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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

 

«  Plus rien ne sera comme avant » écrit ce matin Mohammed Larbi dans l’éditorial d’El Watan consacré aux débats en cours à l’ONU sur le Sahara occidental.

 

 

 

 

 

 

 

L’intention vaut l’acte est la seule conclusion que l’on devrait tirer du débat autour de la question sahraouie et relative à l’élargissement du mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation du référendum au Sahara occidental (Minurso) aux droits de l’homme. Le débat, qui a précédé celui qui devait avoir lieu au Conseil de sécurité, était un moment de vérité. Ce ne sont pas de simples conjectures, mais bien un état des lieux auquel s’est livré l’Administration américaine, avec à l’appui des rapports aussi nombreux que concordants dans leurs conclusions sur les droits de l’homme dans les territoires sahraouis occupés. Rien n’a manqué jusqu’au langage qui sied en pareille situation pour dire que ce territoire est sous occupation marocaine et qu’un peuple refuse la soumission.

 

 

Ces indépendantistes, – donc ni rebelles ni séditieux – ainsi présentés, subissent tout le poids de la répression marocaine, affrontant y compris les tribunaux militaires. Une telle situation dure depuis l’invasion marocaine en 1975, et depuis cette date, c’est le black-out total que ni le silence des uns ni les arrangements avec d’autres, même si cela consiste à piller les ressources du Sahara occidental, n’ont pu préserver. C’est pourquoi, et même si les Etats-Unis ont renoncé à leur projet de texte devant élargir le mandat de la Minurso, le débat qui a précédé la réunion du Conseil de sécurité constitue une victoire pour le peuple sahraoui. Le contraire est aussi vrai puisque les Marocains ont bien, quant à eux, senti le coup. Un lâchage, disait-on même dans les milieux officiels, à propos du projet américain que les Marocains refusaient d’envisager, même si les signes en ce sens tendaient à se multiplier, le dernier étant le rapport du département d’Etat sur la torture dans les territoires sahraouis. Ce n’était pas un survol, mais un état des lieux exhaustif et fort bien documenté, pour reprendre le langage habituel. Une vraie défaite, mais surtout une déroute et la fin de toutes leurs certitudes.

 

A vrai dire, les Marocains sont demeurés sans voix surtout quand leurs thèses étaient récusées. Et donc qu’il y a une fin pour tout. Personne n’a jamais cru à la thèse de la souveraineté nationale, et en 2003, l’ONU a bien qualifié le Maroc de force d’occupation. Ce n’est donc pas en jouant sur les cartes de géographie qu’il sera possible de le faire. Le mérite du débat en question, c’est aussi d’avoir contraint ou sorti de l’ombre certains acteurs qui s’abritaient derrière la règle du consensus qui régit le débat sur le conflit du Sahara occidental, révélant des partis-pris sinon une complicité. Tout cela était bon à savoir, même avec du retard. Sa tonalité et sa persistance, et les Sahraouis en sont les premiers convaincus, ont fait de ce débat un moment de vérité. Dans la forme, les Marocains ont peut-être obtenu un sursis, donc très aléatoire. Ils savent par contre que plus rien ne sera comme avant.

 

 

Mohammed Larbi, 25 avril 2013. El Watan.com

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