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Publié par Saoudi Abdelaziz

Des réfugiés syriens à Port Saïd, en Algérie, le 28 juillet 2012

DR. Refugiés syriens au square Port-Saïd à Alger

 

 

De l’Émir Abdelkader à Cheikh El-Mokrani

 

 

Par Hafida Ameyar

 

 

Les relations entre l’Algérie et la Syrie portent un caractère assez exceptionnel. Nous parlons ici surtout des relations et de la solidarité entre les deux peuples. Si notre histoire nous a été confisquée, à qui la faute ? Bien avant la guerre de Libération nationale, des centaines de familles algériennes se sont réfugiées en Syrie, fuyant l’horreur de la colonisation française et refusant de vivre sous sa domination.

 

Des chefs des insurrections populaires ont également trouvé refuge dans ce pays. Des sources indiquent qu’en 1854, l’Émir Abdelkader a émigré en Syrie, rejoint par d’autres hommes. Par ailleurs, vers la fin du XIXe siècle, de nombreux compagnons de Cheikh El-Mokrani s’y sont également installés. Les sources provenant des consulats français de Damas, Haïfa et Jérusalem font état de 2 000 Algériens à Damas et 13 000 en Palestine, à la fin du XIXe siècle. Des chiffres qui sont revus nettement à la hausse par d’autres sources. Mais, là n’est pas l’essentiel. Parmi les compagnons de l’Émir Abdelkader, on retiendra Ahmed Ben-Salem, “une grande figure de la résistance”, dans la région de Bouira (1837-1847), qui a mené un combat sans relâche contre l’armée coloniale.

Plus tard, il y a eu la “migration collective” de 1911 vers la Syrie, pour signifier le refus au colonisateur français, mais également pour poursuivre la résistance. Si l’on en croit le Dr Zaïm Khanchlaoui, cheikh Mohamed Benyelles le Tlemçénien, un des chefs de la résistance contre le colonialisme, a été parmi ceux qui avaient émigré en Syrie, laissant derrière eux tous leurs biens.

Dans les années 1950, c’est-à-dire pendant la Révolution, des dizaines de Syriens se sont portés volontaires pour combattre le colonisateur français, aux côtés des Algériens. Parmi eux, des médecins syriens, dont Noureddine Al-Atassi, ancien président renversé par Hafedh al-Assad. Son nom a d’ailleurs été donné à l’hôpital de Bologhine. Même des poètes et des écrivains syriens, à l’exemple de Souleïmane al-Aïssi, ont participé à la guerre d’Indépendance. De l’avis de l’ancien ministre Abdelaziz Rahabi, “Al-Assad a persécuté ceux-là mêmes qui avaient soutenu la Révolution algérienne”.

Aujourd’hui, des dizaines de milliers de Syriens fuient, en famille, la guerre pour se réfugier en Algérie et dans des pays voisins. Faut-il les abandonner alors que nous avons une dette historique envers le peuple syrien ? Les Algériens ont déjà répondu, en secourant spontanément les réfugiés syriens. L’État doit à présent suivre dans l’organisation et la réglementation.

 

Liberté, 31 juillet 2012

 

 

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