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Publié par Saoudi Abdelaziz

par Kharroubi Habib

 Il flotte un air de «place Tahrir» sur les rues de Tel-Aviv en Israël, où des milliers de citoyens campent en non-stop en signe de protestation contre la détérioration des conditions sociales de la majorité de la population, alors que l'économie du pays développe un taux de croissance parmi les plus élevés de la planète. Mieux encore, ces « indignés » d'Israël sont parvenus à rassembler la plus grande manifestation anti-gouvernementale qu'Israël ait connue en faisant descendre dans la rue des centaines de milliers de citoyens acquis à leurs mots d'ordre de justice sociale et de refus des inégalités insoutenables que la politique sociale gouvernementale provoque dans la société israélienne.

 Bien que pour aussi éloignées que soient les revendications du mouvement de celles ayant enflammé la « place Tahrir» au Caire, elles mettent néanmoins en difficulté le gouvernement de Benyamin Netanyahu. Lequel, étant du fait de la nature hétéroclite de sa composante dans l'impossibilité de répondre à ces revendications, a opté pour faire de la diversion sur le dos des Palestiniens. En faisant savoir d'abord qu'il serait favorable à une reprise des négociations avec l'Autorité palestinienne sur la base du principe de la création d'un Etat palestinien dans les frontières de 1967. Puis en annonçant qu'il autorise la construction de 1.600 nouveaux logements à Jérusalem-Est, que les Palestiniens considèrent comme devant être la capitale de leur Etat national.

 Benyamin Netanyahu cherche en somme par ce biais à ressouder l'union nationale des Israéliens, fracturée par la contestation sociale, en faisant l'amalgame entre les revendications que soulève le mouvement des « indignés » et la question de la reprise des négociations avec les Palestiniens. Le stratagème du chef du gouvernement israélien ne satisfait pas grand monde parmi les contestataires et notamment l'organisation israélienne hostile à la colonisation « La paix maintenant », qui le dénonce en l'accusant « d'utiliser de manière cynique la crise du logement en Israël pour promouvoir la construction dans les colonies ».

 Quant à l'Autorité palestinienne, elle a fait savoir qu'elle n'est pas dupe des calculs qui ont motivé le semblant de proposition de relance du processus des négociations de paix faite par le Premier ministre israélien.

 Certes, les manifestants israéliens ne sont pas descendus dans la rue pour, comme ceux d'Egypte, abattre une dictature et un régime antidémocratique. Mais leur démonstration n'exprime pas moins un désaveu irrévocable de la classe politique qui alterne au pouvoir dans le pays sans avoir apporté la paix et la sécurité à Israël et dont les politiques économique et sociale sont à l'origine d'une société israélienne minée par les inégalités et l'injustice sociale. Un rejet dont cette classe politique se défend en tentant de désamorcer le mouvement de contestation en brandissant la menace que feraient, selon elle, planer le «printemps arabe» et la situation en Syrie sur la sécurité d'Israël.

 Les «indignés» ne semblent pas être sensibles à cet argument éculé du danger pour la sécurité du pays. Ils apparaissent au contraire avoir pris conscience que cet argument a servi à leurs gouvernants de justification aux politiques économique et sociale dont ils exigent aujourd'hui la révision.

 En tout cas, leur mouvement remet irrécusablement en cause le thème de propagande du sionisme qui a consisté à présenter à l'opinion internationale la société israélienne comme étant parfaite dans son organisation et par l'harmonie qui, à tout point de vue, régnerait entre les couches sociales qui la composent.

Le Quotidien d’Oran. 14 août 2011

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