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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

 

 

Des ouvriers chinois à Alger. New Press

Des ouvriers chinois à Alger. New Press

 

 

 

Ils n'ont pas été payés depuis plus d'une année

  

  

Par

 

 

«On travaille comme des esclaves et ils nous donnent de l'argent de poche», se plaignent-ils.

Le décors était spectaculaire, hier, sur l'autoroute menant de Dar El Beïda vers Ben Aknoun. Sous une pluie battante, une centaine de Chinois, recroquevillés dans leurs couvertures marchent en file indienne. Jalonnés par des véhicules de la Gendarmerie et de la police, ces Chinois marchent sans ce soucier ni des regards des badauds, ni des conditions climatiques peu favorables aux randonnées. Ils marchent car ils ont faim! Ils n'ont pas été payés depuis un an! Eux, ce sont les travailleurs de la société chinoise de Construction Engineering Group (Crceg), en charge de la réalisation du futur «grand stade d'Alger», situé à Baraki, qui ont décidé de briser l'omerta pour revendiquer leurs droits. Ils ont donc improvisé une marche depuis la base de vie située à l'intérieur du chantier vers l'ambassade de Chine au boulevard des Martyrs à Alger.
Arrêtés par les services de sécurité au niveau de l'intersection qui mène vers El Harrach, au niveau de la cité Hayat de Gué de Constantine, ces ouvriers ont décidé de se regrouper sur la chaussée.

«On réclament notre argent!», explose un ouvrier chinois qui tente de nous expliquer les raisons de cette protestation.

«Ici, on nous donne de l'argent de poche. C'est nos familles en Chine qui perçoivent nos salaires. Or, durant toute l'année 2012, nos familles n'ont rien perçu», nous explique un de ces ouvriers. Ce dernier insiste auprès de son collègue pour nous traduire ce qu'il venait dire et cela en pleurant! Son collègue accepte de nous traduire ce qui s'avère... un drame!
«Ma femme m'appelle pour me dire qu'elle n'a pas de quoi acheter la nourriture et des habits aux enfants», nous traduit cet ouvrier chinois.
«On travaille comme des esclaves et nos enfants meurent de faim... nous ne pouvons plus tenir comme ça!» poursuit-il.

Unanimes, ils demandent de rentrer en Chine, dans leur pays. « On veut retourner au pays pour retrouver nos familles. ils n'ont plus quoi manger», fulmine un travailleur.
30 minutes plus tard, deux diplomates arrivent, une femme et un homme, ils nous disent qu'ils sont de l'ambassade, mais refusent de faire toute déclaration à la presse.
Ils se dirigent vers les ouvriers et leur demandent de monter dans les bus qu'ils ont dépêchés pour les reconduire à leur base de vie.

Nous avons tenté de joindre la direction de cette société sise à Bab Ezzouar, en vain. Censé être livré en fin 2013, le futur «grand stade d'Alger» accuse un énorme retard eu égard au taux relativement modeste d'avancement des travaux. La société chinoise de Construction Engineering Group (Crceg), qui réalise les travaux depuis le mois de janvier 2012 risque de se retrouver au coeur d'un double scandale: non-respect des délais et non-paiement de ses ouvriers!

 

, 9 février 2013. L’Expression.dz

 

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