusqu’ici par les différents responsables qui se sont succédé à la tête de la wilaya étaient aléatoires et visaient beaucoup à calmer les jeunes en colère.

Un parcours qui date de plus d’une décennie. Rappelons que la «milouniya» de mars 2013 a constitué un moment charnière dans le mouvement des chômeurs dans la wilaya d’Ouargla, qui se sont révoltés contre leur exclusion du travail dans les compagnies pétrolières, la marginalisation et l’injustice dans le partage des richesses du pays. Aujourd’hui, les chômeurs de la wilaya d’Ouargla, souffrant encore de chômage, de marginalisation et de favoritisme, exigent la transparence dans la gestion des offres d’emploi et appellent à lutter contre la corruption au sein des agences locales de l’emploi et punir leurs responsables, qui ont fait du recrutement dans les sociétés pétrolières un véritable business.

Les manifestants ont exprimé, également, leur désarroi face aux mensonges, aux fausses promesses et leur exclusion du recrutement direct notamment des sortants des universités et des CFPA. Ils ont aussi dénoncé la bureaucratie et les pratiques abusives des entreprises nationales ainsi que des entreprises de sous-traitance, avec des salaires indécents et dans des conditions de travail difficiles. Seuls des postes de manœuvriers ou de petits boulots au niveau des caterings et de gardiennage sont offerts aux jeunes du Sud. Les manifestants poursuivent : «Beaucoup de travailleurs contractuels ou à travers les agences de sous-traitance ont perdu arbitrairement leur poste de travail et leurs salaires sous le prétexte du Coronavirus et sans aucun respect de leurs droits".

Reporters-dz

 

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