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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 Les préavis de grève pleuvent sur les autorités, alors que la tripartite débute ses travaux ce jour jeudi. L'étonnant est que les intensions rendues publiques de passer à l'action avec le recours au débrayage n'émanent pas des seules organisations syndicales autonomes, mais aussi d'instances affiliées à la centrale UGTA, laquelle est pourtant officiellement opposée à ce genre de démonstration de force, au principe qu'il est possible d'en faire l'économie car il existerait un dialogue social entre les pouvoirs publics et le monde syndical qui le permet.

De ce foisonnement de préavis de grève à la veille de la tenue de la tripartite, deux lectures s'imposent. D'abord, celle que les syndicats autonomes, exclus de cette tripartite, ont tenu à faire savoir qu'ils ne se sentent pas concernés par la «paix sociale» censée avoir été instaurée dans le pays par le pacte contracté au sein de la tripartite entre le gouvernement et les partenaires sociaux qu'il s'est donné comme interlocuteurs. Ils expriment de même ainsi qu'ils n'ont aucune illusion sur les résultats qui vont sortir de la rencontre de cette fin de semaine entre le trio d'acteurs de la tripartite. Le regain de contestation sociale que ces syndicats veulent enclencher est destiné, de leur part, à démontrer que la paix sociale derrière laquelle les autorités du pays courent n'est pas possible à réaliser dès lors qu'ils sont exclus du dialogue et des négociations.

 La seconde lecture a trait à l'effervescence de contestation sociale qui fait soudainement s'agiter des fédérations et autres structures syndicales situées pourtant dans l'orbe de la centrale UGTA. Leur montée au créneau affichée par la menace d'aller à l'épreuve de force avec les pouvoirs publics, tout comme les syndicats autonomes, peut signifier : soit qu'elles ont décidé de passer outre les instructions de la centrale UGTA faisant interdiction à ses instances et affiliés d'entrer en conflit ouvert et frontal avec les autorités sur les questions sociales ; soit qu'elles ont été avisées d'avoir à faire monter la pression sociale sur ces autorités à la veille de la tripartite, pour que s'instaure au sein de celle-ci un climat propice aux représentants de la centrale UGTA à faire accepter par ceux du gouvernement et du patronat des propositions «audacieuses» mitonnées par Sidi Saïd et le secrétariat national de l'UGTA, avec l'espoir que leur adoption redonnera un peu de lustre à leur organisation dans le monde du travail.

 Peu importent les calculs des uns et des autres, l'essentiel étant que le pouvoir ne peut et ne doit se méprendre sur la faiblesse du pacte qui le lie aux partenaires sociaux et économiques qu'il s'est donnés. Le seul et véritable pacte qui peut produire la paix sociale est celui à la conclusion duquel il associera l'ensemble des acteurs agissants, même ceux dont les visions contredisent celles du pouvoir, et ne sont pas réfractaires au dialogue avec lui ou contre l'établissement d'un pacte social et économique sur la base d'une convergence, même a minima, sur les réponses à apporter aux questions sociales et économiques qui font débat dans le pays.

Kharroubi Habib. Le Quotidien d’Oran, 29 septembre 2011

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