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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Lbène, blanc de blanc !

 

Par El-Guellil

 

Ma tête ne tourne pas rond depuis quelque temps. Comme on dit, elle ne rond point. Pourtant dans un passé récent je ne m'y plaignais pas. Tout était carré à l'intérieur. Carré comme les lots de terrains qui se distribuaient à tire larigot aux ayants droit, quand je faisais partie des ayants gauche.


Qu'à cela ne tienne ! Hier, après une bonne rasade de lbène, bien de chez nous, ce lbène fait de lait de vache blanc de blanc comme la marque de ce vin, ya latif, qui est fabriqué par l'Etat et qui rend le citoyen rond.


Nous disions, puisse Dieu vous rappeler la chahada, après une bonne rasade de lbène, j'ouvre le journal et que «lie-je» ? «Une enquête nationale pour laquelle une enveloppe financière a été allouée», afin de recenser le nombre des mendiants qui ne cesse d'augmenter, ainsi que les raisons qui poussent des individus, apparemment normaux, à mendier. Un sauciologue très ancré dans la saucioliogie du couffin du ramadhan a proposé de partir du primat que s'il y a des pauvres, ce qui ne veut pas dire mendiants, c'est qu'il y a des riches. Et s'il y a des mendiants c'est qu'il y a des bienfaiteurs. Le riche qui donne ne s'exhibe pas, il n'est donc pas recensé parmi les bienfaiteurs et le pauvre qui reçoit se cache, il n'est donc pas compté parmi les mendiants. Il faut donc inverser les données de l'enquête. Aoualène : pourquoi il y a des riches chez nous autres qui avions opté pour le socialisme et qui avons été créés saouassiyatoune par notre créateur et non saouassiyathune ?


Thaniène : au lieu de gaspiller de l'argent à décrypter les signes extérieurs qui mènent à la pauvreté, phénomène social qui tend à devenir une activité bien organisée : la mendicité ; il est plus simple de contrôler les signes extérieurs de la fortune facile qui transforment l'individu en bienfêteteur, Mais notre sauciologue, en Algérien averti, a peur d'arriver à la conclusion que depuis le socialisme scientifique nous avons été programmés pour devenir, pour la majorité, des tlalbiades talaba choumara, des retraités tallaba, des jeunes fils de rien du tout. Et tous on aura besoin d'aide. La preuve c'est l'existence d'un ministère de la Solidarité nationale.


Trop de lblène nuit à la santé. Il me faut arrêter.

 

 

Le Quotidien d’Oran, 10 juillet 2012

 

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