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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

 

Le Feuilleton du printemps littéraire sur El Watan a porté sur la création dramaturgique de Kateb Yacine. On sait que les pièces de théâtre du poète font désormais partie du patrimoine universel. Sans oser la formuler ainsi, la question du feuilleton c’est : « Les a-t-il écrit lui-même».  Témoignages, contre témoignage, mises aux point, commentaires de lecteurs. Watan a-t-il réussi son « coup » médiatique ? Zohra Djazouli n’en est pas convaincue. La philologue fut très proche du poète et de son œuvre. N’ayant habituellement pas froid aux yeux, elle résume son opinion : « Ce ne sont que « watanneries » sonnantes et trébuchantes »

Nous avons récupérés ses réflexions sur cette polémique médiatique. Nous les mettons en ligne avec les polices et les corps d’origine. Post motem, Kateb Yacine fait feu de tout bois

 

 

 

 

Nous rappelons ici d’autres épreuves racontées par lui, avec « un citron entre les dents » lancé à la face de La Muse vénale  

 

 

Par Zohra Djazouli

 

 

 « Je fus mangé par le cœur, puis par la tête, cuit dans le vin, et enfumé pour être servi plus tard, délicieusement refroidi, dans les herbes sacrées, à des divinités qui venaient de fort loin. (…)

        L’œuvre en fragments page 226,

  

Extrait de Un long rêve et un coq rôti

 «  Mais son absence lui nuit / Car les autres poètes / Veulent lui voler sa peau / Sous prétexte de l’avoir perdu de vue »

[publié le 1er février 1965 dans Les Cahiers de l’Orient, Beyrouth. Kateb a 36 ans, l’Algérie entame la 3èmeannée de son indépendance

*  *  *

 

 

Mais… 

Y a-t-il un ‘cas’’ K.Naï..?

_ Quelle est sa Profession ?

_ Heu… Marchand de confusion.

_ C’est son affaire d’affairiste, 

_ Et peut-être celle du CRASC :

--- Ho ! Ho !... Les Conteurs sont à zéro

Et ne volent que sur Tapis chargés d’euros…

 

Par contre, il ne faut prendre les Enfants des Numides , Massyles ou Massaéssyles, pour des <<aveugles-sourds et muets>>, ni pour des mangeurs de lotos –amnésiques et sans la moindre archive depuis  La Guerre de 2000 ans, ni pour des << Yaouled : Ciré, M’sieur>>, ni pour des Zouaves :  « Pan, pan ! L’arbi ! Les chacals sont par ici ! » [chanson militaire à la française, XIXème siècle], ni pour des porteurs d’encens…

Aussi bien, prendre la parole pour éberluer un journaliste (peut-être de bonne foi ‘(J)’ et déblatérer sur la genèse de Mohammed, prends ta valise (son autre titre étant Le Pain amer, amèrement gagné en terre de France – bleu marine…), c’est s’embourber dans un lamentable, un ignoble mensonge : Gare à la Crue populaire, Mr Kaen (sans h bien sûr, ni accent compliqué ou complexe).

  

Description de cette image, également commentée ci-après

  

Reste le plus grave :

Vous êtes surtout obnubilé (et vous n’êtes pas le premier à souffrir  de cette méchante ‘’fièvre’’, depuis l’Automne 1989, année de la mort de Kateb) par le besoin de le ‘’salir’’…

 

__ Dans ce cas précis, vous crèverez à la tâche. Vous vous briserez les jarrets à l’aide de votre propre canne, et éventuellement celle –plus expérimenté ! du CRASC… 

 

 

Piètre et misérable entreprise d’entrepreneur en déroute, distillée au compte-gouttes et parfumée au laurier-rose… Nous en laissons la responsabilité aux Chiens du Douar*

       [*pièce inspirée au jeune Kateb, lecteur infatigable et « nomade dans le sang » du Temps et de l’Espace ],  lesquels chiens furent surpris en plein sommeil par d’autres Chiens assis sur leur natte, comme s’ils avaient oublié qu’autrefois ils avaient été Don Quichotte & Sancho Pança, assis comme des Gardiens de Nuit, et immortalisés par Cervantès dans l’une de ses Nouvelles exemplaires, la plus exemplaire de toutes :

 

  

« «    Le COLLOQUE DES CHIENS

       

Nouvelle et colloque  qui eut lieu entre Scipion et Berganza ,

        Chiens de l’hôpital

        De la résurrection,

   Qui est en la cité de Valladolid,

        Hors la porte du campo,

             Lesquels chiens

       Sont communément appelés

           « Chiens de Mahudes » 

     

 

Ouah ! Ouah !... Nous aboyons semaine après semaine, à longueur de colonnes et de portraits (3 photos en Une, sans oublier la couleur des ré-vé-la-tions !!!  La photo de Kateb a par contraste été bien choisie [Photos ; D.R.] : visage pâle et fatigué de Sioux et Keblouti…) Certains aboiements deviennent répétitifs, comme s’il fallait atteindre les tympans coûte que coûte : nous, les Chiens, nous aboyons (telle est notre nature et notre condition de Chiens), mais La Caravane est sourde… Intolérable, car en matière d’aboiement(s), nous sommes les rois du Coffre et du coffre-fort planqué, (<<Oua-tannerie>> oblige !) dans de hideux sacs noirs qui sentent le laurier-rose –{Noms vernaculaires (8 !) : Defla, ilili, elal, thalilit, alidji, anidj, anini, ariri. // En 1808, durant la campagne d’Espagne sous Bonaparte, des soldats moururent après avoir fait rôtir des agneaux sur des broches de laurier-rose lors d’un bivouac. (…) Certains de ces soldats étaient alors dirigés par un troupier nommé Bugeaud. Et ce Bugeaud fut miraculeusement épargné, peu-être parce qu’il était occupé à terminer une Lettre*  à sa sœur, après le siège de Lerida, en Catalogne : -« un bon journaliste doit être en mesure de retrouver cette Lettre dans l’Œuvre de Charles-André Julien » }

   

 

Donc,… << Mais Où Est Donc Or Ni Car ?>>--- Re-devenons sérieux ! Cqr (c’est notre destin !), à Alger, nous sommes sérieux, pas comme à Paris – la ville la moins gaie du monde, disait l’Ami M’hamed Issiakhem dont la Charge d’humour noir étincelait même sous le soleil le plus noir, qu’il faisait parler à ses moments. Il voulait –sincèrement et smplement dire ; -« Nous sommes différents. Quant à nos Intentions, elles ont toujours été majestueuse, plus de deux millénaires le prouvent.

 

__ Kateb Yacine a-t-il besoin de <<thuriféraires>>* depuis le 1er novembre 1989, date de son enterrement ? -* Quel mot savant (tiré d’un latin pur et dur, puis d’un français à bout touchant, à la Molière, enfin d’une francophonie (aux mille piques et poignards brandis par les sempiternels Bourgeois sans culotte aujourd’hui nostalgiques d’un roi-soleil qui les aiderait à  régenter le Monde -Quart et Tiers, car l’art de vivre à la française n’a pas d’équivalent, ni au Brésil, ni en Russie, ni en Inde, ni en Chine, ni chez les Papous ni au Maccu Pitchu,  etc…. )

 

 

Kateb avait-il besoin de porteurs ou porteuses d’encensoir ?

  

ABSOLUMENT PAS.

 

Son Oeuvre/Vie est à jamais incrustée dans l’âme et dans la Force de son peuple. Elle a pour nom Nedjma, l’Algérie pour laquelle il s’est coupé en quatre –{ Lakhdar/ Rachid/ Mourad Mustapha et tous leurs Sosies, ceux du combat immémorial}, son pays pour lequel il s’est sacrifié et battu jusqu’à son dernier souffle. Que voulait-il pour son pays « trop beau et trop grand pour qu’on le laisse être lui-même » ? Toute son Œuvre de Forçat de la vérité et de la mémoire est arc-boutée sur l’Histoire la plus profonde, la plus <<oubliée>>, la plus lointaine de son peuple, au moins sur 2000 ans…

 

C’est en cela que Kateb // Oeuvre et Vie fait peur, à partir de sa tombe…

 

A qui fait-il peur ? Et pourquoi ?...

 

Il fait peur à l’homme de peu, à l’hypocrite, au menteur, bref à celui (ou celle) qui dispose d’une panoplie de masques pour maquiller la réalité de  ses intentions.

 

 

Donc, la solution pour ses ennemis est toute trouvée : <<glosailler>> à sa place pour bon nombre de <<Thésards>> - perroquets ; ou bien –carrément- le diffamer au compte-gouttes auprès d’une jeunesse algérienne, née l’année de sa mort, et avide environ un quart de siècle après, de s’emparer de son Œuvre poétique, théâtrale, militante et journalistique.

 

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Nous le répétons avec force : que voulait Kateb pour son pays ?

Très exactement ce à quoi aspirait son peuple. Et cette aspiration à être, à se réaliser sans usurpation, d’où qu’elle vienne, aspiration  bouleversée et « perdu.u.u.ue »  on la découvre en lisant :

 

 

     « Citons ensuite les vertus qui font honneur à l’homme et qui étaient devenues pour les Berbères** une seconde nature : leur empressement à s’acquérir des qualités louables, la noblesse d’âme qui les porta au premier rang parmi les nations, les actions par lesquelles ils méritèrent les louanges de l’univers, bravoure et promptitude à défendre leurs hôtes et clients, fidélité aux promesses, aux engagements et aux traités, patience dans l’adversité ,  fermeté dans les grandes afflictions, douceur de caractère, indulgence pour les  défauts d’autrui, éloignement pour la vengeance, bonté pour les malheureux, respect pour les vieillards et les hommes dévots, empressement a soulager les infortunés, industrie, hospitalité, charité, magnanimité, haine de l’oppression, valeur déployée  contre les empires qui les menaçaient, victoires remportées  sur les princes de la terre, dévouement à la cause de Dieu et de sa religion, ; voilà, pour les Berbères, une foule de titres à une haute illustration , titres hérités de leurs pères et dont l’exposition , mise par écrit, aurait pu servir d’exemple aux nations a venir .

Que l’on se rappelle seulement les belles qualités qui les portèrent au faîte de la gloire et les élevèrent jusqu’aux hauteurs de la domination, de sorte que le pays entier leur fut soumis et que leurs ordres rencontrèrent partout une prompte obéissance » » [Ibn Khaldoun, HISTOIRE DES BERBERES]  »

        

 

** Kateb Yacine lève les malentendus qui existent et perdurent  autour de ce mot de << berbère >> et de son origine : il s’en explique à plusieurs reprises dans Le Poète comme un boxeur (voir pages 101 à 120).

 

Cet Algérien et Keblouti nommé Kateb Yacine (comme d’autres poètes et penseurs en leur temps) dérange trop de <<beau monde>> LQue faire alors pour qu’il se tienne tranquille dans sa tombe ? Que faire et ne pas faire pour que la liberté d’être et de penser ne soit plus qu’une infernale amputation ?  

 

La Solution est la suivante :

Son Œuvre/Viedoit être bâillonnée. N’importe quel imposteur a le droit de parler à sa place. Pas lui…

Puisqu’il ne sait pas parler : -« Tais-toi et descends de cette Tribune ! », lui disait-on quelques mois avant sa mort…

Donc ses Ennemis de tout poil ( leur poil préféré étant celui de l’orang-outan, « …ressemble à l’homme par le corps plus qu’il ne ressemble aux autres singes ou à aucun autre animal » ), ses ennemis et détracteurs  s’acharnent…

 

 

Ce ne sont que <<watanneries >> sonnantes et trébuchantes

Ça leur permettra de <<têter les mouches >> Ici ou Ailleurs

Musique : Kateb-le-Rassembleur le savait bien : seule la musique peut un tant soit peu et en de rares moments adoucir les mœurs de l’orang-Otan. Fort de cette certitude lancée à la face des Chiens du Douar planétaire, il rêvait à la libre liberté des peuples, à leur paix tranquille et juste, il ne rêvait pas en écrivant ces vers :

    « J’ai la douceur du peuple au fond du crâne »

- « J’ai la douceur effrayante des pauvres au fond du crâne. »

 

 

A part ça, il aimait particulièrement ce proverbe qu’il rappelle et traduit dans Le Poète comme un boxeur : « Ô toi qui brilles extérieurement ! Combien tu dois être sale qu dedans ! »

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