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Publié par Saoudi Abdelaziz

Panorama

Panorama des Béni Caïd

 

 

 

 

La chronique du Condjador (62)

 

L’agriculture vivrière dans nos campagnes a été tuée par le délaissement des paysans, dû à l’exode massif des campagnes de Jijel pendant la fitna. C’était là la première étape de la chute : les terrains n’étant plus entretenus par le cycle répétitif des cultures ont été livrés pendant trop longtemps à l’envahissement par les forêts limitrophes. La nature a horreur du vide : les buissons poussent et la végétation  devient si encombrante qu’elle freine le plus coriace des fellahs.

 

 

Les accès aux terrains doivent être dégagés pour que le tracteur à chenille, la pièce maîtresse, puisse le labourer. Une seule intervention de cette machine augmente  les surfaces et le rendement, c’est en effet la seule qui peut éliminer les souches et les troncs qui restent au ras de la terre. A à la suite de ça, le  tracteur à roue peut labourer. Cette étape est essentielle pour tout terrain sujet à une exploitation.

 

 

D’innombrables petites parcelles  restent aujourd’hui très difficiles d’accès. L’ouvrier ou le petit fonctionnaire  ne peut pas faire face aux frais que va lui coûter l’aménagement d’une petite parcelle de 1000 mètres carrés. Il doit tracer une route avec un bulldozer pour agrandir le chemin entre les terrains et les maisons ; plus le débroussaillage et la régulation du terrain, le dépierrage. Après quoi, le tracteur à chenille peut labourer et faire sortir les souches du le sol. Le tracteur à pneumatique peut finir le travail. En plus, il faut avoir un puits. Le problème n’est pas généralisé car un cinquième des terrains bénéficient des puits laissés par les grands-parents.  

 

 

Les propriétaires des tracteurs à pneus refusent de venir travailler sur les petites parcelles, surtout si elles sont difficiles d’accès. Les tracteurs à chenilles de Jijel, que l’on voyait dans les campagnes de Jijel ont été vendus, pendant la fitna, aux Sétifiens et aux batnis.

 

 

Que faire ?

 

 

Le délaissement dure et ne va pas finir, j’en suis sûr,  avec ces sourds qui s’enferment dans leurs bureaux climatisés. Ils sont avares d’aide et de bonne volonté ! Ces psychopathes qui utilisent la paperasse pour détourner et gonfler les chiffres n’ont jamais essayé d’exploiter cette idée, qui peut augmenter considérablement la production et nous faire avancer vers l’autonomie alimentaire en Algérie.

 

 

 

Si les bien-assis dans leurs bureaux climatisés additionnent les petites parcelles de Jijel, ni Beni belaid ni Belghimouz, zones agricoles réputées ne pourront rivaliser en surface cultivable ou en qualité des sols. Ici, l’agriculture est plus proche du traditionnel que de l’agriculture maraichère « moderne ». Les familles ont recours à l’engrais naturel, au fumier de leurs vaches, ils ont une tendance à cultiver « bio » puisque c’est pour leur consommation personnelle. Ils sont les premiers concernés. Une seule hamla de rénovation des surfaces agricoles vivrière va améliorer la qualité même de vie des citoyens. Ces fins de journée ou ces week-end à la campagne, voilà un plus pour se débarrasser du stress.

 

 

Tout le monde y gagne, sauf ceux qui ne veulent pas que les nouvelles idées de changement  viennent de la population et non de leurs gourous bien cravaté et bien climatisés.

 

 

 

Jijel, 10 septembre 2012

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