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Publié par Saoudi Abdelaziz

L’épidémie d’adjectivité se propage

Par Chawki Ammari, 5 janvier 2021

Soulagé et heureux, l’avocat, un civil, du général Toufik, a utilisé une nouvelle formule à l’issue du verdict du tribunal militaire de Blida pour «complot contre l’armée et l’Etat» : «La justice nouvelle de l’Algérie nouvelle» a conclu le défenseur pour qualifier l’annulation du premier procès contre les généraux Toufik et Tartag et les sergents Hanoune et Saïd.

Les dizaines de détenus d’opinion encore en prison pourraient rire de cette «justice nouvelle», s’il ne faisait pas si froid dans leurs cachots, car l’usage d’adjectifs, même nouveaux, n’est pas nouveau en lui-même, il s’agit souvent d’allonger les phrases pour gagner du temps et de mettre plus de lettres pour dire le moins de choses possible. Ainsi le coup d’Etat de 1965 est devenu un «redressement révolutionnaire», une phrase plus longue, des lettres en plus et un adjectif en terminaison pour donner une légitimité à l’opération qui ne l’est pas, du moins du point de vue civil.

Des procédés syntaxiques comme celui du président Tebboune à son intronisation avec la «Nouvelle Algérie», il faut bien vendre quelque chose à défaut de matière et de pratiques réelles, au moins une terminologie avec l’adjectif «nouvelle» pour l’Algérie, qui pour l’instant ressemble beaucoup à l’ancienne. C’est pourtant ce qui est nouveau, l’Algérie est reléguée en deuxième position alors que sa qualité «nouvelle» est annoncé dès le départ pour un nouveau départ, bien que pour l’instant théorique.

L’Algérie, République algérienne démocratique et populaire de son nom officiel, devient ainsi la Nouvelle République algérienne démocratique et populaire, soit la NRADP. Trop long, trop étalé, un adjectif suivi d’un nom, féminin, puis de trois autres adjectifs qui ne qualifient pas réellement la nature du régime. Surtout, on aura du mal à imaginer des supporters de football chantant : «One two three viva la nouvelle République algérienne démocratique et populaire». Ça ne rime pas et le temps de finir le refrain, le match est terminé.

Source : El Watan

 

Liberté et le Grand Hôtel

Ce matin dans un article de  Liberté intitulé « Grand Hôtel d’Oran Histoire d’une privatisation ratée » D. Loukil annonce : « Après une fermeture qui aura duré plus de dix ans, les grilles du Grand Hôtel d’Oran ont été rouvertes pour une opération de restauration annoncée par les pouvoirs publics ».

On peut lire : « Si aujourd’hui le Grand Hôtel d’Oran reste une référence, un patrimoine mémorial et historique, il est aussi pour un grand nombre d’anciens et de personnes du secteur du tourisme l’exemple-type d’une privatisation ratée ayant signé la mort de l’Hôtel. À partir de 2005, quatre tentatives de privatisation ont été lancées pour le Grand Hôtel. En vain. C’était la période où tout devait passer par les privatisations, dans une logique plus idéologique qu’économique, pour relancer le secteur public, donc ne répondant plus à la nouvelle stratégie des pouvoirs publics de l’époque. Durant cette période, les employés de l’hôtel ont vécu le calvaire, leur avenir étant constamment compromis par l’incertitude ».

Cette même année 2008, en décembre, voici la conclusion d’un article de fond signé par la  Rédaction nationale de Liberté: « Presque dix ans après le lancement de la première opération, la privatisation des hôtels en Algérie est une politique qui cherche toujours ses marques, tant que des réponses claires à des questions précises ne sont pas données. “Pourquoi privatise-t-on ?” est l’une de ces questions. Toutefois, tôt ou tard, l’État devra se débarrasser de la gestion de ces entreprises. Il est inadmissible qu’un État qui aspire à la modernité gère des lits, des couverts et des bars. Car rentable ou pas, l’hôtellerie n’est que cela ».

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